Selon le stade

Les traitements immédiats

LES OPTIONS

Les différentes options pour un traitement curatif, donnent les mêmes résultats carcinologiques à long terme après prostatectomie totale, radiothérapie externe ou curiethérapie interstitielle. 

  • La prostatectomie radicale, à ciel ouvert ou par laparoscopique demeure le traitement de référence chez l’homme de moins de 70 ans
  • La radiothérapie externe
  • La curiethérapie interstitielle
  • Les ultrasons Focalisés (HIFU) est une option en cours d'évaluation


LE POUR ET LE CONTRE

L’efficacité relative des techniques (hors HIFU)


L’arbre décisionnel a été récemment précisé par une étude comparant l’efficacité relative de la chirurgie, de radiothérapie et de l’hormonothérapie. L’échec biochimique était défini par 3 élévations du PSA à 3 mois :

  • Risque faible de récidive : pas de différence entre les techniques
  • Risque intermédiaire et élevé de récidive : augmentation du risque d’échec pour la radiothérapie et l’hormonothérapie par rapport à la chirurgie


La tolérance des trois techniques


Les principaux effets secondaires des traitements curatifs à 1 an, relevés dans les essais thérapeutiques publiés, sont présentés dans le tableau ci-dessous :

Les traitements différés...

DÉFINITION

C'est une option dans certains cas pour la prise en charge de certains cancers asymptomatiques
Les oncologues distinguent deux types d'approches, la surveillance active et l'abstention surveillance clinique, parfois désignée sous son terme anglais watchfull waiting .

LES DEUX MODALITÉS

La surveillance avec traitement différé  (surveillance active) 

Elle consiste à ne débuter un traitement curatif qu’en présence de signes d’évolution du cancer. Elle permet de retarder les traitements locaux, comme la chirurgie ou la radiothérapie.

Elle s’adresse aux hommes âgés de 50 à 80 ans pour des tumeurs T1 ou T2 si le score de Gleason est inférieur à 7 et le PSA < 15 ng/ml (groupe à faible risque de d'Amico).

Ceci implique des contraintes fortes et un suivi régulier et rigoureux par l'urologue avec :

  • La recherche de signes cliniques d’évolution comme un modification de l’aspect de la prostate au toucher rectal
  • Des dosages répétés du PSA impliquant la mesure du temps de doublement (PSADT)
  • Des biopsies prostatiques répétées le suivi sur le nombre de biopsies positives, le score de Gleason, la longueur de tissu tumoral
  • Parfois, une IRM 

La fréquence du suivi est définie par l'équipe de soins spécialisée.
Tout signe clinique ou biologique évocateur d’une progression de la maladie, avec en particulier une modification du niveau de risque, tel que défini par la classification de D’Amico, doit amener à discuter de la nécessité d’instaurer un traitement.

L'abstention surveillance clinique, watchfull waiting

Cette option consiste à différer la mise en route de l'hormonothérapie au moment où apparaîtront des symptômes.
Elle se discute en cas de tumeur localisée (T1-T2) de risque faible ou intermédiaire, non agressive chez un patient âgé ou présentant par d'autres problèmes de santé et dont l'espérance de vie estimée est inférieure à 10 ans.
Une étude récemment publiée par le NEJM (2018) n'est pas en faveur de cette option en termes de survie globale.

Les cancers localisés de la prostate, un contexte particulier...

LE CONTEXTE

Le traitement du carcinome de la prostate localisé ou métastatique est un sujet très controversé car son évolution spontanée est plus lente, que la plupart des autres tumeurs. En outre, il est généralement diagnostiqué chez des patients, âgés entre 65 et 70 ans. 

LES DONNÉES ACTUELLES

Le cancer de la prostate affecte peu la survie...


