Les thérapies ciblées et les autres

La chimiothérapie conventionnelle peu ou pas utile...

PEU D'APPLICATIONS…

La chimiothérapie est peu utilisée dans le traitement des cancers de la thyroïde car elle est peu efficace et que l'effet est, souvent, de courte durée.
Le produit le plus utilisé est la doxorubicine, à la posologie de 60 mg/m² de surface corporelle toutes les 3 semaines. On y associe, parfois, les sels de platines, comme le cisplatine ou le carboplatine également toutes les 3 semaines.
Récemment, des traitements, associant radiothérapie et chimiothérapie, pour les formes localisées avancées, ont été proposés.

LES INDICATIONS ÉVENTUELLES DE LA CHIMIOTHÉRAPIE

Elles se résument au traitement des métastases rapidement évolutives des cancers différenciés, des cancers médullaires symptomatiques métastatiques et des cancers anaplasiques évolués.

Les thérapies ciblées

UNE DÉFINITION PARMI D'AUTRES...

Les nouvelles molécules actives contre le cancer sont désignées sous le terme générique de
thérapie ciblée.
Ce qualificatif désigne des médicaments dirigés spécifiquement contre une ou des cibles moléculaires : récepteurs, gènes ou protéines impliquées dans les voies de signalisation intracellulaires jouant un rôle dans la transformation des cellules en cellules cancéreuses ou dans le développement des tumeurs malignes.
Par opposition aux médicaments de chimiothérapie traditionnelle qui s’opposent, globalement, à la multiplication des cellules, les médicaments de chimiothérapie ciblée visent les mécanismes intimes de la cancérisation des cellules.

LES CIBLES POTENTIELLES

La cellule tumorale peut être directement atteinte par :

  • Les inhibiteurs du signal de transduction
    • La famille HER (EGFR = epidermal growth factor , HER2…)
    • La voie KIT, RAS, MAPK, PI3K ou d'autres voies...
  • Les inhibiteurs du cycle cellulaire
  • Les modulateurs de l’apoptose ...

 

L'environnement cellulaire peut être modifié par les agents anti-angiogéniques, par exemple.

 

Les médicaments ciblés des cancers papillaires ou folliculaires

LE SORAFENIB (NEXAVAR™)

En bref...


Ce médicament est actif par voie orale. C’est un inhibiteur multikinase, bloquant plusieurs récepteurs de facteurs de croissance : le VEGFR, le PDGFR et la kinase de Raf. Il empêche le développement et induit sélectivement la mort des cellules cancéreuses par apoptose. Il possède, aussi, une action anti-angiogénique.
 
Son indication

Il est homologué pour le traitement des cancers thyroïdiens progressifs, localement avancés ou métastatiques.

Sa posologie

Le médicament s’administre, seul, en continu, en deux prises quotidiennes de deux comprimés dosés à 200 mg en dehors des repas ou avec un repas pauvre en graisse.
Il n’y a pas de limitation de durée d’administration du médicament.
Si une chirurgie est envisagée, le traitement sera arrêté au moins 15 jours avant l'opération.

Sa tolérance

Elle est acceptable Les effets indésirables souvent rapportés sont :

  • De la fatigue
  • Des diarrhées et mucites
  • Des problèmes dermatologiques, rashs cutanés et syndrome mains-pieds
  • Une augmentation de la tension artérielle
  • Des troubles métaboliques, en particulier des hypoglycémies
  • Parfois des retards de cicatrisation et des hémorragies (saignement)

 

LE LENVATINIB (LENVIMA™) 

Son mode d'action

Le lenvatinib est une petite molécule active par voie orale. C'est un inhibiteur de tyrosine kinase des récepteurs de l'angiogenèse (anti-VEGFR 1, 2 et 3), du FGFR 1 à 4 (fibroblast growth factor receptor) ainsi que du PDGFR (platelet-derived growth factor receptor α) , RET, et KIT.

Son efficacité

Cette nouvelle molécule qui a montré une activité dans le traitement des cancers thyroïdiens différenciés résistant au traitement par l'iode radioactif ; situation qui se voit chez 5 % à 15 % des patients.
Dans l'étude SELECT, le lenvatinib a retardé la progression de la maladie de 15 mois et a abouti à la régression de la tumeur dans environ deux-tiers des patients.

Son statut

Ce médicament est homologué pour le traitement des cancers thyroïdiens iodo-résistants à la dose de 24 mg/jour. Le traitement doit être poursuivi aussi longtemps que l’efficacité et la tolérance le permettent.

Sa tolérance 

La prise de ce médicament est associé à des toxicités importantes. Les effets indésirables les plus fréquent sont, d'après les études, une hypertension artérielle (70 % des cas dont la moitié grade ≥ 3), de la diarrhée (60 % des cas), de la fatigue (60 % des cas), une perte d’appétit (50 % des cas) et une perte de poids (50 % des cas)

Les médicaments ciblés du cancer médullaire de la thyroïde (CMT)

LE VANDETANIB (CAPRELSA™)

En bref...
 

C'est un inhibiteur de la tyrosine kinase, actif par voie orale qui bloque l’activité de VEGFR2, de l’EGFR et du RET.

Son indication


Il est indiqué pour le traitement du cancer médullaire de la thyroïde (CMT) agressif et symptomatique chez les patients avec une maladie localement avancée non opérable ou métastatique.
Chez les patients pour lesquels la mutation réarrangée au cours d'une transfection (RET) n'est pas connue ou est négative, l'éventualité d'un bénéfice plus faible doit être prise en considération avant la décision d'un traitement individuel.

Sa posologie


Il existe deux dosages, 100 et 300 mg.
La dose recommandée est de 300 mg à prendre une fois par jour,à peu près à la même heure chaque jour.
Le médicament est administré jusqu’à ce qu'il soit plus efficace.

Sa tolérance

Elle est similaire aux médicaments anti-angiogéniques.  Les plus fréquents sont la diarrhée, les éruptions cutanées, la folliculite, l’hypertension artérielle, les nausées et la fatigue ainsi qu'une photosensibilité, et une vision bleutée. Le traitement nécessite une surveillance cardiovasculaire spécifique.

LE CABOZANTINIB (COMETRIQ™)  


En bref...

C’est aussi un d’inhibiteur de la  tyrosine kinase anti-VEGFR 1 et 2 anti C-MET, RET, C-KIT, FLT3, et Tie 2 actif par voie orale.
La phase 3 a testé le cabozantinib à la dose de 140 mg/j chez 330 patients ayant un carcinome médullaire de la thyroïde métastatique. La survie sans progression est passée de 11,2 mois pour le cabozantinib contre 4 mois pour le placebo. De plus, la mutation RET et RAS sont significativement liées à une meilleure réponse au traitement.

Son indication

Il est indiqué dans le traitement du cancer médullaire de la thyroïde (CMT) de l’adulte, localement avancé ou métastatique, progressif et non résécable.

Sa posologie

La dose recommandée est de 140 mg par jour (une gélule à 80 mg + 3 gélules à 20 mg).

Sa tolérance

Les principaux effets indésirables sont la diarrhée, le syndrome main-pied, la perte de poids, le manque d’appétit, les nausées et la fatigue.

Le caractère réfractaire à l’iode est défini par...

Au moins 1 lésion ne fixant pas l’iode

Une progression tumorale significative et rapide suivant un traitement par iode radioactif (131 I

Une dose cumulée reçue d’au moins 600 mCi (22 GBq) d’iode radioactif.

Mise à jour

10 décembre 2018