Le suivi médical

Pourquoi et comment ?

LE CONTEXTE

Les traitements lourds de la maladie s’achèvent, vous poussez un « ouf » de soulagement et c’est bien naturel….
Cependant, comme il est impossible d'assurer qu'aucune cellule cancéreuse ne subsiste dans l'organisme après les traitements, même si tous les signes de la maladie ont disparu, le spécialiste parlera de rémission et n'utilisera le terme guérison qu'après 5 à 7 ans de suivi. De ce fait, durant cette période, il est crucial pour vous d'être revu régulièrement en consultation.

La surveillance fait appel à l'examen clinique, les examens de sang et l'imagerie médicale. Elle a pour objectif le diagnostic précoce d'une éventuelle récidive. Elle permet également le diagnostic de seconds cancers, chimio- ou radio-induits. Elle est importante, aussi, pour la recherche et prise en charge de toxicités tardives imputables aux traitements 

LE RISQUE DE RÉCIDIVE

Pour les tumeurs germinales séminomateuses (TGS)

Le risque de récidive est d'environ 15 % et de à 4 % en absence de facteur de risque
S'il y a rechute, elle se fait au bout d'environ 14 mois pour les patients n’ayant pas bénéficié de traitement adjuvant, et d'environ 20 après une cure de chimiothérapie.
Les récidives, dans plus de 90 % des cas, sont le fait d'une atteinte des ganglions rétro-péritonéaux.

Pour les tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS)

Le risque de rechute est d’environ 15 % en l’absence de facteur de risque, de 50 % en cas d’embols vasculaires, abaissé à moins de 3 % après une chimiothérapie.
Le délai médian de rechute est de 4 à 8 mois, selon la présence ou non d’embols vasculaires, et de 12 mois après la chimiothérapie.
Les récidives sont également majoritairement ganglionnaires rétro-péritonéales, mais peuvent également toucher les ganglions médiastinaux ou cervicaux.

Le bilan initial après l'opération

Il est effectué au 3ème mois après la fin du traitement. La stratégie thérapeutique ultérieure dépendra des résultats de ce premier bilan. Schématiquement, il y a deux cas de figure.

La réponse est « complète »

C’est le cas le plus fréquent. La surveillance doit alors être poursuivie de façon standard pendant au moins 5 ans.

La réponse au traitement n'est que partielle

Cela veut dire qu’il existe des masses ganglionnaires résiduelles de plus de 3 cm. Dans ce cas, une seconde intervention chirurgicale peut se révéler être nécessaire. Dans ce cas, si du tissu tumoral est encore présent à l’examen histologique, une chimiothérapie est faite, avec des protocoles dits de « rattrapage ». Ces protocoles permettent de contrôler la maladie dans plus de 98 % des cas.

Les visites de contrôle..

LE CONTEXTE

Dans la majorité des cas, si rechute il y a, elle survient habituellement dans les 12 premiers mois suivant le traitement. Pour ce type de cancer les rechutes tardives sont rares.

LE CALENDRIER

Tout d'abord, les consultations de suivi médical sont programmées tous les 3 mois, la première année, puis tous les 6 mois les trois années suivantes.
Ensuite, elles s'espacent avec le temps.

LE CONTENU

Une consultation de suivi « standard », en plus de l'examen clinique du testicule restant et des aires ganglionnaires, comprend les examens suivants :

  • Un dosage des marqueurs tumoraux, alpha-FP, bêta-HCG, y compris la fraction libre, la LDH
  • Une échographie testiculaire, une fois par an
  • Un scanner abdominal et thoracique
  • Une radiographie pulmonaire.

LA SURVEILLANCE À LONG TERME

Détecter les problèmes possibles...

Les effets secondaires éventuels à long terme des traitement doivent être recherchés systématiquement pour être pris en charge, le cas échéant, le plus tôt possible. Il s'agit principalement :

  • Des seconds cancers
  • Des complications cardiaques
  • Plus rarement, les problèmes pulmonaires, rénaux et neurologiques

En pratique...

Les visites de suivi sont indispensables pendant 5 à 10 ans après le traitement, tous les 6 mois pendant 2 ans, puis tous les ans pendant 5 ans.

Bilan recommandé en cas de maladie évoluée (recommandations de l’European Association of Urology)

 1re et 2e année3e année4e et 5e annéeAprès 5 ans
Examen clinique et marqueurs sériques 4 fois 2 fois 2 fois Surveillance adaptée à chaque patient
Radiographie thoracique 4 fois 2 fois 2 fois  
Scanner abdomino-pelvien ± thoracique en cas de métastases initiales sus-diaphragmatiques 2 fois 1 fois 1 fois  
Scanner cérébral 1 fois 1 fois 1 fois  

 

Quel bilan (recommandations ASCO 2018)

 AvantagesInconvénients
 aFP
demi-vie : 5–7 jours
Sensibilité
Spécificité pour les tumeurs vitellines
Récidives précoces ou infra cliniques
Impact pronostique au diagnostic et évaluation de la réponse thérapeutique
Variations dans la population générale
Risque de faux positifs :
cancers digestifs (pancréas, CHC, estomac)
maladies du foie (alcool, cirrhose, obstruction biliaire, hépatites)
 HCG
demi-vie : 1–3 jours
Sensibilité
Spécificité pour les choriocarcinomes
Impact pronostique au diagnostic et évaluation de la réponse thérapeutique
Risque de faux positifs : marijuana, déficit en testostérone
 LDH Sensibilité
Impact pronostique au diagnostic
Risque de faux positifs (~50 %)
 Scanner
TEP
Évaluation du rétropéritoine
Dépistage des 2nd cancers
Non invasif
Reproductible
Risque de faux positifs (ganglions)
Risque de faux négatifs (sujets maigres)
 Radio des poumons Faible irradiation
Non invasif
Reproductible
Peu spécifique

La recherche d'un second cancer

LE CONTEXTE

Les patients traités pour un cancer du testicule présentent un risque de second cancer supérieur à celui de la population générale. Ce risque global supplémentaire est faible, mais persiste plus de 30 ans après le diagnostic.

Il s’observe actuellement quel que soit le type histologique, le traitement et apparaît plus prononcé pour les patients, dont le diagnostic a été porté à un âge jeune, avant 35 ans.

QUELS CANCERS ?

Du testicule restant...


Après un cancer du testicule, il existe un risque accru de cancer du testicule controlatéral. C’est le risque le plus élevé. Il est estimé de 2 à 3 % durant 15 à 25 ans. C'est pourquoi ou vous encouragera à pratiquer régulièrement l’autopalpation du testicule restant.


D’autres localisations sont possibles, mais avec le risque est très faible...

Les localisations observées sont : la vessie, le rein, la prostate, le poumon, la thyroïde, des localisations gastro-intestinales et surtout les leucémies myéloïdes aiguës.

Faites du sport !

C'est une aide pour la resocialisation. Les meilleurs sports sont la marche et la natation. Ils aideront à reprendre confiance en soi.
Toutes les études confirment  les bienfaits de la reprise d’une activité physique après la fin du traitement, sur les paramètres physiologiques, la composition corporelle, les fonctions physiques et psychologiques et la qualité de vie.

Mise à jour

7 septembre 2019