Les effets secondaires lointains

Les seconds cancers demeurent une préoccupation...

LE PROBLÈME ET LES CHIFFRES…

Le contexte

Tous les traitements comportent toujours une part de toxicité médullaire et un risque d'induire un second cancer ou de leucémie.

Quelques chiffres...


Le risque est estimé être 10 à 15 fois supérieur à celui de la population non traitée. Une élévation du risque a été observée, en relation avec :

  • L’âge au moment du traitement
  • Le sexe masculin
  • La chimiothérapie beaucoup plus que la radiothérapie

Ce risque plus élevé, de 2,2 à 4,6, selon les études, est notable durant les 15 premières années après le traitement.
L'étude des données internationales a permis d'estimer le risque à 1 % par an pouvant s'étaler sur 40 ans.

Quels cancers ?

Les localisations les plus fréquentes sont le poumon, le sein chez la femme (30 à 40 % dans les 25 ans suivant le traitement), l’estomac, la thyroïde, l’os, le mélanome, mais également les glandes salivaires, l’intestin et le côlon chez l’homme, la plèvre.
Ils existe, aussi, un risque augmenté de lymphomes non hodgkiniens et de leucémies.

SELON LE TYPE DE SECOND CANCER

Les facteurs de risque de survenue d’un cancer du sein

L'augmentation du risque apparaît pour des doses d’irradiation supérieures à 38,5 Gy. Il est plus important pour les irradiations "grand champs". Ce sur-risque est plus net pour les patientes les plus jeunes.
La chimiothérapie est également associée, bien qu'à un niveau moindre, à une augmentation du risque de cancer du sein.

Facteurs de risque de survenue d’un cancer du poumon

Le sur-risque existe en cas d'irradiation ou de chimiothérapie, en particulier avec la mechlorethamine et le procarbazine. Il est plus important pour les patients traités par irradiation et est lié à la dose d’irradiation reçue par le poumon ainsi qu’au nombre de cycles de chimiothérapie administrés.
La probabilité pour les fumeurs de développer un cancer du poumon est plus de 5 fois supérieure à celle des non-fumeurs.

Facteurs de risque de survenue d’une leucémie aiguë myéloïde

Il concerne tous les patients traités par chimiothérapie, seule ou avec de la radiothérapie. Le risque de leucémie est principalement lié à l’utilisation d’agents alkylants.

Facteurs de risque de survenue d’un lymphome non hodgkinien

Les conclusions des études ne sont pas claires.
Selon une cohorte de 1 939  enfants et adolescents néerlandais atteints d’un lymphome de Hodgkin, le risque de lymphome non hodgkinien ne varie pas de façon significative entre les groupes de patients classés en fonction de la thérapie administrée.

En résumé

La survenue d'un second cancer est un risque...
Un suivi thérapeutique au long cours chez les malades guéris est essentiel...

Les autres conséquences...

CARDIAQUES

Le contexte

Le risque relatif de mortalité par cardiopathie est estimé, selon les études, entre 2,2 et 4,6 et l’excès de risque absolu entre 9,3 et 28 pour 10 000 personnes-année.
Le risque de complications cardiaques augmente significativement à partir de 5-10 ans après le traitement et semble persister au-delà de 20-30 ans après le traitement initial.
L’excès de risque absolu survient en particulier chez des patients à risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, tabagisme,...). Néanmoins, il existe en dehors de tout facteur de risque cardiovasculaire.
Une toxicité cardiaque peut se manifester soit par une cadiomyopathie, se traduisant par une insuffisance cardiaque soit par une insuffisance coronarienne pouvant aller à l’infarctus du myocarde. On estime qu'elles affectent de l'ordre de 5 % de patients traité, 15 ans après le traitement.

Les coupables

L’irradiation médiastinale, au-delà de 30 Gy, est le principal facteur de risque.
Le risque lié à la doxorubicine, faisant partie des protocoles de type ABVD, est cumulatif, moins important que celui de la radiothérapie mais potentialisé.

PULMONAIRES

Elles sont le fait de la bléomycine qui fait partie de nombreux protocoles, dont l'ABVD. Dans ce cas, on observe parfois le développement d'une fibrose pulmonaire pouvant aboutir à une insuffisance respiratoire.

Mise à jour

24 décembre 2015