L'immunothérapie

C'est une option importante ...

LE PRINCIPE

L'immunothérapie est un traitement dont l’objectif est de renforcer les défenses naturelles de l’organisme contre la tumeur. Un renforcement des défenses naturelles devrait permettre à l’organisme d’éliminer les cellules cancéreuses.

DANS LE CANCER DU REIN

Dans le traitement du cancer du rein plusieurs immunostimulants sont utilisés dans les formes avancées de la maladie.

  • Les immunostimulants non spécifiques : interféron (IFN) alpha et interleukine 2 (IL-2) qui sont des substances secrétées par les globules blancs pour éliminer certains pathogènes et les cellules tumorales.
  • Les immunostimulants spécifiques : LAK (Lymphocytes Activated killer) et les TIL (Tumor Infiltrate Lymphocytes)
  • Les inhibiteurs des point de contrôle immunitaires.

L’interféron alpha (Introna™, Roféron-A™)

CE QUE C’EST …

C'est une glycoprotéine (protéine sucrée) naturelle qui a été découverte en 1957. Il a fallu attendre les années 90 pour qu’il puisse être obtenu par génie génétique. C'est un inhibiteur de la synthèse des cellules myéloïdes et des virus.

QUEL EST SON INTÉRÊT ?

Ces molécules permettent d'obtenir des réponses objectives et augmentent le nombre de malades sans rechute à 5 ans. On peut observer des réponses complètes qui se maintiennent de façon durable.

EN PRATIQUE …

Son indication

Il est homologué pour le traitement du cancer du rein à un stade avancé en association à la vinblastine.

Son administration

Le médicament est injecté par voie sous-cutanée à la dose de 3 MUI 3 fois par semaine la première semaine, 9 MUI 3 fois par semaine la semaine suivante, et 18 MUI 3 fois par semaine par la suite.

Ses effets secondaires

Des contre indications, à son emploi, existent, notamment allergiques. Les effets secondaires les plus fréquemment rencontrés sont :

  • Un état pseudo grippal avec de la fièvre et des courbatures.
  • Une baisse du nombre de globules blancs (leuco-neutropénie).
  • Une baisse du nombre de plaquettes (thrombopénie).
  • Un état dépressif.
  • Des atteintes des nerfs (neuropathies)

Ces effets secondaires sont le plus souvent rapidement régressifs.

L’interleukine 2 (IL-2) (Proleukine™)

LE PRINCIPE

C'est une protéine naturelle qui stimule la croissance des lymphocytes T découverte en 1976. Il a fallu attendre, comme pour l’interféron, les années 1990 pour qu’elle puisse être obtenue par génie génétique en quantités suffisantes.
Le mode d’action de ce médicament est en rapport avec ses propriétés de stimulation du système immunitaire. Il stimule les lymphocytes T, impliqués dans l’immunité de type cellulaire et cellules NK, spécialisées dans la destruction des cellules tumorales.

EN PRATIQUE ...

Son indication

Il est indiqué pour le traitement de l'adénocarcinome rénal métastatique.

Son administration


En perfusion intraveineuse continue, la dose est de 18 10 MUI/m² sur 24 heures pendant 5 jours, suivis de 2 à 6 jours sans traitement, puis 5 jours de traitement et 3 semaines sans traitement.
Le traitement d'entretien, en cas de réponse au traitement ou de stabilisation de la maladie, il consiste en l'administration jusqu'à 4 cycles d'entretien (18 MUl/m² en perfusion continue pendant 5 jours) avec des intervalles intercycles de 4 semaines.

En injection sous-cutanée, la dose est de 18 MUI par jour pendant 5 jours, suivis de 2 jours sans traitement. Durant les 3 semaines suivantes, 18 MUI par voie sous-cutanée les 2 premiers jours de chaque semaine suivis de 9 × 106 UI à J3, J4 et J5. Après une semaine sans traitement, ce cycle de 4 semaines devra être repris. Le traitement d'entretien est le même que celui du schéma avec perfusions.


Les effets secondaires

Le médicament est contre indiqué en cas de maladies allergiques préexistantes.
Les effets secondaires sont fréquents mais, en règle générale, disparaissent rapidement. Les effets les plus fréquemment rencontrés sont :

  • Un état grippal avec de la fièvre et des courbatures,
  • Des nausées et des vomissements,
  • Un essoufflement,
  • Des troubles cardiovasculaires, en particulier une baisse de la tension ou hypotension,
  • Des troubles de la f onction rénale (augmentation de la créatinine) avec une diminution de la quantité d’urine (oligurie), une augmentation du taux d’acide urique,
  • Une baisse des globules rouges (anémie).

L'immunothérapie ciblée

MÉCANISME D’ÉVASION DES CELLULES TUMORALES DU SYSTÈME IMMUNITAIRE

PD-1 & PDL-1


La molécule de co-stimulation PD-1 (Programmed cell Death-1) est exprimée à la surface des lymphocytes T.
Son ligand, le PDL-1, est pour sa part exprimé par les cellules tumorales.
Il existe, également, une autre protéine, PD-2, avec un autre ligand.

Quand le récepteur et son ligand sont liés…

On observe une diminution de la réponse T anti-tumorale de façon globale. Il se crée alors une sorte de bouclier, “rendant invisible” la cellule cancéreuse au système immunitaire du patient. En outre, cette liaison provoque ce qui a été appelé ‟T cell exhaustion”, l’épuisement T….

Quand il y a blocage....

Ils bloquent cette liaison et permettent au système immunitaire de reconnaître et de réagir contre les cellules cancéreuses. Les anti-PD-1 et anti-PDL-1 agissent, non seulement sur les lymphocytes T mais aussi B et NK.

 L' OPTIVO™  (NIVOLUMAB)

En bref...


Le nivolumab est un anticorps monoclonal dirigé contre le PD-1.
Dans un essai récent, ce médicament, utilisé dans le traitement des cancers du rein échappant aux thérapies ciblées, augmente significativement le taux de survie et le temps sans rechute par rapport au traitement de référence.

Sa tolérance

Les effets secondaires les plus fréquents sont une lymphopénie, la fatigue, et un taux de lipase augmenté. Les effets secondaires sévères sont de la diarrhée, des problèmes endocriniens et des hépatites.

En pratique

Il est indiqué en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d’un carcinome à cellules rénales avancé après un traitement antérieur.
La dose recommandée d'Opdivo est de 3 mg/kg, administrée en perfusion intraveineuse de 60 minutes, toutes les 2 semaines. Le traitement doit être poursuivi tant qu'un bénéfice clinique est observé ou jusqu'à ce que le patient ne puisse plus tolérer le traitement.

Mise à jour

12 février 2019