Les facteurs environnementaux

//Helicobacter Pylori//

GÉNÉRALITÉS

C'est une bactérie Gram négative de découverte récente. Robin Warren, chercheur australien, a le premier, découvert une bactérie étrange colonisant fréquemment la partie inférieure de l'estomac de patients atteints d'ulcères. De plus, la bactérie se retrouvait toujours proche des foyers d'inflammation. Cette découverte était, en soi, un grand pas, puisque, à l'époque il était admis que les bactéries ne pouvaient pas se développer à cause de la forte acidité de l'estomac....

Cette découverte a valu le Prix Nobel de médecine en 2005, à  Robin Warren et à Barry Marshall.

UN CANCÉROGÈNE... 

L'Hélicobacter Pylori est maintenant classifié comme une agent cancérogène de classe I par l' IARC .

L'infection à Hélicobacter pylori est la cause principale de l'ulcère de l'estomac. Une infection de longue durée de l'estomac par cette bactérie peut conduire à une gastrite chronique atrophique (inflammation et altération de la muqueuse de l'estomac). Cette inflammation peut, alors, engendrer un éventuel changement précancéreux de la muqueuse (dysplasie).
Bien que la grande majorité des porteurs de cette bactérie dans leur estomac ne développeront pas de cancer gastrique, les patients atteints de cancer de l'estomac, de type intestinal (en dehors de ceux de la région du cardia) ont un taux d'infection par l’ Hélicobacter pylori plus élevé que la population générale.
Une infection à Hélicobacter pylori est, aussi, associée à certains types de lymphomes de l'estomac.

 

Détection de //Helicobacter Pylori//

  • Méthodes nécessitant la réalisation de biopsies gastriques sous endoscopie 
    • La culture permet par ailleurs la réalisation d’un antibiogramme
    • L’examen histologique
    • Le test à l’uréase
    • L’amplification génique de l’ADN
  • Méthodes ne nécessitant pas la réalisation d’une endoscopie
    • Le test respiratoire à l’urée marquée au 13C
    • Les tests sérologiques : basés sur le dosage d’IgG anti-Helicobacter spécifiques dans le sang
    • La détection des antigènes dans les selles (tests HpSA employant des anticorps polyclonaux)

La nutrition

OBÉSITÉ 

C'est un facteur de risque démontré pour cette maladie pour les lésions affectant le cardia. 

FACTEURS ALIMENTAIRES 

Le risque de développer un cancer de l'estomac est plus élevé si l’alimentation est composée de grandes quantités de nourriture fumée, de poisson salé ou de viande salée, de légumes au vinaigre, de préparations contenant de l'amidon et pauvre en fibres.

Les nitrates et les nitrites, substances trouvées dans les viandes fumées, certaines eaux minérales et certains légumes peuvent être convertis par certaines bactéries, comme Hélicobacter pylor i, en composés connus pour être cancérigènes chez l'animal.

A l'opposé, une alimentation riche en céréales complètes, en fruits frais et en légumes, qui contiennent des vitamines A et C, semble réduire le risque de cancer de l'estomac.

Une opération de l'estomac

Les cancers de l'estomac se développent plus fréquemment chez les personnes à qui on a enlevé une partie de l'estomac (gastrectomie partielle) afin de traiter une maladie non-cancéreuse comme un ulcère compliqué.
Le risque de cancer de l’estomac continue à augmenter pendant 15 à 20 ans après la chirurgie. Les patients qui ont subi une opération de Billroth II pour un ulcère courent un plus grand risque et doivent être suivi grâce à des fibroscopies régulières.
L’opération pourrait entraîner une prolifération des bactéries dans l’estomac en raison de la diminution de la sécrétion d’acide chlorhydrique. La conséquence de cette diminution serait une production accrue de nitrites. Une autre cause pourrait être l’existence d’un reflux de bile vers l'estomac.

Les gastrites atrophiques

Les gastrites atrophiques sont associées avec une métaplasie, c'est-à-dire la transformation du tissu normal de l'estomac en un autre tissu, de type intestinal. Ce phénomène représente une prédisposition à développer un cancer de l’estomac.
Il existe deux types principaux de gastrite atrophique.

  • La gastrite de type A affecte les glandes fundiques et progresse à mesure que les gens vieillissent.  Elle est rare et sa distribution dans l’estomac ressemble à celle de l’anémie pernicieuse.
  • La gastrite de type B survient chez les personnes âgées. Elle est prédominante dans les régions du corps et de l’antre de l’estomac où le cancer de l’estomac est fréquent. Elle semble constituer un facteur de risque, principalement pour le cancer gastrique de type intestinal.

L'anémie pernicieuse dite anémie de Biermer

DE QUOI S'AGIT-IL ?

L'anémie pernicieuse ou maladie de Biermer du nom du médecin allemand du 19 ème siècle qui l'a décrit, est due à une carence profonde en vitamine B12, secondaire à la destruction des glandes de la partie haute de l'estomac (atrophie fundique) qui sécrètent l'acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque.

