Les formes habituelles

Des cellules de phénotype B

C'est la forme la plus fréquente de la maladie qui est retrouvée dans les deux tiers des cas.
C'est une prolifération monoclonale maligne de lymphocytes morphologiquement matures appartenant à la lignée B ayant un cytoplasme peu abondant, avec noyau dense, sans nucléole identifiable.
Phénotypiquement, il s'agit d'une cellule CD19+, CD5+, CD23+, CD22-/faible, FMC7 et d’immunoglobulines (Ig) de surface restreintes à l’expression d’une seule chaîne légère kappa ou lambda.
Typiquement, l’expression de CD20 et des Ig de surface est faible.

Les LLC de phénotype B

TROIS FORMES

La LLC typique

Dans cette forme, la prolifération concerne des lymphocytes B matures engagés qui ont fait l'expérience de l'antigène, de la zone marginale, ressemblant à un lymphocyte B mémoire et exprimant le CD19+ et CD20+ mais ni le CD5-, ni le CD10-.
Dans ce cas, la proportion de cellules lympho-plamocytaires ou  de cellules clivées est supérieure à 15 %.
 

La LLC atypique

Cette forme est retrouvée dans 20 % des cas.
Dans ce cas il s'agit d'une prolifération de lymphocytes B matures, naïfs exprimant à la surface les protéines CD19+, CD5+, CD20+ et CD23+ ainsi que les immunoglobulines IgM et IgD.  

La LLC mixte

Cette forme représente 15 % des cas de LLC.
Elle est constituée d'un mélange de petits et grands lymphocytes (le cytoplasme est abondant et clair), ou essentiellement de grands lymphocytes.

POUR ILLUSTRER

En cliquant sur le lien, vous retrouverez un
schéma sur les formes de la maladie présentant leurs spécificités.

Selon les anomalies cytogénétiques

UNE NOTION IMPORTANTE...

Pourquoi ?

Comme dans toutes les formes de leucémies, la présence d’anomalies génétiques est très fréquente et on estime qu'elles sont présentent dans près de 80 % des cas.
Leur recherche est maintenant systématique car l'identification du type de mutations présente un intérêt pronostique et thérapeutique.

Comment ?


Ces mutations peuvent être mises en évidence par les techniques de cytogénétique conventionnelle.
D'autres techniques, comme l'hybridation in situ avec sonde fluorescente (FISH), la PCR multiplex de courts fragments fluorescentse (QMPSF - Quantitative Multiplex PCR of Shorts Fluorescents Fragments ) ou l'hybridation génomique comparative ( CGH micro-arrays) peuvent être employées.


QUATRE TYPES PRINCIPAUX DE MUTATIONS

La délétion d'un fragment du chromosome 13q

C'est la mutation la plus fréquente qui est retrouvée dans la moitié des cas.
Elle est de bon pronostic si elle demeure isolée.

La délétion d'un segment du chromosome 17p

Elle s'observe dans moins de 10 % des cas et est de pronostic très réservé.
La recherche par examen cytogénétique d’une délétion 17p doit précéder toute ligne de traitement car, dans ce cas le gène p53 devient non fonctionnel. La maladie est alors résistante au traitement par la fludarabine (Fludara™).
Elle présente, elle aussi, une ré-évolutivité rapide après traitement.

La trisomie 12

Elle est plus rare et n'est retrouvée que dans environ 15 % des cas.
Elle est associée à un aspect particulier des cellules.

La délétion d'un fragment du chromosome 11q

Elle est rare, 15 % des cas environ et indique un pronostic réservé.
Elle est associée à des formes tumorales de la maladie et une ré-évolutivité, rapide, après traitement.

LES AUTRES...

Récemment, la recherche de mutations somatiques au sein des régions variables VH (H pour Heavy ) du gène des immunoglobulines IgVH a conduit à l’identification de deux groupes de LLC de pronostic distinct, favorable en présence de mutations somatiques, défavorable sinon.

Mise à jour

31 août 2016