La chirurgie

Avant propos

Toute tuméfaction, tout nodule du testicule palpable et identifié à l'échographie, doit être exploré chirurgicalement même si les marqueurs tumoraux sont normaux.

L'orchidectomie par voie haute...

L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou rachi-anesthésie.

L’incision de quelques centimètres est effectuée dans la région inguinale (région située au-dessus de l’aine). La région est disséquée et le cordon spermatique est repéré puis lié au fil avant d'être sectionné. Une fois le cordon coupé le chirurgien dissèque le testicule afin de le libérer de ces adhérences avec le scrotum.

Une fois enlevé, le testicule est adressé au laboratoire pour analyse anatomopathologique.

Si vous aviez convenu d'un remplacement prothétique, votre chirurgien met une prothèse testiculaire à but esthétique dans le scrotum.

La cicatrice est refermée en plusieurs plans afin de restituer l’anatomie normale.

Le curage ganglionnaire lombo aortique

LE PRINCIPE

L’extension lymphatique ne dépend pas du type histologique car il n’y a pas de différence entre les tumeurs de type séminomateuses et non séminomateuses.

Il a été observé que l’envahissement ganglionnaire controlatéral était plus fréquent en cas de tumeur du testicule droit et que les métastases ganglionnaires rétro-péritonéales étaient souvent de plus gros volume.

Les aires ganglionnaires sont en rapport étroit avec les racines sympathiques du plexus hypogastrique supérieur. Ces éléments du système nerveux végétatif jouent un rôle fondamental dans l’éjaculation et en cas de lymphadénectomie.
Le schéma, ci-contre, représente la localisation des territoires ganglionnaires drainant les testicules.

LES IMPLICATIONS PRATIQUES

Le curage ganglionnaire s'effectue par une incision cutanée au niveau de l'abdomen. En cas de cancer du testicule droit, on enlève les ganglions situés à droite de l'aorte.
En cas de cancer du testicule gauche, on enlève les ganglions situés à gauche de l'aorte.

ACTUELLEMENT...

Le curage ganglionnaire n'est pas systématique...

Il s'adresse surtout aux tumeurs germinales non séminomateuses mais il n’est jamais réalisé lorsque les marqueurs sont élevés ; situation dans laquelle la chimiothérapie première est l'option standard.

Les problèmes possibles

Le curage ganglionnaire « modifié droit » et le curage « modifié gauche » sont des interventions bien codifiées et les complications sont, de nos jours, rares.

Il faut cependant savoir qu’en cas de tumeur testiculaire gauche, des fibres nerveuses peuvent être endommagées et être à l'origine d'éjaculation rétrograde. Il s'agit d'une impossibilité d'éjaculer le sperme (anéjaculation) lors de l'orgasme. Cette complication peut être transitoire ou définitive.
En fonction de l’extension du curage ganglionnaire, son incidence est très variable allant, selon les statistiques, de 0 à 80 % des cas.

Important...

Si dans votre cas il y a un risque, le médecin vous avertira et discutera avec vous des options possibles.

PENDANT et APRÈS l'opération...

PENDANT

La durée de l'intervention dépend du type de chirurgie réalisée. Par exemple, une orchidectomie simple dure moins d'une heure et un curage ganglionnaire environ deux heures.

APRÈS

Une orchidectomie simple...

La durée d’hospitalisation est de 1 à 2 jours après l’intervention.
En cas de pansement compressif post-opératoire celui-ci sera enlevé dans les 24 heures.
L'ablation des fils ou agrafes sera réalisée avant 10 jours.
La convalescence est courte de l’ordre d’une à deux semaines avant de récupérer une activité normale.

Une curage ganglionnaire

Quand vous vous réveillez de l'opération, vous êtes placé en salle de réveil jusqu'au réveil en vérifiant que vos signes vitaux, tension artérielle, pouls et respiration sont stables. Vous rentrerez dans votre chambre le soir même.

Un ou plusieurs drains seront retirés au 4ème jour après l’opération.

Une sonde dans l'estomac

Elle sera mise en place pour aspirer les sécrétions, si vous eu un curage ganglionnaire lombo-aortique qui nécessite, en général, la mise au repos du tube digestif. Elle sera maintenue jusqu'au retour des selles.


Une sonde urinaire
Elle sera mise en place pendant 2 ou 3 jours pour évacuer la vessie et permettre un contrôle précis de votre fonction rénale. Elle est obligatoire si vous avez eu une rachianesthésie (péridurale).


Pour prévenir les phlébites et les embolies
Vous aurez des bas de contention qu'il faudra garder jusqu'à votre sortie et un traitement anticoagulant sera institué.
Vous serez levé très rapidement ; certaines équipes le préconisant dès le premier jour.

La durée d'hospitalisation
Elle est de 5 à 8 jours mais elle va dépendre de l'acte chirurgical pratiqué, de votre état général, de la présence d'autres problèmes médicaux, de votre réaction pendant la chirurgie et de votre état en post-opératoire.


L’ÉVOLUTION DES MARQUEURS TUMORAUX

S'ils sont présents...


La décroissance des marqueurs après l'intervention dépend de leur demi-vie, c'est-à-dire le temps au terme duquel la moitié à disparue du sang.
La demi-vie de l'αFP varie de 5 à 7 jours ; celle de l'hCG est plus courte, 2 à 3 jours.
Par exemple, un taux élevé d’αFP doit être divisé par deux lors du dosage au septième jour après l'opération et par quatre lors du dosage à quatorzième jour.

Les dosages

Ils doivent être poursuivis jusqu’à normalisation complète pour affirmer le caractère S0 de la maladie.

La persistance des marqueurs après l'orchidectomie

Elle témoigne de la présence de métastases (micro ou macroscopiques).
Cependant, leur normalisation n'exclue pas totalement une évolution possible de la maladie, d'où l'importance des visites de suivi.

Mise à jour

26 mars 2016