Les études scandinaves menées avant l'utilisation du PSA avaient montré la longue survie de cancers de la prostate localisés non opérés, 81 % à 15 ans et 54 % à 21 ans.
Plus récemment, une étude américaine a suivi pendant dix ans 15 000 hommes d’âge moyen de 78 ans avec un cancer de la prostate localisé, dont 31 % après un dépistage et n’ayant pas eu de traitement initial. La mortalité par cancer de la prostate à 10 ans est, en cas de cancer bien ou moyennement différencié, de 8 et de 9 % mais de 25 % si le cancer est  indifférencié. Pour ces patients, il n’y a eu que 1,6 % de chimiothérapies et 0,9 % d’interventions chirurgicales majeures pour compression spinale.

Le bénéfice en valeur absolue du traitement dépend surtout du caractère plus ou moins différencié du cancer...

Dans un essai comparant la prostatectomie radicale à la simple surveillance, le bénéfice de la chirurgie sur les métastases et la mortalité n’apparait qu’au bout de 10 ans et presque uniquement quand il existe une extension extracapsulaire initiale. Il est considéré comme incertain, après 65 ans...

Le traitement des cancers localisés de la prostate

A FAIBLE RISQUE ÉVOLUTIF

Le traitement relève habituellement de la surveillance active ou d’un traitement curatif (prostatectomie, radiothérapie externe ou curiethérapie interstitielle) qui donnent les mêmes résultats à long terme.
L’HIFU et la cryothérapie sont en cours d’évaluation dans le cadre de thérapies focales.

A RISQUE INTERMÉDIAIRE

La prostatectomie totale avec préservation des bandelettes (BVN)

C'est un des traitements de référence des formes localisées de la maladie pour les patients ayant une espérance de vie supérieure à 10 ans.
Dans la plupart des cas les bandelettes peuvent être préservées en absence de franchissement capsulaire sur l’IRM. Un curage ganglionnaire est réalisé lorsqu'il y a un risque d’envahissement ganglionnaire (4 à 20 %).

la radiothérapie externe

C'est aussi un standard thérapeutique. Ce peut être le seul traitement dans certains cas.7 La dose est de 74 à 78 Gy seule ou associée à une suppression androgénique courte (4-6 mois).

La curiethérapie exclusive à bas débit de dose

Elle peut être indiquée chez les patients du groupe intermédiaire s’ils n’ont qu’un facteur de mauvais pronostique : PSA ≤ 15 ng/ml ou Gleason 7 (3 + 4).

A HAUT RISQUE

Dans ce cas, il n’y a plus de seuil d’espérance de vie défini pour proposer un traitement à visée curative.

Radio-hormonothérapie

Si le traitement local est la radiothérapie, une hormonothérapie sera associée car l’hormono-radiothérapie est supérieure à la radiothérapie exclusive sur le contrôle local, le contrôle biochimique (PSA), l’apparition de métastases et la survie globale à 10 ans.

Traitement chirurgical

Une prostatectomie totale peut être réalisée chez certains patients dont le bilan d’extension est négatif. Dans ce cas, un curage ganglionnaire étendu et une ablation large de la prostate doivent être réalisés. L’objectif de la chirurgie est une exérèse en marges saines.
En cas de chirurgie d’exérèse complète, le PSA doit être indétectable 6 semaines après l'intervention.

Hormonothérapie seule

L’hormonothérapie seule est inférieure à la radio-hormonothérapie sur le contrôle biologique, la survie sans métastase et la survie globale.

