Traitements Traitements systémiques Chimiothérapie
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POURQUOI ?
Comme 270 000 patients en France, en 2009, on vous propose de traiter votre cancer avec une chimiothérapie.
Votre dossier a fait l'objet d'un avis émis lors d'une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire ou RCP qui "
est un lieu d'échanges entre spécialistes de plusieurs disciplines sur les stratégies diagnostiques et thérapeutiques en cancérologie
".
UNE CONSULTATION LONGUE...
Cet avis vous sera communiqué et placé dans votre dossier.
Dans ce cas, une consultation avec un médecin oncologue va être
programmée. Un oncologue est un médecin spécialisé dans le traitement du
cancer et, par conséquent, expérimenté à l'usage de la chimiothérapie.
L’objectif de cette consultation est de confirmer l'utilité de la
chimiothérapie pour votre traitement, de déterminer le type de programme
de chimiothérapie à utiliser et de répondre aux questions que vous
pouvez vous poser.
Au cours de la consultation, le médecin vous questionnera sur vos antécédents médicaux et pratiquera un examen clinique. Il peut avoir à discuter de votre cas avec d'autres membres de l’équipe médicale amenés à vous prendre en charge (staff), si le traitement fait appel à différentes techniques. Cette discussion à pour objectif de coordonner tous les traitements comme la chirurgie, la radiothérapie, afin de vous assurer les meilleurs soins possibles. Au terme de la consultation, l’oncologue recommandera ou non l'usage de la chimiothérapie dans votre traitement. Si cette option n'est pas retenue, il vous en expliquera les raisons.
EN PRATIQUE...
En France, en 2009, 473 établissements, privés ou publiques sont agréés pour réaliser les traitements de chimiothérapie. Il y a donc un près de chez vous ! La répartition géographique des centres peut être consultée sur le site Internet de l'
INCa
.
Plus de 90 % des chimiothérapies sont réalisées en hôpital de jour, c'est-à-dire que vous ne restez pas dans l'établissement le soir. Dans les autres cas, une hospitalisation complète est parfois utile.
Le nombre de séances est variable selon le type de cancer, la moyenne étant de 7 (5 à 10).
ASSOCIER PLUSIEURS MÉDICAMENTS...
Le plus souvent, plusieurs médicaments sont associés. On parle alors de polychimiothérapies. Ce pet être, des doublets associant 2 médicaments, des triplets avec 3 médicaments, voir jusqu’à 7 médicaments différents !
Plusieurs principes doivent être respectés pour un protocole de polychimiothérapie :
EN PRATIQUE...
Le protocole de chimiothérapie décrit précisément, les buts, les modalités, les effets secondaires et les résultats attendus du traitement. Il sert de référence tout au long de la chimiothérapie. Il comprend les informations détaillées sur les points suivants.
Le rationnel de la prescription
La description des médicaments utilisés
La description des cycles de traitement
POURQUOI ?
De nombreux agents de
chimiothérapie affectent aussi les cellules et les organes sains. Ceci implique
donc une surveillance par des examens de laboratoire.
LA SURVEILLANCE
La surveillance est réalisée de façon
régulière, avant la chimiothérapie, avant chaque séance de chimiothérapie et
dans les semaines suivant la dernière administration. Toute anomalie peut
nécessiter un réajustement des doses de médicament, voire le report du
traitement
. Cette surveillance porte plus
particulièrement sur :
En fonction de la chimiothérapie, d'autres paramètres peuvent
nécessiter une surveillance particulière avant l'administration.
EN PRATIQUE...
.
Des actions, dites pré-thérapeutiques, comme des apports liquidiens ou l'administration
de médicaments antihistaminiques, antiémétiques ou des corticoïdes peuvent être nécessaires pour diminuer les effets
secondaires.
Les visites avec l’oncologue sont
planifiées
ous allez voir votre
médecin oncologue durant toute la chimiothérapie. De temps en temps, un
rendez-vous avec votre médecin oncologue ou avec l'infirmière sera programmé
pour avoir lieu juste avant vos séances de chimiothérapie. Par exemple, un
patient qui reçoit une chimiothérapie 3 à 5 fois par semaine peut ne voir son
oncologue qu'une fois par semaine. Votre médecin discutera avec vous de la
fréquence des rendez-vous.
La visite de « fin de
traitement »
Dès que votre
chimiothérapie est terminée, vous aurez une visite finale avec votre médecin
oncologue. Cette visite intervient juste après l'administration du dernier
traitement. Au cours de cette visite, votre médecin pratiquera un examen et
discutera du suivi médical à mettre en œuvre.
