La chimiothérapie

Les protocoles validés de chimiothérapie

En première ligne au docétaxel à la dose de 70 mg/m² tous les 21 jours,
En deuxième ligne au cabazitaxel à la dose de 25 mg/m² tous les 21 jours.

Une nouvelle modalité thérapeutique pour le cancer de la prostate ...

Le cancer de la prostate était considéré comme chimio-résistant. Depuis plus de 20 ans, les progrès de la chimiothérapie ont permis d'invalider ce concept.
Les progrès en matière de chimiothérapie se sont accompagnés d'une amélioration nette de la qualité de vie, grâce à des médicaments de plus en plus efficace et ayant de moins en moins d'effets indésirables.


LE PRINCIPE

La chimiothérapie est un traitement du cancer à base de médicaments qui a été découvert au cours des années 1940. C’est un traitement systémique parce qu'il intéresse le corps tout entier. Les médicaments circulent dans le sang pour atteindre les cellules cancéreuses dans le corps tout entier. Ils peuvent être administrés par voie intraveineuse ou par voie orale.
Ces médicaments ont pour but de détruire les cellules cancéreuses. La particularité de ces drogues est qu'elles sont toxiques sur toutes les cellules capables de se diviser. Les chimiothérapies bloquent la prolifération des cellules cancéreuses tout comme des autres, en empêchant la synthèse d'ADN indispensable à la duplication des cellules et en détruisant les fibres de la trame cellulaire (qui structurent la cellule).

EN PRATIQUE

La chimiothérapie est administrée en cycles. Chaque période de traitement est suivie d'une période de repos thérapeutique permettant la récupération des lignées cellulaires normales affectées par le ou les médicaments.
La durée totale d'une chimiothérapie est variable selon les schémas thérapeutiques utilisés. La durée du traitement est de six mois minimum. Elle est fixe pour les traitements adjuvants et variable dans le contexte des traitements des cancers avancés.

Autrefois...

LE CONTEXTE

La chimiothérapie dans le traitement du cancer de la prostate tenait une place relativement limitée car les spécialistes considéraient, jusqu’à une époque récente, qu’elle était peu efficace et dangereuse chez les malades âgés.

LES OPTIONS CLASSIQUES

L’estramustine (Estracyt™)

C’est une molécule composite d’œstradiol ( estra ) et d’une moutarde azotée ( m ustine ).
Ce médicament est actif par voie orale.
La dose usuelle est de deux gélules à prendre après le petit déjeuner et le dîner.


La mitoxantrone (Novantrone™)

C’est un médicament injectable prescrit à la dose de 12 mg/m² toutes les 3 semaines. Il est donné en association avec un corticoïde, la prédnisone à la dose de 10 mg/jour.
Ce protocole, standard du cancer métastatique de la prostate, est, en général bien toléré, même chez les personnes âgées.

Le docetaxel (Taxotère™)

LES FAITS...

Les résultats de deux études, SWOG et TAX-327 menées avec le docétaxel (Taxotère™) en association avec l’estramustine, ont démontré l’efficacité de cette approche qui se traduit par un allongement de la survie et une amélioration de la qualité de vie dans les groupes traités par le Taxotère™.


LES INDICATIONS...

Ce médicament est homologué, en association à la prédnisone ou à la prédnisolone (10 mg/j) dans le traitement du cancer de la prostate métastatique hormono-résistant.
Des travaux récents pourraient faire envisager une chimiothérapie plus précoce en association avec l'hormonothérapie en cas de cancers agressifs.

EN PRATIQUE...


Le Taxotère™ est prescrit soit toutes les semaines, soit toutes les trois semaines. En général, le traitement comprend 6 cures.
Les effets secondaires possibles sont, une alopécie transitoire, parfois une perte des ongles, une mucite, des nausées, des neuropathies transitoires et des réactions allergiques.

À terme…

Des études sont en cours pour déterminer la place du Taxotère™ dans le traitement adjuvant de la prostatectomie radicale pour des tumeurs pT3 ou pT4. Si certains résultats préliminaires se confirment, cela devrait déboucher sur une utilisation plus précoce de la chimiothérapie, en traitement adjuvant ou plus vraisemblablement en traitement de rattrapage, c’est-à-dire, seulement après une rechute biologique.

LE CABAZITAXEL (JEVTANA™)

EN BREF...

Ce médicament appartient à la même famille que le docétaxel, les taxanes. Il est actif par voie injectable.
Le cabazitaxel est la première chimiothérapie qui améliore la survie des patients atteints d'un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration ayant progressé après un traitement à base de docétaxel

L’essai TROPIC portant sur 755 hommes présentant un cancer avancé a comparé l'effet du cabazitaxel, administré une fois par semaine pendant trois semaines avec de la prédnisone, un corticoïde, à une une chimiothérapie conventionnelle associant la mitoxantrone et la prédnisone. Dans le groupe mitoxantrone, la médiane de survie s’est établie à 12,7 mois et celle du groupe recevant le cabazitaxel à 15,1 mois. Statistiquement, la réduction relative du risque de décès, ce qu’on nomme " hazard ratio" , était de 30 % (intervalle de confiance 17 à 41 %; p<0,0001).
Le traitement n’est cependant pas anodin, puisque 7,5 % des patients ont été confrontés à un effet secondaire sérieux, la neutropénie et des cas de neutropénie fébrile.