Risque de rechute en fonction du stade clinique, du score de Gleason et du PSA

Risque de rechuteFaible risqueRisque intermédiaireHaut risque
Stade clinique ≤ T2a T2b T2c-T3a
Score de Gleason et ≤ 7 ou 7 ou > 7
PSA (ng/ml) et < 10 ng/ml ou 10 < PSA < 20 ng/ml ou > 20 ng/ml

Les traitements pour les cancers avancés de la prostate

AU STADE III

Le contexte

Ce stade regroupe un ensemble de tumeurs aux risques évolutifs différents où interviennent le score histo-pronostique et le PSA initial. Les propositions thérapeutiques qui pourront vous être faites dépendent des facteurs suivants :

  • Votre âge et votre espérance de vie
  • L'existence d’éventuelles maladies associées
  • De l’existence de complications possibles, pouvant affecter votre qualité de vie
  • De l’évolution de la maladie

Pour aider le choix thérapeutique, certains auteurs identifient trois catégories de risque de progression, à haut risque (pT3b et/ou N1 et/ou Gleason > 7), à risque modéré (pT3a, N0 avec marges positives et Gleason < 7) et à faible risque (pT3a, N0 avec marges négatives et Gleason ≤ 7)

Les options

Il existe plusieurs options non exclusives :

  • Une surveillance avec traitement hormonal différé
  • Une prostatectomie radicale, surtout si votre tumeur à un score de Gleason < 7 et votre PSA n’est pas trop élevé. L’opération sera suivie ou non, d’un traitement adjuvant, radiothérapie ou hormonothérapie. Il existe un consensus pour recommander un traitement adjuvant pour le groupe à haut risque.
  • L’hormono-radiothérapie comprend une radiothérapie externe complétée par un traitement hormonal adjuvant,
  • Un traitement hormonal de première ligne, surtout si vous êtes N+ et symptomatique


Si vous êtes N+


Il n’y a pas de traitement standard, c’est-à-dire que la prise en charge thérapeutique de votre maladie sera individualisée.
Vous avez moins de 75 ans, en bon état général, on peut envisager une prostatectomie totale avec une lymphadénectomie, une radiothérapie avec lymphadénectomie par voie laparoscopique.
Dans les autres cas, les options sont une surveillance avec un traitement différé, si vous n’avez pas de symptômes, un traitement actif par radiothérapie prostatique et ganglionnaire pelvienne associée à une hormonothérapie, sans lymphadénectomie préalable ou une hormonothérapie exclusive et immédiate

AU STADE IV

Des progrès significatifs...

A ce stade, on peut vous pouvez encore bénéficier d’approches thérapeutiques variées, hormonales, cytotoxiques, immunologiques ou de radiothérapie métabolique. Toutes ces options ont montré des bénéfices en termes de survie globale.
De plus, de nouveaux traitements ont été mis au point pour diminuer les complications des métastases osseuses.

Le traitement de première ligne

Il vise à la suppression des androgènes, soit par castration chirurgicale ou pulpectomie, soit par administration mensuelle d'agonistes de la LH-RH. On associe souvent un anti-androgène non stéroïdien pour inhiber les effets des androgènes d'origine surrénalienne avec des durées de rémission plus courtes. Le taux de réponse est d'environ 70 %. La durée médiane des réponses est de 12 mois à 24 mois.
Une autre alternative est l'utilisation de l'acétate de cyprotérone ou Androcur™.

Le traitement de seconde ligne

Après échappement à une première ligne d'hormonothérapie, les réponses à une seconde ligne sont de moins de 20 % et les durées de réponse courtes (médiane 6-8 mois).

De ce fait c'est une indication à la chimiothérapie.

  • L’estramustine (Estracyt™) active par voie orale est prescrite à la dose de deux gélules à prendre après le petit déjeuner et le dîner.
  • La mitoxantrone (Novantrone™) est un médicament injectable. Il est prescrit en association avec un corticoïde, la prédnisone. Ce protocole est, en général bien toléré, même chez les personnes âgées.
  • Le docétaxel (Taxotère™) en association à la prédnisone ou à la prédnisolone est prescrit soit toutes les semaines, soit toutes les trois semaines. 

Les nouvelles options...

L’acétate d’abiratérone, l’enzalutamide et le cabazitaxel ont été agréés après le docétaxel.
Trois traitements, avec également un gain en survie globale, ont aussi été approuvés avant le docétaxel :

  • Le sipuleucel-T (Provenge) non disponible en Europe
  • L’acétate d’abiratérone
  • L’enzalutamide.