SA PATHOGÉNIE

Le facteur intrinsèque

Il est appelé aussi facteur de Castle du nom de son découvreur William Bosworth Castle (1897 - 1990 médecin et physiologiste américain) est une glycoprotéine sécrétée par les cellules pariétales de l'estomac. Il est indispensable à l'absorption de la vitamine B12 apportée par l'alimentation. Les conséquences d’une carence en facteur intrinsèque sont une anémie avec augmentation de la taille des globules rouges d’où le nom d’anémie mégaloblastique.

Une maladie auto-immune...

La maladie de Biermer est considérée comme l'aboutissement d'un processus auto-immun (gastrite de type A) conduisant à une gastrite atrophique limitée au fundus avec achlorhydrie résistante à la stimulation, effondrement des débits de facteur intrinsèque et malabsorption de la vitamine B12 corrigée par l'adjonction de facteur intrinsèque.
Les anticorps anti-facteur intrinsèque sont souvent présents.

LA MALADIE...

Comment se manifeste-t-elle ?

Cette maladie affecte les personnes âgées de plus de 60 ans et n'est pas rare ; certaines estimations montrent qu'elle pourrait affecter 2 % de la population générale.
Cette anémie est réversible sous traitement approprié. Le traitement standard consiste en l'injection mensuelle intramusculaire de 100 µg de vitamine B12. En l'absence de traitement, des complications peuvent apparaître, dont les plus sérieuses sont une neuropathie périphérique et des troubles liés à des lésions de la moelle et du cervelet.

Quel est le rapport avec le cancer gastrique ?

Cette maladie est classiquement associée avec une augmentation du risque de cancer de l'estomac. En fait, l’augmentation du risque de cancer de l’estomac est probablement faible et ne justifie pas un dépistage intensif par endoscopie.

La gastropathie hypertrophique

La maladie de Ménétrier du nom du médecin français, Pierre-Eugène Ménétrier (1859 - 1935),  est caractérisée par la présence de larges plis à l'intérieur de l'estomac. Cette anomalie est associée à des modifications de la paroi de l'estomac et à une diminution de la production d'acide chlorhydrique.
Elle se manifeste par une exsudation protéique par la muqueuse de l'estomac, conduisant à une baisse du taux de protéines (hypoprotéinémie) avec amaigrissement et œdèmes des membres inférieurs. Elle peut se compliquer d'hémorragies et de cancers.
Cette maladie étant très rare, le risque exact de développer un cancer de l'estomac n'est pas précisément connu.

 

L’œsophage "de Barrett"

C’est un revêtement anormal de la partie inférieure de l’œsophage qui se voit chez les sujets présentant un reflux ou un œsophage court ou endobrachyoesophage.

Ce tissu, un épithélium, est constitué de cellules cylindriques. C’est un précurseur confirmé du cancer de l’œsophage. Les chercheurs sont de plus en plus portés à croire que l’existence de ce type d’épithélium peut prédisposer à l’adénocarcinome du cardia gastrique.

@ Pour en savoir plus : RGO

La découverte de polypes de l'estomac

Les polypes sont de petites excroissances, en forme de champignon, situés sur la surface de la paroi de l'estomac. Il existe deux types principaux de polypes gastriques : les polypes hyperplasiques et les polypes adénomateux. 

  • Les polypes hyperplasiques sont les plus fréquents. Ils sont de petite taille, souvent multiples, et ne deviennent pas cancéreux.
  • Les polypes adénomateux sont rares. Ils mesurent habituellement plus de 2 cm de diamètre. Ce sont des états précancéreux. Dans certains cas, on peut observer des zones cancéreuses au moment de leur détection. Il est recommandé d’en faire l’excision endoscopique ou chirurgicale.

LE VIRUS D'EPSTEIN-BARR (EBV)

C’est un virus de la famille des virus de l’herpès (Herpesviridae). Les infections dues à ce virus sont communes et le plus souvent bénignes, comme la mononucléose infectieuse (MNI).
Des chercheurs néerlandais ont récemment mis en évidence la présence de virus dans certaines formes histologiques de la maladie.

Les autres facteurs de risque

L'abus de tabac et d'alcool augmente le risque de cancer de l'estomac, surtout au niveau du cardia (la partie haute de l'estomac, près de l'œsophage).
Il en va de même pour la consommation de thé vert.
La prise régulière d’aspirine ou d’anti-inflammatoires (AINS) pourrait, à l’opposé, diminuer le risque de cancer de la partie distale de l’estomac.

Certaines maladies sont considérées comme des état précancéreux...

  • La gastrite atrophique
  • L'anémie pernicieuse de Biermer
  • L'infection chronique par Helicobacter pylori
  • La présence de polypes de l’estomac
  • Un reflux avec muqueuse de Barrett
  • Les suites d'une ablation d’une partie de l’estomac (gastrectomie partielle)

Mise à jour

27 août 2016