Les soins de suivi
Les rendez-vous de
suivi médical interviennent généralement entre 2 et 6 semaines après la fin de
la chimiothérapie. Après cela, vos progrès seront suivis et vous serez examinés
régulièrement. Il est compréhensible que vous souhaitiez consulter d'autres
médecins. Cependant, il est très important de participer à ce suivi médical
pour que tout problème, relevant de la chimiothérapie, puisse être identifié
tôt et traité dès son apparition.
Pourquoi ?
Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre
le traitement.
Il est préférable d’éliminer toute source
d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus
fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que
dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents
chez votre dentiste, avant de débuter.
Comment ?
Une prise de sang sera systématiquement
réalisée avant la chimiothérapie pour s’assurer du bon fonctionnement d’organes
essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le
foie et le rein. Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les
cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes)
sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme
dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie. Si
le taux de globules rouges (ou plus précis, le taux d’hémoglobine) est trop
bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots
globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie.
Les « organes » à risque lors
d’une chimiothérapie …
Certains médicaments de chimiothérapie peuvent
présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens
peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon
satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament. Ainsi, une
échographie ou une scintigraphie cardiaque est souvent proposée avant
d’administrer certains médicaments comme les anthracyclines qui peuvent être
toxiques sur le cœur à des doses plus importantes que les doses habituelles.
La contraception
Pour les femmes en âge de procréer, la réalisation d’un
test de grossesse avant traitement est nécessaire et le maintien d’une
contraception, pendant le traitement, est vivement recommandé.
UN TRAITEMENT SYSTÉMIQUE
Les médicaments de
chimiothérapie circulent dans le corps au travers du flux sanguin. Les
médicaments peuvent être administrés, très
souvent par voie injectable, parfois
par voie orale (
per os
), très
rarement par voie cutanée (topique)
UN TRAITEMENT EN PERFUSIONS, LE PLUS SOUVENT...
Dans une veine du bras …
La chimiothérapie est souvent administrée
directement par voie intraveineuse au moyen d’une aiguille qui est placée
temporairement dans une veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont
injectés dans cette veine grâce à une perfusion. Une perfusion est une poche de
plastique remplie de liquide et placée en hauteur pour que le liquide coule
dans un tube de plastique fin et flexible (ou tubulure) qui relie la poche à
l’aiguille de la veine du bras.
Les médicaments de chimiothérapie sont soit
dilués dans le liquide de la poche, soit injectés dans la tubulure par
l’intermédiaire d’une seringue. L’injection des médicaments de chimiothérapie
directement dans les veines du bras est une solution qui peut être proposée
dans les cas suivants :
Les cathéters centraux
Si un médicament doit être administré sur
plusieurs heures et à fortiori sur plusieurs jours, si la durée de la
chimiothérapie peut être assez longue, si les veines du (ou des) bras ne sont
pas suffisantes ou si les injections précédentes de chimiothérapie ont entraîné
une inflammation des veines (veinite), il peut vous être proposé la mise en
place d’un cathéter central pour la durée de la chimiothérapie.
Ce type de cathéter est appelé central car une
des extrémités du tube fin est située au niveau d’une grosse veine centrale,
avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure). Les cathéters sont
composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien
supportés par l'organisme.
Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent
rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être
piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie.
Les cathéters extériorisés à la peau
(tunélisés)
Ils ont leur extrémité qui ressort à travers la
peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui
relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale.
On pose la perfusion directement au niveau de
l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.
Les chambres implantables
Elles
n’ont pas leur extrémité qui ressort à
travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir ou chambre
(Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.) qui est inséré sous la peau.
La première chambre implantable fut posée en 1982 par Niederhuber. Depuis, ses indications se sont multipliées afin de préserver le capital veineux, pour la chimiothérapie essentiellement, mais aussi la nutrition parentérale, les transfusions itératives. Il existe deux techniques d’implantation les plus répandues sont :
La chambre est mise en place sous la peau du thorax, au-dessous de la
clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques.
La
chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles
spéciales.
En pratique...
L e cathéter et
la chambre sont implantés sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de
courte durée.
Les avantages et les désavantages des deux types de cathéters sont résumés dans le tableau ci-dessous :
|
|
CATHÉTERS À LA PEAU |
CHAMBRE |
|
Nombre de tuyaux
|
1 à 3 |
1 |
|
Maintenance
|
Tous les jours |
Utilité mise en question |
|
Restriction d’activités
|
Douche, natation |
Aucune |
|
Prises de sang
|
Aisées |
Peu fiables |
|
Accès
|
Externe |
Aiguille spéciale |
|
Débit
|
Fonction du diamètre du tuyau |
|
|
Complications
|
Possibles |
Plus rares |
|
Ablation
|
Facile en ambulatoire |
Petite intervention |
COMMUNIQUEZ !