 L’alpharadin (radium-223), est indiqué à la fois des patients n’ayant pas reçu de chimiothérapie et des patients prétraités par docétaxel.

Les lignes de traitement pour les formes avancées

1ère ligne2ème ligne3ème ligne
Orchidectomie 
Agonistes LH-RH ± anti-androgènes
Agonistes LH-RH + Corticoïdes 
Kétoconazole à forte dose 
Chimiothérapie
Agonistes LH-RH + Estrogènes 
Chimiothérapie

Le traitement en fonction du statut hormonal

LE CANCER EST HORMONO-SENSIBLE

Votre urologue pourra vous proposer différentes options de traitement.

  • Une castration chirurgicale ou chimique
  • Un blocage androgénique complet (BAC) qui associe une castration et un traitement par un anti-androgène (biclatumide, flutamide ou nilutamide) qui a comme intérêt théorique de bloquer la sécrétion d’androgènes d’origine testiculaire par la castration et ceux d’origine surrénalienne, par l’antiandrogène.
  • L’utilisation d’un antiandrogène de type stéroïdien, comme l’acétate de cyprotérone (Androcur™) qui n’est pas associée à des bouffées de chaleur


Le traitement hormonal peut être intermittent, en fonction de l’évolution de votre PSA ou différé, si vous n’avez aucun symptôme ou si votre état général est faible.
Il peut, dans certains cas, être associé à une radiothérapie avec des résultats réels.
 

LE CANCER EST HORMONO-RÉSISTANT (RÉSISTANCE A LA CASTRATION)

Les manipulations hormonales

L’ajout d’un anti-androgène à une castration seule permet d’obtenir une réponse objective ou subjective dans 25 à 50 % des cas.
Le retrait des anti-androgènes en cas de blocage androgénique complet permet d’obtenir dans 15 à 30 % des cas une baisse du PSA. L’effet paradoxal des anti-androgènes est expliqué par l’apparition d’une amplification d’une mutation du gène du récepteur aux androgènes dans les cellules cancéreuses au cours de la progression de la maladie.
Le changement d’antiandrogène, comme l’utilisation du bicalutamide après un traitement par le flutamide ou le nilutamide peut être associé à une réponse thérapeutique. Cependant, les anti-androgènes sont généralement moins efficaces.

Une hormonothérapie de seconde ligne

Les œstrogènes ou le kétoconazole donnent des améliorations subjectives dans 20 - 50 % des cas, et parfois des réponses objectives.
Un traitement par Distilbène™ à la dose quotidienne de 1 mg en monothérapie peut entraîner une baisse de 40 % du taux du PSA. De plus, cette thérapeutique aurait un effet protecteur de la résorption osseuse (ostéoporose).
Le kétoconazole (Nizoral™), à dose élevée de 1200 mg par jour, en association avec l’hydrocortisone permet d’obtenir une baisse du PSA dans plus de 60 % des cas.

Les antiœstrogènes


Le tamoxifène, médicament utilisé dans le traitement du cancer du sein est parfois proposé à la dose de 160 à 200 mg par jour.


Les inhibiteurs des androgènes surrénaliens

Les corticoïdes seuls, comme la prédnisone, l’hydrocortisone et la dexaméthasone permettent d’obtenir des améliorations des symptômes et une baisse du PSA dans plus de 20 % des cas.

La chimiothérapie

On peut alors vous proposer une chimiothérapie. Plusieurs médicaments peuvent être employés, en fonction de votre état général.
La mitoxantrone à la dose de 12 à 14 mg/m² toutes les trois semaines associée à un corticoïde (prédnisone 10 mg/j ou hydrocortisone 40 mg/j) donne des résultats intéressants.
Le docétaxel (Taxotère™) est utilisé en association avec un corticoïde à la dose de 75 mg/m² toutes les trois semaines. Cette option est plus efficace mais relativement plus toxique.
L’estramustine est un médicament relativement ancien qui est maintenant surtout utilisé en association avec d’autres médicaments de chimiothérapie car cette molécule possède un effet synergique avec les autres traitements.

