Les facteurs environnementaux

Ce qui est démontré...

Facteurs de risque liés au patient lui-mêmeFacteurs environnementaux 
 
  • Hérédité
  • Sur-diagnostique (échographies multiples)
  • Obésité
  • Tabagisme
  • Radiations ionisantes
  • Retardateurs de flamme
  • Supplémentation en iode
  • Cendres volcaniques

BEAUCOUP D'INCONNUES...

L'ENVIRONNEMENT IODÉ

L'origine des cancers thyroïdiens reste encore inexpliquée ou fait l’objet de débats.
Néanmoins, la carence en iode est un facteur de risque établi.
La résidence dans une zone d’endémie goitreuse semble également augmenter le risque de développer la maladie.
Le cancer papillaire est plus fréquent dans les régions où la saturation iodée est importante, comme au bord de la mer. A l’inverse, le cancer vésiculaire est plus fréquent dans les zones de carence iodée et d’endémie goitreuse.

LES THYROÏDITES

La thyroïdite de Hashimoto constitue un facteur de risque de l'apparition des lymphomes thyroïdiens.

UN GOITRE


L’hormone TSH favorise l'apparition des cancers de la thyroïde. Ceci est confirmé par l'observation du développement de cette tumeur chez des patients porteurs de goitre endémique par carence iodée. Il s'agit le plus souvent, dans cette situation, de cancers vésiculaires. A l'inverse, la surcharge iodée peut augmenter la fréquence des cancers papillaires.

L’OBÉSITÉ

Une étude récemment publiée dans le journal britannique « The Lancet » semble montrer, chez l’homme uniquement que le risque est augmenté à partir d'une masse corporelle augmentée de plus de 5 kg/m².

D'AUTRES FACTEURS...

Du fait la forte prédominance féminine, d'autres facteurs nutritionnels, reproductifs, menstruels, hormonaux, anthropométriques sont fortement suspectés.
Dans une moindre mesure, l’exposition à des polluants environnementaux chimiques, comme les pesticides, connus pour être des perturbateurs endocriniens, sont également évoqués, mais leur effet réel est encore difficile à estimer.

L'exposition aux rayonnements ionisants

EN CAS D’IRRADIATION EXTERNE

Les populations étudiées

Le risque de cancer de la thyroïde après exposition aux radiations ionisantes a été étudié chez les survivants de Hiroshima et de Nagasaki et chez les personnes exposées aux radiations ionisantes pour un premier cancer ou pour affections bénignes.

Les résultats

Dans ces études, le risque de développer un cancer de la thyroïde n’est augmenté que chez les personnes exposées aux radiations ionisantes pendant l’enfance.
Le risque est maximal lorsque l’exposition a eu lieu à un âge jeune, il diminue avec l’augmentation de l’âge lors de celle-ci et n’est plus significatif lorsque cet âge est supérieur à 25–30 ans.
 Ainsi, aucune augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde n’a été mise en évidence après radiothérapie pour cancer du sein, malgré les doses élevées délivrées à la thyroïde

EN CAS D'IRRADIATION INTERNE

Lors d’un accident grave dans une installation nucléaire, le relargage de radioactivité dans l’environnement dépend de la nature et de la gravité de l’accident.
En raison de leur température de vaporisation et de leur volatilité, les iodes peuvent constituer une composante importante des rejets accidentels. Certains isotopes radioactifs de l’iode ont une demi-vie brève (iode 132,133), d'autres comme l’iode 131, émetteur gamma et bêta, ont une demi-vie de huit jours.
Les iodes radioactifs incorporés par l’homme par inhalation et/ou ingestion passent en totalité dans le sang et sont concentrés par la thyroïde de manière efficace. Ainsi, 25 % de l’iode incorporé sont fixés par la thyroïde normale qui pèse environ 20 g à l’âge adulte. La dose de radiations délivrée par l’iode 131 au tissu thyroïdien sera 500 à plus de 1000 fois supérieure à celles délivrées aux autres organes et peut être significative même si la contamination de l’organisme est relativement faible.
Elle sera encore plus élevée chez le jeune enfant chez qui la fixation est au moins égale à celle de l’adulte, mais dont la thyroïde est plus petite (environ 1 g à un an).

TCHERNOBYL…

LES FAITS

Lors de l’accident de Tchernobyl

Les iodes libérés dans l’atmosphère ont contaminé les régions avoisinantes du Sud de la Biélorussie, du Nord de l’Ukraine et des régions voisines de la Russie.
Environ deux millions d’enfants ont été fortement contaminés, et les doses reçues par la thyroïde des enfants qui vivaient dans les régions les plus contaminées ont été supérieures à plusieurs centaines de millisieverts.

L'incidence des cancers thyroïdiens

Depuis 1990, environ 7000 personnes contaminées qui avaient moins de 18 ans lors de l’accident ont développé un cancer thyroïdien, et l’incidence actuelle reste élevée et ne diminue pas.
Les enfants qui étaient jeunes lors de l’accident ont un risque plus élevé et chez eux le risque augmente avec la dose d’irradiation délivrée à la thyroïde.
L’augmentation du risque est identique chez les filles et chez les garçons.
Ce risque est important chez les personnes contaminées peu après la naissance ou in utero , mais les personnes nées plus d’un an après l’accident ont un risque non augmenté. Une partie de cette augmentation des cancers de la thyroïde observée est probablement liée à un meilleur dépistage, mais les jeunes enfants ont souvent vu se développer des tumeurs volumineuses et étendues qui de toute façon auraient été diagnostiquées.
Chez les personnes qui étaient adultes en 1986 et qui vivaient en Ukraine, Biélorussie ou Russie, et chez les liquidateurs qui ont travaillé sur le site de Tchernobyl, une augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde a été mise en évidence, mais moins importante que chez l’enfant et non liée à la dose reçue par la thyroïde, ce qui a fait attribuer cette augmentation à un meilleur dépistage.

