Les facteurs environnementaux

LES POLYPES

Un polype (adénome) c’est une excroissance que l'on découvre à l’intérieur du côlon. Les spécialistes reconnaissent deux grandes catégories de polypes du côlon ou du rectum

  • Les polypes qui demeureront bénins comme les polypes hyperplasiques, des polypes hamartomateux, rencontrés chez les sujets jeunes et des polypes inflammatoires.
  • Les polypes adénomateux, appelés aussi adénomes qui représentent environ 70 % des polypes. Ils se développent à partir des glandes situées dans la muqueuse du côlon ou du rectum et sont à l’origine de plus de 80 % des cancers colorectaux. Il faut savoir que sur 1000 adénomes, 100 atteindront 1 cm et 25 deviendront un cancer sur 10 à 20 ans 

Les figures ci-contre montrent, en coloscopie, l’aspect d’un colon normal (A) et comment se présente un polype (B).

Les polypes du côlon ou du rectum : UN FACTEUR DE RISQUE clairement DÉMONTRÉ

GLOBALEMENT.. .

Les polypes sont un facteur de risque démontré car de 60 à 80 % des cancers du côlon ou du rectum se développent à partir de ces lésions bénignes. Le risque de transformation dépend

  • Du type d’adénome (composante villeuse)
  • De sa taille : plus un adénome est gros, pl us grande est la probabilité qu’il abrite des cellules cancéreuses et le risque de cancer augmente
  • Du nombre : plus le nombre d’adénomes est élevé, plus la probabilité que l’un d’entre eux se transforme en cancer augmente. Les personnes qui ont hérité d’une mutation du gène appelé APC développent de nombreux polypes dans tout le colon, dès l'âge de 20 ans. Sans traitement, la plupart d’entre eux développeront un cancer colorectal à un âge beaucoup plus jeune que la population normale.
  • Du degré de dysplasie
  • De la durée d’évolution de l’adénome.


LES DIFFÉRENTS TYPES DE POLYPES

L’adénome villeux

C'est environ 5 % des polypes adénomateux. Il se présente un aspect velu. Il est habituellement plat avec une base large.
Il est difficile à enlever lors d'une coloscopie. De ce fait, pour l'extirper, il faut avoir recours à la chirurgie, ce d'autant qu'il présente plus de risque de se transformer en cancer, en particulier s’il est gros

L’adénome tubuleux

Le polype est le plus petit et représente les trois quarts des polypes adénomateux. Il ressemble à un champignon avec un chapeau et une tige. Sa surface ressemble à une série de tubes. Il se retire facilement lors d'une coloscopie.
Il se transforme rarement en cancer lorsqu'il est de petite taille.

L’adénome tubulo-villeux

C'est environ 20 % des polypes adénomateux. Il présente à la fois des caractéristiques de l'adénome villeux et de l'adénome tubuleux.
Le risque de cancérisation est intermédiaire entre celui de l'adénome villeux et celui de l'adénome tubuleux.

L’adénome plan

Il a été identifié récemment. Il s’agit d’une lésion de moins d’un centimètre de diamètre qui ne se développe pas sous forme de polype, mais à plat (hauteur de moins de 1,5 mm d’épaisseur.
Ils présentent un risque plus important que les autres adénomes de se transformer en cancer.

Type, taille et risque de cancer colorectal

Type et taille du polypeRisque de développer un CRC
< 5 mm 
5 à 10 mm 
10 à 20 mm 
> 20 mm
0 % 
0.5 % 
9 % 
28 %
Tubuleux 
Tubulo-villeux 
Villeux
1 % 
12 % 
14 %

LES MALADIES INFLAMMATOIRES DU CôLON

QUELLES MALADIES

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Ce terme désigne un ensemble de lésions inflammatoires chroniques, de cause encore inconnue, touchant principalement le tube digestif. Ces affections sont récidivantes et touchent avec prédilection certains segments du tube digestif. Les manifestations cliniques sont variées et ces maladies ont souvent une évolution peu prévisible.

La rectocolite hémorragique (RCH) et la maladie de Crohn
 
Les deux principales maladies inflammatoires de l'intestin sont la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Leur incidence est en augmentation dans la plupart des pays industrialisés.

  • La rectocolite hémorragique se définit comme une atteinte inflammatoire du rectum,s'étendant sur le côlon de manière ascendante. L'incidence annuelle est évaluée en Europe de 0,3 à 0,7 cas pour 100 000 habitants avec une légère prédominance féminine.
  • La maladie de Crohn peut atteindre la totalité du tube digestif mais touche en priorité le grêle et le côlon. En France, l'incidence annuelle de la maladie de Crohn est de 5 à 6 cas pour 100 000 habitants.


QUEL RISQUE ?

Ces maladies augmentent le risque de cancer colorectal. Le risque est plus élevé en cas de rectocolite hémorragique qu'en cas de maladie de Crohn.
Les parties du côlon affectées par la rectocolite donnent souvent naissance à des cellules dysplasiques qui peuvent elles-mêmes donner naissance à un cancer.
Le risque est proportionnel à l’étendue et à la sévérité de la maladie.
Le risque est encore accru avec la durée pendant laquelle le sujet a été atteint de rectocolite hémorragique.
Les personnes qui ont eu une colite ulcéreuse pendant 30 ans ou plus ont plus de 30 % de risque de développer un cancer colorectal.