En cas de récidive...

APRÈS UNE PROSTATECTOMIE RADICALE

Si la récidive de la maladie est locale (PSA >10), une biopsie de l'anastomose chirurgicale est réalisée. Si elle contient des cellules tumorales, une radiothérapie vous sera proposée.
S’il existe une récidive à distance, une hormonothérapie de première ligne, par déprivation androgénique complète vous sera proposée.

APRÈS UNE RADIOTHÉRAPIE ASSOCIÉE OU NON À UNE HORMONOTHÉRAPIE

S’il s’agit d’une récidive locale, dans certains cas une prostatectomie radicale peut être discutée.
S’il s’agit d’une récidive à distance, une hormonothérapie est instaurée.

APRÈS ÉCHEC D’UNE HORMONOTHÉRAPIE

Les options disponibles sont alors :

  • La chimiothérapie par taxanes (docétaxel et cabazitaxel)
  • Les hormonothérapies de nouvelle génération (enzalutamide et abiraterone)
  • L’émetteur alpha-Radium-223


L'arrêt de l'hormonothérapie (syndrome de retrait)


La plupart des spécialistes préconisent un arrêt du traitement hormonal, suivi d’un nouveau dosage des PSA.
Environ un tiers des patients peut présenter à l’arrêt de l’anti-androgène une baisse de plus de 50 % du PSA avec une durée médiane de 4 mois.

Quand il existe une mutation du récepteur androgénique

Cette mutation aboutit paradoxalement à ce que la tumeur soit stimuler par l'antiandrogène, ce qui implique de toujours vérifier la réalité de l'hormon-résistance. Ceci est obtenu en contrôlant que le taux de testostérone est bien inférieur à 0.5.
Si le taux de testostérone n'est pas inférieur à 0,5, il faut compléter la privation androgénique par une pulpectomie.
Si la testostérone est inférieure à 0,5, une nouvelle ligne d’hormonothérapie est une solution possible. Dans ce cas, le traitement comprend du fosfestrol (ST 52™). Il peut être administré par voie orale (300 à 600 mg/jour) ou par voie intraveineuse (1 à 2 g/jour). Il provoque alors un abaissement rapide de la testostérone.

Les hormonothérapies de seconde génération : enzalutamide et le Zytiga ( d'abiratérone)  

L' abiratérone est actif par voie orale. C'est un inhibiteur réversible de deux enzymes, la C17 alpha-hydroxylase (CYP17) et de la C(17,20)-lyase, enzymes impliquées dans la synthèse des androgènes par le testicule, les glandes surrénales et la prostate.
En raison de son mode d'action, cet inhibiteur est spécifique n'entraîne pas d'insuffisance surrénalienne et respecte la voie des glucocorticoïdes.
Il actif par voie orale et la dose quotidienne serait de 1 g en association avec 10 mg de prednisone.
Il est indiqué en association avec la prednisone ou la prednisolone dans le traitement du cancer métastatique de la prostate résistant à la castration chez les hommes adultes dont la maladie a progressé pendant ou après une chimiothérapie à base de docétaxel.
La dose recommandée est de 1 000 mg (4 comprimés de 250 mg) en 1 seule prise quotidienne.

Les autres options

Une chimiothérapie peut être proposée.
A ce stade, la participation à un essai thérapeutique peut être envisagée.

APRÈS ÉCHEC DU DOCETAXEL

Plusieurs choix sont possibles :

  • Les hormonothérapies de seconde génération (enzalutamide et abiraérone)
  • Une chimiothérapie de deuxième ligne par cabazitaxel
  • Une radiothérapie métabolique par l’alpharadin.

