Les lymphocytes

Le lymphocyte B est responsable de l’immunité humorale...

GÉNÉRALITÉS

Le nombre des lymphocytes B est de l'ordre de 300 millions par litre de sang.
La maturation des lymphocytes B est associée à des modifications des caractéristiques phénotypiques des cellules.
Les cellules B migrent du site précurseur, la moelle osseuse, vers les organes lymphoïdes périphériques, siège de la réponse immune dépendante de l’antigène (humorale).
Au niveau des organes lymphoïdes périphériques, plusieurs populations de lymphocytes B sont identifiées, en fonction de leur rencontre ou non avec un antigène, et de leur niveau de maturation.


PLUSIEURS POPULATIONS

Les lymphocytes B périphériques peuvent être classés en trois familles principales, en fonction de leur degré de maturation.

  • Les lymphocytes B matures "naïfs" se trouvent, avant leur maturation dans le ganglion lymphatique, dans le pré-centre germinatif.
  • Les lymphocytes B matures rencontrent les antigènes dans le ganglion lymphatique. Ils sont retrouvés dans le centre germinatif du ganglion lymphatique, manteau et follicule.
  • Les lymphocytes B matures "ayant rencontré des antigènes" sont localisés dans la zone marginale ou para-folliculaire du ganglion lymphatique (post-centre germinatif). Il s’agit de lymphocytes B mémoires et de plasmocytes.

LEUR MATURATION

Les lymphocytes B ont des fonctions très importantes dans la défense de l'organisme contre les agressions extérieures et notamment la défense contre les infections.

En cas de contact avec un antigène T-dépendant

La rencontre avec un antigène est un événement majeur dans le développement d’un lymphocyte B. Cette rencontre se déroule dans le centre germinatif du ganglion lymphatique et conduit après co-stimulation par le lymphocyte T à deux modifications principales du récepteur B.

  • L’acquisition de mutations somatiques au niveau des régions variables des gènes des immunoglobulines (IgVH)
  • Le switch des immunoglobulines conduisant à l’expression d’immunoglobulines (anticorps) spécifiques de type IgG, IgA ou IgE..

En cas de contact avec un antigène T-indépendant

Les étapes de maturation se produisent en dehors des centres germinatifs du ganglion, dans les zones marginales, sans switch des immunoglobulines et, avec ou sans mutations somatique
L’acquisition de mutations somatiques est définie comme une variation de séquence par rapport à la séquence germinale supérieure à 2 %, c’est à dire un degré d’homologie inférieur ou égal à 97 %.

SON DEVENIR...

Le lymphocyte B aura 2 destinées, en effet il se différenciera :

  • En plasmocytes qui sécrètent les anticorps solubles qui iront se fixer sur l’antigène (opsonisation), facilitant ainsi la phagocytose. Ces cellules ne présentent pas d’anticorps membranaires.
  • En lymphocyte B mémoire qui expriment à leur surface les anticorps spécifique d’un antigène, permettant une réponse plus rapide si une seconde infection se présente.

Les plasmocytes

Ces cellules dérivent des lymphocytes B. Elles sont le support de l'immunité dite humorale. Celle-ci est basée sur la présence :

  • D’anticorps circulants dans le sang, ou immunoglobulines qui possèdent la capacité de neutraliser toute substance étrangère à l’organisme.
  • De plasmocytes capables de secréter ces anticorps.

Les lymphocytes "T" sont responsables de l’immunité cellulaire...

GÉNÉRALITÉS

Ces cellules s’appellent lymphocytes T car elles se différencient dans le thymus et expriment le récepteur TCR qui leur permet de reconnaître leur cible
Les lymphocytes T sont tous CD3+. (voir tableau plus bas).
Ils circulent en permanence entre le sang et les organes lymphoïdes secondaires.

DEUX SOUS-POPULATIONS

Parmi les lymphocytes T-alpha/bêta, deux sous-populations sont importantes

  • Les lymphocytes T qui expriment le marqueur CD4+, les lymphocytes  T auxiliaires ou Th (helpers) qui ont un rôle de régulation de la réponse immunitaire adaptative par activation d’autres cellules immunitaires et les lymphocytes régulateurs Treg
  • Les lymphocytes T qui expriment CD8+, les lymphocytes T cytotoxiques.

Ces cellules différent de façon fondamentale dans leurs modalités de reconnaissance de l’antigène et dans les fonctions régulatrices ou effectrices qu’elles exercent.

LEURS RÔLES

Les lymphocytes T jouent un rôle très important dans la réponse immunitaire secondaire, dite cellulaire.
Ils permettent, au travers des Complexes Majeurs d’Histocompatibilité (CMH), la reconnaissance de ce qui n’appartient pas à l’organisme, le non soi . Les éléments de reconnaissance sont constitués par des protéines spéciales.

Les lymphocytes auxiliaires Th CD4 +
 
Ce sont des cellules qui produisent des cytokines et qui n’ont pas d’activité cytotoxique.
Elles ont un rôle essentiel dans la coordination de la réponse immunitaire. Elles expriment à sa surface la protéine CD4+. Elles reconnaissent un morceau d'antigène découpé par la cellule dendritique (peptide) lorsqu’il est associé au CMH de classe II. A
près leur activation elles ont la capacité de se différencier en un sous type particulier. 

