Les tumeurs malignes

Les cancers urothéliaux (tumeurs affectant les voies urinaires)

Dans le cas des tumeurs des voies excrétrices rénales, il n'y a pas, en pratique, de distinction nette entre tumeur bénigne et cancer comme pour les tumeurs de la vessie. Ce qui compte vraiment, c'est le stade de la lésion car il détermine le traitement et le pronostic.
La plupart des tumeurs sont superficielles, c’est-à-dire que leur racine ne s’enfonce que de façon superficielle dans la paroi. Selon les cas, on les appelle polype superficiel, papillome, tumeur superficielle.
Le polype ressemble habituellement à une framboise ou une anémone dont les franges s’implantent sur la paroi de la voie urinaire (c’est la base du polype) et flottent dans l’urine, un peu comme des algues.
La tumeur peut être unique ou multiple, plutôt papillaire frangée ou au contraire plutôt « sessile charnue à base large ». Parfois, les polypes occupent la plus grande partie du revêtement, laissant peu de muqueuse urothéliale saine : on parle alors de papillomatose vésicale.
Le carcinome in-situ est une tumeur plate, non papillaire, située dans l'épaisseur même de la muqueuse. Elle peut être seule, rarement, 10 % des cas ou, le plus souvent, associée à un ou plusieurs polypes.

Les cancers à cellules rénales (vrais cancers du rein)

GLOBALEMENT

Le carcinome à cellules rénales représente 90 % des tumeurs rénales malignes et comprend quatre types histologiques principaux :

  • Le carcinome à cellules claires, dans les trois quarts des cas
  • Le carcinome tubulo-papillaire (10-15 %) dont il en existe deux sous-types (I et II). Le sous-type II serait de moins bon pronostic que le sous-type I
  • Le carcinome chromophobe est rare (5 %) mais de bon pronostic
  • Le carcinome de Bellini ou carcinome des tubes collecteurs est très rare (1 %).

SON EVOLUTION

Les modifications initiales

Elles ne sont jamais détectées car elles sont totalement silencieuses, c’est-à-dire sans aucun symptôme. On peut, parfois, les observer à l’occasion d’une opération consistant à enlever un rein (néphrectomie) pour une autre raison comme une rupture à l’occasion d’un accident ou, surtout, à l’occasion d’une transplantation rénale.

Le cancer du rein invasif

C'est une tumeur dont les cellules cancéreuses ont envahi le tissu avoisinant. L
es cancers du rein se développent généralement lentement, sur plusieurs années. Ces modifications précoces ne produisent jamais des symptômes visibles et passent donc souvent inaperçues. En revanche, ils peuvent être découverts à l’occasion d’examens.

Mutations successives conduisant la cellule normale a la cellule maligne

  • Cancer in situ
    • Risque : évolution vers un cancer invasif
    • Pas d’envahissement du tissu avoisinant
    • Pas de métastase
  • Cancer invasif
    • Risque : envahissement des tissus avoisinants avec atteinte des ganglions et métastases

L’atteinte des ganglions : quelle importance ?

L’atteinte des ganglions lymphatiques signifie que certaines cellules cancéreuses ont eu la capacité de sortir du rein pour former d'autres colonies tumorales en dehors de l’organe. Il existe donc un risque que d'autres cellules aient suivi le même processus pour aller dans d'autres organes du corps.
C'est pourquoi, lors du bilan d'extension de la maladie, il est important de déterminer si le cancer s'est étendu aux ganglions lymphatiques du hile du rein puis à ceux situés autour de l’aorte abdominale ou de la veine cave afin de mettre sur pied le meilleur traitement.

Les métastases du cancer du rein

L’événement le plus délétère, au cours de la croissance d'un cancer du rein, est la dissémination des cellules tumorales au-delà du rein (métastases). Les métastases se font par migration des cellules tumorales.

La dissémination des cellules cancéreuses se produit par voie lymphatique et par les vaisseaux sanguins (hématogène). Le drainage veineux collatéral rétrograde du rein par l'intermédiaire des veines lombaires dans les plexus vertébraux semble être dans le développement des métastases dvertébrales et méningées.

Dans le cas des carcinome à cellules claires, des métastases peuvent apparaître dans 10 à 40 % de manière synchrone et, dans environ 30 % des cas, elles ont une évolution métachrone. Quand elles apparaissent, c'est dans les 3 ans qui suivent le diagnostic.

Les métastases pulmonaires représentent 50 à 80 % de l’ensemble des localisations secondaires. Les autres localisations, foie, os, cerveau, surrénale sont moins fréquentes. Leur évolution est très variable.

L’avènement des thérapies ciblées, a transformé la prise en charge de la maladie à ce stade.

Mise à jour

12 février 2019