Le traitement actuel ne contrôle plus votre maladie …

LES OPTIONS DÉPENDENT DES SYMPTÔMES QUE VOUS RESSENTEZ…

Une intervention

Si vous avez des difficultés pour uriner (troubles mictionnels), une résection endoscopique de prostate est une option qui vous soulagera rapidement. Si ces troubles urinaires ont entraîné une dilatation des cavités rénales (hydronéphrose), un drainage des urines associé ou non à une dérivation des uretères est une bonne option pour vous soulager.

Une chimiothérapie de rattrapage

On peut, enfin, vous proposer un traitement de chimiothérapie car des travaux récents semblent montrer l'intérêt des taxanes (Taxol™ ou Taxotère™) pour ce type de situation.
A ce stade, la participation à un essai thérapeutique peut, aussi, être envisagée.

VOUS AVEZ DES DOULEURS OSSEUSES

Plus de 80 % des patients présentant un cancer de prostate hormono-résistant ont des métastases osseuses.
En cas de métastases osseuses douloureuses, une radiothérapie sur les lésions est une option. Si elles se compliquent de fractures osseuses, une chirurgie orthopédique peut vous améliorer, en particulier sur le plan fonctionnel.


Les bisphosphonates

C'est une famille de médicaments utilisés pour lutter contre l'ostéoporose qui affaiblit les os et augmente le risque de fractures spontanées.
De plus, ces médicaments sont très utilisés en cancérologie car ils améliorent les douleurs osseuses conséquences des métastases osseuses. Ces médicaments réduisent les altérations osseuses dues au cancer et diminuent également le risque de fractures pathologiques et/ou de compression médullaire. De plus, selon certaines études, ils pourraient, aussi, avoir un effet bénéfique sur le cours de la maladie.
De nombreuses molécules sont actives et commercialisées pour le traitement ou la prévention de l'ostéoporose mais seul le zolédronate, prescrit pendant deux ans à 4 mg IV toutes les trois semaines, a montré son intérêt en diminuant la survenue d’événements osseux. Ce traitement implique une surveillance dentaire en raison d'un risque, minime, de fracture mandibulaire.

Le Xgeva™ (denosumab)

C'est une nouvelle option thérapeutique.
C'est un anticorps monoclonal humain (IgG2), inhibiteur de la résorption osseuse actif par voie injectable, sous-cutanée (SC).
Il est indiqué dans la prévention des complications osseuses (fractures pathologiques, irradiation osseuse, compression médullaire ou chirurgie osseuse) chez des patients adultes atteints de tumeurs solides présentant des métastases osseuses.
La posologie recommandée est de 120 mg administrés par voie sous-cutanée, une fois toutes les 4 semaines avec une supplémentation apportant au moins 500 mg de calcium et 400 UI de vitamine D.

Une radiothérapie métabolique

Il existe trois options.

  • Le chlorure de strontium-89 (89SrCl - Métastron™) est un émetteur de rayons bêta
  • Le samarium-153 (153Sm-EDTMP - Quadramet™) est un émetteur mixte de rayons bêta et gamma. La dose usuelle est de 37 MBq/kg  
  • Le radium 223 ( Xofigo™), récemment homologué, est un émetteur de particules alpha

Dans ces deux cas, l'utilisation de corticoïdes ou d'antalgiques peut s'avérer nécessaire, en fonction de la symptomatologie.

Une chimiothérapie

Un protocole de chimiothérapie est un option. Il s'agit, dans le cas général, d' une association, du type, 
LOHP + 5FU ou Taxol™ ou Taxotère™ + corticoïde.
À ce stade d'évolution de la maladie, la participation à un essai thérapeutique peut être une option à ne pas négliger.