Certains patients souhaitent s’investir totalement dans tous les
aspects de leur maladie et de leur traitement. D’autres choisissent de
ne se préoccuper que de l’information. Le choix vous appartient, mais il
y a quelques questions sur lesquelles chaque patient sous
chimiothérapie devrait s’informer.
Vous devez toujours vous sentir libre de poser à votre médecin ou à votre infirmière autant de questions que vous souhaitez !
Comment la chimiothérapie affecte-elle vos émotions ?
La chimiothérapie peut amener de grands changements dans votre vie.
Elle peut affecter votre santé, déranger vos activités quotidiennes et
limiter vote vie personnelle. De nombreux patients sont inquiets,
soucieux, en colère ou déprimés au cours de leur chimiothérapie. Ces
émotions sont normales et compréhensibles. Cependant, elles peuvent
aussi être dérangeantes. Heureusement, il y a différentes façons de
résoudre ces effets secondaires émotionnels, comme il y a des façons de
traiter les effets secondaires physiques de la chimiothérapie.
Comment trouver l’aide nécessaire ?
Vous pouvez trouver de l'aide auprès de plusieurs sources.
Que puis-je faire pour rendre la séance de chimiothérapie plus agréable ?
Vous pouvez prévoir des lectures, des travaux manuels, des CD ou une
radio avec casque ou tout autre passe-temps et distraction. Certains
patients en chimiothérapie ont un goût métallique dans la bouche. Des
pastilles mentholées peuvent aider à détruire ce goût désagréable. Vous
pouvez aussi souhaiter apporter des petits gâteaux ou d’autres
friandises. Un membre de votre famille ou un(e) ami(e) est aussi le
bienvenu. La présence d'un parent ou d'un(e) ami(e) est quelquefois
utile pour vous conduire à votre traitement. Sa présence pourra à vous
sentir moins tendu pendant le trajet et la durée du traitement. Il ou
elle vous ramènera chez vous au cas où vous ne vous sentiriez pas très
bien. Apprendre à connaître les autres patients qui traversent la même
épreuve et le même traitement que vous, peut aussi se révéler être une
expérience positive.
En résumé, quelques suggestions
:
Faites-vous plaisir !
Vous en avez besoin. Le diagnostic et les traitements sont de fortes frustrations. Alors, pensez à vous en premier lieu.
COMMENT...
La chimiothérapie est
administrée sous forme de cycles
ou cures.
Chaque cycle consiste
en des jours de traitement suivis d'une période de repos pendant laquelle les
cellules normales peuvent régénérer. Puis, le cycle est répété.
Votre médecin choisira
le meilleur schéma pour votre cas personnel.
Ce schéma est basé sur un certain
nombre de facteurs, tels que le type de cancer et son stade, le type de
médicament utilisé, les autres traitements reçus, la réponse au traitement
lui-même.
Il est très important de
respecter strictement le schéma du traitement. C'est la condition indispensable
pour optimiser le résultat.
Le schéma ainsi décidé
peut cependant être réajusté en raison d’évènements spéciaux et parfois les
vacances. Dans ce cas, parlez-en au médecin ou à l'infirmière pour reprogrammer
un rendez-vous.
À L'HÔPITAL OU
À
LA MAISON...
La plupart des patients
reçoivent la chimiothérapie dans un hôpital de jour ou en ambulatoire. Les
chambres de chimiothérapie procurent des équipements confortables où les
patients reçoivent leur traitement et sont soigneusement surveillés par une
infirmière de chimiothérapie qui est spécialisée et entraînée à administrer la
chimiothérapie.
Quelquefois, les patients reçoivent leur traitement à
l'hôpital. C'est le cas lorsque les effets secondaires des médicaments doivent
être surveillés de près ou si le médicament doit être administré pendant
plusieurs heures.
Enfin, plus rarement, des patients reçoivent certains types
de chimiothérapie à la maison.
EST-CE DOULOUREUX ?
La plupart des
médicaments de chimiothérapie ne provoquent pas d'inconfort pendant le
traitement.
Si la chimiothérapie est administrée par voie veineuse, signalez à
votre infirmière toute brûlure, sensation de froid, douleur ou autre sensation
inhabituelle à l'endroit où le produit est injecté.
Signalez à votre médecin
tout gonflement, rougeur ou inconfort après le traitement.
26 janvier 2011