EN PRATIQUE...

Son indication

Il est indiqué, en association à la prédnisone ou la prédnisolone, pour le traitement du cancer de la prostate métastatique, hormono-résistant, précédemment traité par une chimiothérapie à base de docétaxel.

Le traitement...

Une prémédication est recommandée au moins 30 minutes avant chaque administration comprend une antihistaminique, un corticostéroïde, et avec un antagoniste H2 (ranitidine ou équivalent). Une prophylaxie contre les nausées (antiémétique) est aussi préconisée. Enfin, une hydratation adéquate du patient doit être prescrite.

La posologie recommandée est de 25 mg/m² administrée par perfusion de 1 heure toutes les 3 semaines en association avec 10 mg par jour de prédnisone ou prédnisolone administrée par voie orale pendant tout le traitement.

AVANT, LES PRÉCAUTIONS A PRENDRE …

ÉLIMINER UNE INFECTION

Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre le traitement de chimiothérapie, des examens sont nécessaires. Il est préférable d’éliminer toute source d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents chez votre dentiste, avant de débuter.

UNE PRISE DE SANG

Une prise de sang sera systématiquement réalisée avant la chimiothérapie dans le but de s’assurer du bon fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le foie et le rein.
Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes) sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie.
Si le taux de globules rouges (ou plus précisément, le taux d’hémoglobine) est trop bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie. Une autre option est l’administration d’érythropoïétine ou EPO (Eprex™, Recornom™, Aranesp™) en injection sous-cutanée. L’EPO est l’hormone naturelle de l’organisme, sécrétée au niveau du rein, qui stimule la production des globules rouges au niveau de la moelle des os, site naturel de fabrications de cellules du sang.
Certains médicaments de chimiothérapie peuvent présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament.

CATHÉTER OU NON ?

La chimiothérapie est souvent administrée directement par voie intraveineuse au moyen d’une aiguille qui est placée temporairement dans une veine du bras.
Les médicaments de chimiothérapie sont injectés dans cette veine grâce à une perfusion. Une perfusion est une poche de plastique remplie de liquide et placée en hauteur pour que le liquide coule dans un tube de plastique fin et flexible (ou tubulure) qui relie la poche à l’aiguille de la veine du bras. Les médicaments de chimiothérapie sont soit dilués dans le liquide de la poche, soit injectés dans la tubulure par l’intermédiaire d’une seringue.
L’injection des médicaments de chimiothérapie directement dans les veines du bras est une solution qui peut être proposée dans les cas suivants, u ne durée de perfusion courte pour chacun des médicaments, u n nombre prévu réduit d’injections ou u n bon capital veineux.

LES CATHÉTERS CENTRAUX


Dans quelles circonstances ?

Si un médicament doit être administré sur plusieurs heures et à fortiori sur plusieurs jours, si la durée de la chimiothérapie peut être assez longue, si les veines du (ou des) bras ne sont pas suffisantes ou si les injections précédentes de chimiothérapie ont entraîné une inflammation des veines (veinite), il peut vous être proposé la mise en place d’un cathéter central pour la durée de la chimiothérapie. Ce type de cathéter est appelé central car une des extrémités du tube fin est située au niveau d’une grosse veine centrale, avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure).


Deux types de cathéters...

Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien supportés par l'organisme. Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie.


Les cathéters extériorisés à la peau

Ils ont leur extrémité qui ressort à travers la peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale. On pose la perfusion directement au niveau de l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.

Les chambres implantables

Elles n’ont pas leur extrémité qui ressort à travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir ou chambre (Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.) qui est inséré sous la peau. Le cathéter et la chambre sont implantés, au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de courte durée. Une courte incision permet de découvrir une veine de la base du cou. La chambre est mise sous la peau du thorax, au-dessous de la clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques.
Dans les 48 heures qui suivent la pose, une douleur à la base du cou est assez fréquente, on vous prescrira des médicaments contre la douleur pour cela. Le pansement peut être retiré au bout de quatre jours, les fils de la suture se résorbent habituellement tout seul. Par la suite, aucun pansement ne sera nécessaire.
Vous pourrez mener avec ce dispositif une vie normale. Seuls les sports violents sont à éviter. Le port de la ceinture de sécurité reste conseillé. Un carnet de surveillance de la chambre vous sera remis afin de noter les gestes effectués à ce niveau. Une chambre peut être conservée pendant plusieurs années.
La chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales
Les incidents liés au dispositif sont rares mais doivent amener à consulter, qu'il s'agisse d 'une douleur et rougeur au niveau du boîtier, pouvant faire craindre une infection ou u ne douleur et un gonflement du bras pouvant faire suspecter une obstruction de la veine.
 

@ Pour en savoir plus sur les chambres implantables : http://www.hopital-dcss.org

Mise à jour

2 août 2016