Effets secondaires possibles des différents traitements

TechniquesIncontinence urinaireAutres troubles urinairesTroubles de l'érectionAbsence d’éjaculationTroubles digestifs
Prostatectomie 10 % - 70 % 100 % -
Radiothérapie externe < 5 % 3 - 36 % 40 - 60 % - 1 - 36 %
Curiethérapie < 5 % 0 – 18 % 10 % - 5 - 19

Vous avez des symptômes et vous n’avez pas été opéré…

Pour améliorer les symptômes urinaires, on peut vous proposer une résection endo-urétrale de prostate.
En cas de retentissement rénal de la maladie, on peut envisager une dérivation urinaire (sonde JJ, néphrostomie, montage de type Bricker) – pour les techniques voir « Traitement du cancer de la vessie ».
Pour contrôler la maladie, les options suivantes peuvent être envisagées :

  • Un traitement hormonal de première ligne consistant en une castration médicale ou chirurgicale.
  • Une chimiothérapie.

Si vous avez des douleurs osseuses en rapport avec une dissémination de la maladie, différentes options peuvent vous êtes proposées :

  • Un traitement hormonal,
  • Une radiothérapie antalgique osseuse, ou une irradiation osseuse métabolique,
  • Des médicaments contre la douleur.

Les options en cas de rechute..

Première ligne

  • En cas de blocage androgénique complet avec un anti-androgène de première génération, celui-ci doit être arrêté.
  • Il n’existe pas de facteur prédictif pour choisir le traitement entre une hormonothérapie de seconde génération et une chimiothérapie.
  • Si vous êtes peu ou pas symptomatiques, sans métastase viscérale, une hormonothérapie de seconde génération est préconisée
  • En cas de tumeur indifférenciée, neuroendocrine, de métastases viscérales ou osseuses très symptomatiques, d’un échappement rapide après hormonothérapie initiale (inférieur à un an) une chimiothérapie est préconisée si l’âge et l’état général le permettent.

Seconde ligne en tenant compte des résistances croisées entre abiraterone et enzalutamide

  • De préférence une chimiothérapie si la première ligne de traitement était une hormonothérapie de seconde génération, si votre état général l'autorise
  • Après docétaxel, l’acétate d’abiraterone et l’enzalutamide sont des options qui ont montré un bénéfice en survie globale.
  • En cas de progression après docétaxel, la chimiothérapie de deuxième ligne est le cabazitaxel.
  • En cas de métastases osseuses exclusives, le radium Ra223 est une option avant ou après docétaxel.

Impact du cancer de la prostate sur l'espérance de vie

Espérance de vie, en années, à l'âge de60 ans70 ans75 ans
Population générale 15,8 12,7 10
Cancer prostatique 10,6 8,2 6,2
Gleason 2-4 16,1 13 10,2
Gleason 5-7 11,3 8,8 6,7
Gleason 8-10 7,9 5,9 4,4

En résumé...

StadesOptions thérapeutiques
Tumeur localisée à faible risque

Traitement immédiat : 

  • Prostatectomie (+/- curage ganglionnaire) ou Radiothérapie externe ou Curiethérapie 

Traitement différé en cas de tumeur asymptomatique :

  • « surveillance active » ou « abstention surveillance clinique »
Tumeur localisée à risque intermédiaire

Traitement immédiat : 

  • Prostatectomie (curage ganglionnaire) ou Radiothérapie externe (+/- hormonothérapie) ou Curiethérapie (rarement) 

Traitement différé pour les tumeurs asymptomatiques :

  • « Abstention surveillance clinique »
Tumeur localisée à haut risque Prostatectomie totale (curage ganglionnaire)  ou Radiothérapie externe avec curage ganglionnaire en association à une hormonothérapie prolongée (2-3 ans)
Tumeur Tumeur localement avancée (stades T3b-T4) Radiothérapie externe avec curage ganglionnaire en association à une hormonothérapie prolongée (2-3 ans)
Tumeur avec métastases (N+/M+) Hormonothérapie (avec radiothérapie pelvi-prostatique si N+, M0) ou Chimiothérapie en cas de résistance au traitement hormonal

Mise à jour

9 décembre 2018