LES FACTEURS DE RISQUE ENVIRONNEMENTAUX

  • Une alimentation riche en viande, pauvre en fibres
  • Des maladies du côlon
    • Des polypes (adénomes) coliques
    • Une maladie inflammatoire étendue du côlon et évoluant depuis plus de 10 ans : RCH ou maladie de Crohn
  • Une anastomose urétéro-sigmoïdienne, en raison d’un cancer de la vessie

Les autres facteurs environnementaux

LE MODE DE VIE

La sédentarité et le mode de vie urbanisé

Tous deux augmentent le risque de développer la maladie.

L’alimentation…

Les régimes riches en graisses animales et en cholestérol et pauvres en fibres végétales favoriseraient le cancer colique. Cette alimentation augmenterait la concentration dans le côlon d'acides biliaires secondaires. Ceux-ci stimuleraient la prolifération de l’épithélium colique.
En revanche, la consommation d'huile d'olive diminuerait le risque de cancer colique.

L'obésité

Plusieurs études épidémiologiques ont montré que l’obésité était un facteur de risque de cancer du côlon.
Par rapport aux sujets ayant un index de masse corporelle (IMC) < 30 kg/m², le risque relatif de développer la maladie est augmenté de
1,5 pour les sujets entre 30 et 54 ans et de 2,4 pour les patients entre 55 et 77 ans. Le risque est plus élevé phénotype MSS (Microsatellite Stability),

Le tabagisme

Il est maintenant démontré que le risque de développer un cancer colique ou rectal est accru chez les hommes ayant fumé de 30 à 40 années-paquet et chez les femmes au delà de 45-années-paquet.

LES AUTRES FACTEURS

La géographie…

Le risque de cancer colorectal est moindre en Asie, en Afrique et en Amérique du sud. Lorsqu'un individu de ces pays à faible risque émigre vers un pays à plus fort risque, il tend à avoir le même risque de cancer colorectal que les sujets du nouveau pays d’adoption. Cette observation suggère que certains facteurs environnementaux jouent un rôle dans le risque de cancer colorectal.

Augmentation et DIMINUTION DU RISQUE

Augmentation du risqueDiminution du risque
Obésité 
Ablation des ovaires (ovariectomie) 
Boissons alcoolisées 
Viande rouge 
Charcuterie 
Graisses animales (acides gras oméga-6) 
Température de cuisson élevée : friture, barbecue, woc 
Régime riche en calories
Huiles de poissons (acides gras oméga-3) 
Régime riche en fibres 
Cuisson aux micro-ondes, à la vapeur 
Antioxydants : vit. E, acide folique, vit. C, ail, etc. 

Le microbiote ou flore intestinale

EN DEUX MOTS...

Le microbiote intestinal, aussi appelé flore intestinale, est l'ensemble des micro-organismes,  archées, bactéries, protistes, qui se trouvent dans le tube digestif.

La densité bactérienne dans la lumière intestinale du gros intestin est de 10 12 bactéries/g et celle de l’intestin grêle de seulement 10² bactéries/g. Cette augmentation massive de la densité bactérienne est corrélée avec l’augmentation du risque de cancer, faible au niveau du grêle, forte au niveau du côlon.

MICROBIOTE & CANCER DU CÔLON


Ce que l'on sait...

De nombreux travaux expérimentaux soutiennent le fait que le microbiote intestinal serait un facteur environnemental majeur pouvant moduler le risque de cancer colorectal.
Ainsi, des études ont mis en évidence que des bactéries commensales du microbiote pouvaient être associées à la présence de tumeurs. Certaines peuvent être directement génotoxiques, comme c'est le cas de Escherichia coli , une des bactéries ubiquitaires facultatives prédominantes de la flore du côlon.
La présence dans le microbiote intestinal de souches bactériennes produisant des toxines lésant l’ADN des cellules de l’hôte pourrait donc ainsi constituer un facteur prédisposant au développement des formes sporadiques de cancer colorectal.

INFECTION ET CANCER DU CÔLON

Le cytomégalovirus

Certains travaux récents ont retrouvé des particules d'un virus appelé cytomégalovirus (CMV). Le CMV est plus particulièrement retrouvé dans les polypes avec une dysplasie sévère ou dans certains adénocarcinomes.
Des recherches sont en cours pour préciser le rôle exact de ce virus dans les cancers colorectaux.

Le Streptococcus bovis

De nombreuses études ont montré le lien entre infection à S. bovis , notamment l’endocardite et le cancer colorectal.
L'étude des caractères moléculaires et phénotypiques d’identifier plusieurs sous-espèces de S. bovis.
Ce serait la sous-espèce S. gallolyticus subsp gallolyticus qui serait associée aux polypes du côlon et des carcinomes invasifs.

La hiérarchie des facteurs de risque

Risque très élevé    

  • Syndrome de Lynch (HNPCC) : transmission autosomique dominant, diagnostic selon les critères d’Amsterdam
  • Polypose adénomateuse familiale (PAF) : transmission autosomique dominant ou récessif selon le type

Risque élevé

  • Antécédent personnel de cancer colo-rectal
  • Antécédent au premier degré de cancer colo-rectal ou d’adénome > 10mm avant 65 ans
  • 2 antécédents de cancer colo-rectal au premier degré, quelque soit l’âge de survenue
  • Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin : RCH et maladie de Crohn
  • Acromégalie

Risque modéré

  • Age > 50 ans

Autres facteurs de risque

  • Tabagisme
  • Alimentation riche en viande rouge, boissons alcoolisés, obésité

Mise à jour

28 novembre 2018