  • Les lymphocytes T auxiliaires 1 (Th1)
    • Ils sont maturés grâce à l'action des interleukines (IL) IL-12, IFN-γ et TNF-β.
    • Ils sont également responsables de l’augmentation de l’expression du récepteur B7 indispensable à la formation des lymphocytes T cytotoxiques.
    • Ils facilitent la réaction inflammatoire.
    • Ils ont un rôle anti-tumoral
  • Les lymphocytes T auxiliaires 2 (Th2)
    • Ils maturent grâce à l’IL-4.
    • Ils jouent un rôle dans l’activation des lymphocytes B.
  • Les lymphocytes T auxiliaires 17 (Th17)
    • Ils sont produits en présence d'IL6 et de TGF-bêta. Ils maturent grâce à l’IL-23
  • Les lymphocytes T régulateurs (Treg) CD4+, CD25+
    • Les lymphocytes T appelés T régulateurs (Treg), dont le phénotype est CD4+ CD25++, contribuent à la modulation de la réponse lymphocytaire T.
    • Il existe des lymphocytes Treg naturels et des lymphocytes Treg induits en réponse à un antigène.
    • Ce sont des cellules immunosuppressives qui inhibent toutes les cellules effectrices de la réponse immunitaire.

Le lymphocyte Th CD8+

Il est aussi dit T cytotoxique.
Il reconnaît un peptide (fragment de protéine dégradée) associé au CMH de classe I.


L’action immunomodulatrice des Treg est due à des molécules membranaires comme CTLA4, GITR ou OX40 et à des cytokines parmi lesquelles l’IL-35.

Le lymphocyte T γ-δ

Les LT-γδ sont des lymphocytes T particuliers caractérisés par l’expression d’un TCR-1 associé à un CD3 mais ne présentant ni CD4, ni CD8. Il est beaucoup plus rare que les LT présentent un TCR-2.

Les cellules à l’interface entre les deux systèmes : les cellules NK...

DÉFINITION

Les cellules NK ( Natural Killers ), ou cellules tueuses naturelles, représentent 5 à 16 % de la population totale des lymphocytes humains.
Elles font partie d'une sous population de lymphocytes, les LGL ( Large Granular Lymphocytes ).
Ces cellules tueuses résultent de la différenciation de cellules souches lymphoïdes produites par la moelle osseuse.

LEURS PARTICULARITÉS…

Les cellules NK, contrairement aux lymphocytes T cytotoxiques CD8+, sont des cellules dont les gènes, codant pour le récepteur de lymphocyte T (TCR pour T Cell Receptor) , ne sont pas réarrangés et n'expriment pas de CD3+, sous unité accompagnant le TCR.
En l'absence de récepteurs uniques pour une cible antigénique particulière, les cellules NK ne savent pas distinguer le soi du non-soi.
Cependant, lorsqu'une infection virale ou une transformation maligne, provoque un défaut d'expression des molécules CMH de classe I, rendant le système des lymphocytes T aveugle, les cellules NK interviennent spontanément pour tenter d'éliminer ces variants. C'est ainsi qu'elles sont capables d'assurer une réponse immunitaire non spécifique contre des cibles pathogènes ou tumorales.

LEURS RÔLES…

Les cellules NK interviennent dans plusieurs réponses immunitaires, elles peuvent, en particulier, aider les anticorps à tuer les cellules exprimant la cible sur laquelle l'anticorps s'est fixé.
La libération d’interféron-gamma (IFN) par les cellules NK activées, a notamment pour effet l'activation des macrophages qui se traduit par une activité antitumorale et microbicide.
Certaines cytotoxines solubles, comme le TNF-bêta ( Tumor Necrosis Factor ), libérées par les granules des cellules NK activées, ont une action cytotoxique directe sur certaines lignées tumorales. Le TNF-béta induit dans les cellules cibles une fragmentation de l'ADN qui aboutit à la mort cellulaire par apoptose.

Les cellules de l'immunité

 

Cellules de la réponse immunitaire innéeCellules de la réponse immunitaire adaptativeCellules à l’interface entre les deux systèmes
  • Les phagocytes
    • Le monocyte
    • Le macrophage
    • La cellule dendritique
    • Les polynucléaires ou granulocytes
  • La cellule NK
  • Le mastocyte
  • Les cellules résidentes
  • Le lymphocyte B
  • Le lymphocyte T
  • La cellule NKT
  • Le lymphocyte T γ-δ

Marqueurs d'identification des différentes sous-populations de lymphocytes

Lymphocytes BLymphocytes TCellules NK
  • Ig+ 
  • CD5+
  • CD3+ 
  • Au moins quatre sous-populations
    • Auxiliaires Th CD4+
    • Cytotoxiques CD8+
    • Régulateurs Treg CD4+, CD25++ 
    •  T γ-δ
  • CD3-
  • Ig-
  • CD56+
  • CD16+

Mise à jour

15 avril 2019