Le cancer de la prostate

Son évolution

AU DÉBUT…

La plupart des tumeurs de la prostate prennent naissance dans la zone périphérique et la partie glandulaire de l'organe. Le cancer de la prostate peut aussi se développer dans le tissu de la zone centrale.
Le plus souvent, le cancer se développe au détriment de l’épithélium glandulaire. Il s’agit donc d’un épithélioma. Comme il se développe à partir des glandes (acini) de l’épithélium, on dit qu’il s’agit d’un adénocarcinome. Les autres formes de la maladie sont très rares.

PAR LA SUITE…

Lorsque le cancer reste à l'intérieur de la capsule de la prostate, on considère la maladie comme localisée et donc curable par la chirurgie et/ou la radiothérapie. Dès que le cancer s’est étendu au-delà de la capsule de la prostate (capsule de Gleason), les options thérapeutiques sont différentes.

L’ÉVOLUTION ULTÉRIEURE…

Les métastases osseuses

L’os est le principal site métastatique dans le cancer de la prostate, et la plupart des patients avec un cancer métastatique à l’os vont présenter des complications osseuses.
Ces métastases osseuses sont à l’origine d’une morbidité importante : fractures, compression médullaires, douleurs, hypercalcémie.
Il existe une corrélation entre l’extension de la maladie métastatique osseuse et la survie des patients.

Les autres métastases

La maladie peut toucher les ganglions lombo-aortiques ou iliaques, à l’origine d’un œdème des membres inférieurs par compression veineuse.
Plus tardivement et plus rarement des métastases hépatiques ou pulmonaires sont possibles.

De l’hormonodépendance à l’a résistance à la castration

DÉFINITION

Bien qu’il n’existe pas de définition universellement admise, la plupart des spécialistes considère que la maladie devient hormono-résistante, lorsqu’en dépit du traitement anti-hormonal, elle tend à progresser. On considère, alors, que la maladie peut s'étendre quel que soit le taux d'androgènes.

QUE SE PASSE-T-IL ?

Première étape : hormone-dépendance

Initialement, le cancer métastatique de la prostate est hormone-dépendant et répond à diverses manipulations hormonales.
Le traitement de première intention consiste en un blocage androgénique complet ou en une castration (chimique ou chirurgicale) seule, suivie, en cas d’échec, par l’ajout d’un antiandrogène périphérique.

Seconde étape : hormone-indépendance

En moyenne, 18 mois après le début de l’hormonothérapie, on observe une perte de la sensibilité au traitement hormonal. On parle, alors, d’hormone-indépendance. On peut cependant obtenir une réponse par de nouveaux traitements :

  • Une modification de la dose de l’anti-androgène utilisé en première intention
  • Une augmentation de la dose, puis arrêt de celui-ci
  • Une hormonothérapie de seconde ligne.

Troisième étape : hormono-résistance


  Le concept d’hormono-résistance a été remplacé il y a une dizaine d’années par le concept de résistance à la castration depuis la commercialisation de l'abiratérone qui permet d’obtenir une baisse de plus de 50 % du PSA chez plus de la moitié des patients ayant échappé à toutes les manipulations hormonales.
La résistance à la castration est définie par une reprise évolutive biologique ou clinique malgré une castration efficace. Elle survient dans un délai de 18 à 24 mois après la mise en route de la privation androgénique en cas de métastases.

LES MÉCANISMES DE LA RÉSISTANCE

Il existe plusieurs mécanismes pouvant expliquer l’hormono-résistance par modifications structurelles ou fonctionnelles du récepteur androgène :

  • Une amplification du récepteur aux androgènes qui existe dans un tiers des cas ou une mutation hyper-activatrice du récepteur aux androgènes se traduisant par une hypersensibilité aux androgènes circulants résiduels
  • Une altération des cofacteurs du récepteur aux androgènes
  • Une hyperméthylation du promoteur du gène du récepteur aux androgènes.

Des chercheurs considèrent que le traitement hormonal sélectionne, dès le début, des clones de cellules qui sont intrinsèquement résistantes aux hormones et que ces dernières vont progressivement émerger lorsque la maladie évolue.
D’autres, suggèrent que sous la pression d’un environnement défavorable (traitement antihormonal), ces cellules vont s’adapter et muter pour survivre.


QUELLES CONSÉQUENCES ?

A ce stade, si le cancer de la prostate devient réfractaire au traitement hormonal, il devient agressif et plus difficile à contrôler.

Mise à jour

14 février 2015