Pourquoi ?

Cette augmentation de l’incidence des cancers de la thyroïde chez les personnes qui étaient jeunes en 1986 est attribuée à la contamination par les iodes radioactifs et notamment par l’iode 131. Elle est liée, d'une part, à l’inhalation et d'autre part, à la consommation de produits frais produits sur place, et notamment à celle du lait frais, aucune mesure de protection des populations n’ayant alors été prise.

Importance de la carence iodée

Le risque de cancer de la thyroïde est apparu plus élevé en cas de carence iodée soit lors de l’accident (ce qui augmente la fixation de l’iode radioactif dans la thyroïde et donc la dose qui lui est délivrée) soit par la suite (ce qui stimule la multiplication des cellules thyroïdiennes) et est au contraire diminué par l’administration d’iode stable, même à distance de la contamination.


EN FRANCE ...

L’évolution de l’épidémiologie de la maladie

L'augmentation de l'incidence des nodules et cancers thyroïdiens en France a commencé avant 1986  et ne concerne que l’adulte. Les causes possibles, seraient :

  • Une prévalence très importante, dans la population générale, des nodules et cancers
  • Un biais lié aux techniques de dépistage : la scintigraphie détecte des lésions de 1 cm ; l’échographie découvre des nodules de  2 mm !
  • Une augmentation des pratiques de dépistage : clinique échographie, Doppler pour examiner les carotides, dans le cadre de bilans cardiovasculaires.
  • L’évolution de la classification histologique des cancers papillaires

 

Après l’accident…

Le réseau Francim des registres du cancer a été mis en place afin de suivre l'évolution de l’incidence et analyser le rôle de l’accident de Tchernobyl. Le réseau de vigilance a actualisé des données sur le cancer de la thyroïde.
Cette actualisation qui porte sur la période 1978-1997 indique que l’augmentation des cancers de la thyroïde, en France métropolitaine, est de l'ordre de 6,2 % par an chez l’homme et de 8,1 % par an chez la femme.
Il existe une forte hétérogénéité spatiale de l’incidence des cancers thyroïdiens entre les départements français chez les femmes, plus particulièrement pour la période récente (1993-1997). Les taux d’incidence :

  • Les plus élevés ont été rapportés dans les départements du Tarn, du Calvados et de la Marne,
  • Les moins élevés dans les départements de la Somme, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

 

LA MODÉLISATION

Un calcul reposant sur une estimation des doses reçues à la thyroïde par les enfants de 0 à 15 ans
vivant dans l’Est de la France en avril 1986, a estimé que l’impact de la catastrophe nucléaire se traduirait par un excès de cancers de l’ordre de 7 à 55 cas sur une période de 25 ans, entre 1991 et 2015. Or, dans cette même population, le nombre de cancers attendus pendant la même période de temps en l’absence de conséquence de Tchernobyl serait de 839 à 959, ce qui ne permettrait pas d’identifier un excès éventuel au sein de la marge d’incertitude.

La Corse

Elle présente une situation épidémiologique particulière et une enquête spécifique y a été réalisée, en raison des plus fortes retombées radioactives en 1986.

Elle a montré, chez les hommes et pour les années 1998 à 2001 regroupées, une incidence standardisée supérieure à l’incidence la plus élevée constatée pour la même période dans les zones couvertes par des registres. La situation des femmes, en revanche, n’est pas différente de celles d’autres zones du territoire.
Le lien avec l’accident de Tchernobyl n’est toutefois pas évident car l’augmentation d’incidence n’est pas constatée dans la génération âgée de 0 à 15 ans au moment de l’accident (âgés de 12 à 30 ans pendant la période de l’étude), mais chez des personnes plus âgées. S’agit-il des conséquences d’une recherche échographique plus fréquente liée aux craintes de la population et de la communauté médicale, ou d’un autre facteur de risque non identifié ?

QUE PENSER DE TOUS CES CHIFFRES ?

Les données actuelles ne permettent pas de mettre en évidence un effet Tchernobyl. En effet, l’augmentation ne touche que les adultes et est antérieure à l’accident et est aussi constatée dans des pays éloignés, comme l’Espagne ou les Etats Unis.
Des éléments de réponse sont attendus d’études cas-témoins financées par l’INSERM et l’InVS, explorant les facteurs de risque suspectés dans le développement des pathologies thyroïdiennes, qu’ils soient nutritionnels, hormonaux, d’exposition à la radioactivité (de Tchernobyl ou médicale) ou génétiques. Parallèlement, le cancer de la thyroïde fait l’objet d’un dispositif de surveillance spécifique, le système multisources.

J'ai des problèmes de thyroïde...

Le risque n’est pas augmenté, si j’ai eu...Le risque est augmenté, si j’ai eu...
  • Un goitre simple
  • Une carence en iode et si je vis dans un région avec beaucoup de goitre
  • Une thyroïdite d’Hashimoto, seulement pour les lymphomes
  • Une irradiation (radiothérapie, accidentelle) sur le cou pour un cancer du sein ou une maladie de Hodgkin, ou un cancer ORL  

 

Mise à jour

10 janvier 2020