Le bilan pré-thérapeutique

Les recommandations actuelles

LA TUMEUR N'EST PAS PALPABLE

Le plus souvent, aucun bilan d’extension n’est fait avant la chirurgie.
Après la chirurgie, en cas de carcinome canalaire in situ (Ccis) aucun bilan n’est réalisé.
En cas de carcinome canalaire infiltrant, le bilan d’extension sera fonction des paramètres pronostiques histologiques et biologiques.


LA TUMEUR EST PALPABLE

C'est une T < 3 cm


Si elle mesure moins de 3 cm (T1 et T2) , on vous demandera une simple radiographie pulmonaire.

Dans les autres cas

Pour les tumeurs de plus de 3 cm ou localement évoluées ou inflammatoires ou associées à des adénopathies axillaires fixées, un bilan d’extension complet se justifie.
Le bilan de première intention peut reposer sur l’une des trois options suivantes :

  • Radiographie de thorax, échographie abdominale et scintigraphie osseuse;
  • TDM thoracoabdominale et scintigraphie osseuse;
  • TEP-TDM au 18FDG

D'AUTRES BILANS...

Standard pré-opératoire

Il est alors effectué avant de débuter tout traitement et  il comprend, les dosages suivants :

  • Un hémogramme (NFS)
  • Un bilan hépatique comprenant le dosage des phosphatases alcalines, gamma GT, des 5' nucléotidases
  • Un ionogramme sanguin, comprenant, en particulier la calcémie

Les marqueurs tumoraux

C’est, à cette occasion, qu’un dosage de ces marqueurs tumoraux, comme le «CA15-3», pourra être demandé ou plus rarement l’ACE.

Je n’ai pas de prise de sang à faire….

Votre médecin ne vous prescrira pas systématiquement des prises de sang, lors de la première consultation. Elles seront demandées selon les résultats des autres examens, clinique, radiologique et surtout anatomo-pathologique et en fonction des traitements envisagés. 

Les nouveaux biomarqueurs tissulaires

LES NOUVEAUX OUTILS

Le principe...

Grâce aux études portant sur le génome des tumeurs du sein, deux types d'examens complémentaires ont été développés

  • Une nouvelle classification des tumeurs (taxonomie), basée non plus sur les caractéristiques histologiques, mais sur l’expression d’un groupe de 500 gènes environ
  • La recherche de "signatures moléculaires" définies par l’expression d’un nombre de gènes plus réduit. La recherche de ces "signatures moléculaires" a pour objectif de mieux préciser  le risque de rechute  de la maladie et de prédire l’efficacité probable d’un traitement

LES TESTS VALIDÉS

Trois outils évaluant les "signatures moléculaires" sont déjà déjà commercialisées l'uPA/PAI-1, le Mammaprint ® et l'Oncotype DX ® qui n’ont pas opté pour une utilisation brevetée, mais pour une lecture des tests centralisée dans leurs locaux.

Le Mammaprint™

La technique
Elle fait fait appel aux puces à ADNc. Elle est validée par les autorités de santé aux États-Unis et en Europe. Il n'est pas encore pris en charge par l'Assurance Maladie.

Les gènes analysés
Avec cette méthode, 70 gènes sont évalués par 3 sondes pour chaque gène. Ils s'agit de gène dédiés et de gènes d’intérêts.

En pratique...
L'analyse se fait sur du tissu frais congelé, ce qui implique que le test soit décidé avant l'intervention.
Les échantillons sont analysé par un laboratoire spécialisé à Amsterdam et les résultats sont disponibles dans les 10 jours.

Son intérêt
C'est un test pronostic qui permet de classer les tumeurs en haut et bas risque de récidive. En pratique, il permet de préciser les indications des traitements adjuvants.

L'Oncotype DX™

La technique
C'est un test génomique qui fait appel à la technique RT-PCR (Real Time, Reverse-Transcriptase-Polymerase- Chain-Reaction) .

Ce test est validé par les autorités de santé aux États-Unis et en Europe.

Les gènes analysés
Il permet de rechercher 16 gènes d'intérêt : Ki67, STK15, SURVIVIN,CCNB1, MYBL2, MMP11, CTSL2,HER2, GRB7, GSTM1, CD68, BAG1, ER, PGR, BCL2, SCUBE2 et 5 gènes « témoins » de référence,  ACTB, GAPDH, RPLPO, GUS, TFRC ) pour déterminer les trois niveaux de risque de rechute de la maladie.

En pratique...

Le test nécessite du tissu tumoral fixé dans un bloc de paraffine et peut donc être réalisé a posteriori.
La lecture est centralisée à Redwood aux États-Unis

Son intérêt
C'est un test pronostic. Il donne une valeur de Recurrence Score (RS) qui correspond à un niveau de risque de rechute pour chaque tumeur analysée : risque bas, intermédiaire ou haut.
 Il est indiqué chez les patientes ayant un cancer du sein de stade précoce ER +, HER2 -, sans envahissement ganglionnaire et permet d'affiner la stratégie thérapeutique à mettre en œuvre.

uPA/PAI-1

uPA et son inhibiteur PAI-1 sont des enzymes protéolytiques qui jouent un rôle important dans la dégradation du tissu de soutien conjonctif et la régulation des protéines d’adhésion impliquées dans la liaison entre la tumeur et son tissu de soutien et la migration des cellules tumorales.
L'uPA et le PAI-1 sont mesurés par une méthode dite Elisa sur des échantillons de tissus congelés.
Le test est homologué aux États-Unis pour classifier les patientes pN0.

CE QU'IL FAUT EN ATTENDRE...

Dans tous les pays où les tests génomiques sont réalisés, on assiste à une modification du plan de traitement initialement prévu dans 30 à 35 % des cas. Parfois vers l’escalade : une chimiothérapie s’impose là où l’analyse des données anatomo-cliniques usuelles auraient conduit à une prise en charge sans chimiothérapie. Le plus souvent vers la désescalade, avec une abstention de traitement.

Sur ces bases, on peut raisonnablement estimer que chaque année, en France, 5000 à 7000 femmes pourraient éviter une chimiothérapie inutile et que 2000 à 3000 recevraient un traitement qui pourrait les sauver.

Mise à jour

4 décembre 2018