Les différents formes

70 % des cas, un cancer de type épidermoïde...

LES ÉPITHÉLIUMS

Définition

Un épithélium est formé de cellules jointives, juxtaposées, solidaires les unes des autres par des systèmes de jonction et séparées du tissu conjonctif sous-jacent par une lame basale.
Les systèmes de jonction permettent notamment la cohésion des cellules entre elles ainsi que la cohésion des cellules avec les constituants de la matrice extracellulaire sous-jacente.

Le tissu siège du cancer du col…

Plus des deux tiers des cancers du col de l’utérus se développent à partir de l’épithélium stratifié pavimenteux non kératinisé (malpighien) à la jonction de l’exocol et de l’endocol.

LES CANCERS NON INVASIFS

Les néoplasies cervicales intra-épithéliales (CIN)

Les CIN se développent sur la zone de transformation du col utérin. Elles sont caractérisées par une désorganisation architecturale et une prolifération de cellules atypiques plus ou moins différenciées.
Les CIN constituent un éventail de lésions qui commence par des modifications mineures, CIN1 et qui progressent vers les CIN2, puis les CIN3.
La sévérité des lésions est évaluée par la hauteur des anomalies cellulaires dans l'épithélium :

  • Extension au tiers inférieur de l'épithélium correspond une CIN1
  • Extension au deux tiers correspond à une CIN2
  • Extension à toute la hauteur de l'épithélium est une CIN3

Les risques de progression et d'évolution vers l'invasion augmentent avec la sévérité des anomalies.
On estime que 1 % des CIN1 et 10 à 15 % des CIN2 vont progresser vers un cancer invasif en l'absence de traitement.
La durée de la progression est très variable. Pour les CIN de haut grade,  CIN2 & CIN3, la durée d'évolution vers l'invasion peut aller de 2 à 20 ans.

LES CANCERS INVASIFS DU COL

Les formes micro-invasives


Dans le carcinome micro-invasif il existe une rupture de la membrane basale et une invasion du tissu de soutien par les cellules malignes.
Le potentiel métastatique de la lésion est encore limité. Il augmente avec l'étendue de la lésion, la profondeur de l'invasion et l'envahissement des espaces vasculaires et lymphatiques.
Dans le cas d'un cancer micro-invasif  IA1, avec une profondeur d'invasion inférieure à 3 mm, le risque d'envahissement ganglionnaire est pratiquement nul.
Dans le cas d'un carcinome micro-invasif  IA2, avec une extension comprise entre 3 et 5 mm de profondeur, le risque d'atteinte ganglionnaire est de l'ordre de 1 à 8 %.

Les formes invasives

Les médecins anatomo-pathologistes définissent 6 différentes sous-classes. L’aspect des cancers invasifs est variable. et sont classifiés en trois grades, selon le degré de différenciation lié à la kératinisation, au pléiomorphisme nucléaire et à l'activité mitotique (nombre de divisions cellulaires).

LES ADÉNOCARCINOMES

UNE FORME PLUS RARE, EN AUGMENTATION ...

Leur fréquence est passée de 5 à 25 % ces dernières années.

L'infection à Papillomavirus est aussi impliquée dans sa pathogénie.

Ces tumeurs se développent à partir des glandes de l’épithélium de l’endocol. Les médecins anatomopathologistes reconnaissent sept différentes sous-classes. 

Les adénocarcinomes de type endométrioïde à cellules claires ou de type séreux sont plus rares.

Le pronostic de cette forme de cancer du col est moins bon que celui des cancers épidermoïdes.  

LA CANCÉRISATION

L’adénocarcinome in situ (ACIS) du col est considéré comme le précurseur de l’adénocarcinome invasif et l’infection à HPV, particulièrement à HPV18, est incriminée dans sa pathogénie.
Elle est précédée par le développement d'atypies glandulaires qui constituent les lésions pré-invasives.

Bien qu'il existe des adénocarcinomes in situ , la notion d'adénocarcinome micro-invasif est contestée.
Contrairement aux cancers épidermoïdes, il n'est pas possible de distinguer les différents stades des atypies glandulaires. Il présente des degrés de différenciation cellulaire et glandulaire divisés en trois grades (1, 2 ou 3).

LES FORMES HISTOLOGIQUES RARES, dans 5 % des cas

Les médecins anatomopathologistes identifient ainsi les carcinomes neuroendocrines, sarcomes, autres carcinomes épithéliaux (adénosquameux, à cellules vitreuses), lymphomes, mélanomes.

Mise à jour

11 janvier 2019