L'immunothérapie

Une option d'avenir

CE QUE L'ON SAIT...

Le talon d'Achille du cancer est le système immunitaire du sujet chez lequel il tente de se développer. Il faut que cancer puisse vaincre cette ligne de défense bien organisée.

Des études récentes ont, de plus démontrer que plus il y avait de lymphocytes T activés dans la tumeur, plus était élevée la probabilité de guérison.

LES OPTIONS

L'immunothérapie passive 

Cette technique de traitement est dominée par les anticorps monoclonaux. Plusieurs sont déjà homologués, comme le panitumumab et le cetuximab ou l'Avastin, 

Les vaccins thérapeutiques

C'est une immunothérapie active, c’est à dire ne prévenant pas le cancer mais aidant à sa guérison. Plusieurs systèmes vaccinaux sont en cours de développement. sont en cours d’évaluation.

Lever le ou les freins permettant au système immunitaire d'être activé

C'est une toute nouvelle approche très prometteuse et qui s'est déjà révélée être très active dans le traitement des mélanomes avancés.

Deux approches sont en cours de validation, celle qui cible le CTLA4 et celle qui cible le PD1 ou son ligand le PD-L1.

 

Lever le ou les freins permettant au système immunitaire d'être activé

LE RÉCEPTEUR PD-1 //PROGRAMMED CELL DEATH-1// ET SON LIGAND PD-L1

Les cellules cancéreuses arrivent à échapper aux défenses immunitaires...

Elles parviennent à  “éteindre” et épuiser les lymphocytes T CD8+ cytotoxiques, grâce notamment à une “poignée de main” maudite entre la cellule tumorale et la cellule immunitaire via le récepteur PD1 et ses ligand PD-L1 ou PD-L2.

La liaison de PD-1 avec ses ligands PD-L1 et PD-L2

Elle inhibe les fonctions lymphocytaires T CD8+ effectrices.
L’expression de PD-1 par les cellules tumorales et les macrophages supprime la surveillance immunitaire antitumorale et favorise la croissance tumorale.

LE KEYTRUDA™  (PEMBROLIZUMAB)

C'est aussi un anticorps monoclonal anti-PD-1


L’efficacité de cette immunothérapie ciblée repose sur l’utilisation d’un anticorps monoclonal inhibant le récepteur PD-1 (programmed death-1) ou son ligand PDL-1. L’activation de la voie PD-1 contrôle négativement la réponse immune Th1 cytotoxique. L’inhibition de cette voie va donc ré-activer la réponse immune.
Ce médicament a actuellement une AMM européenne dans le traitement du mélanome.

Pourquoi l'utiliser pour le traitement des cancers colorectaux ?


Les tumeurs qui présentent un grand nombre de mutation sont particulièrement immunogènes.

Les tumeurs dues à des défauts de mésappariements de l’ADN (dMMR) caractérisées par une instabilité des microsatellites présentent de nombreuses mutations somatiques. Des mutations somatiques ont le potentiel pour coder des néo-antigènes immunogènes

Les tumeurs colorectales dMMR
Elles représentent environ 15 % des cancers colorectaux mais une proportion moindre parmi les tumeurs métastatiques du fait de leur bon pronostique à un stade localisé. Les tumeurs dMMR peuvent être soient favorisées par une mutation d’un gène de réparation de l’ADN d’origine constitutionnelle (syndrome de Lynch) soit par des mutations acquises ou une altération épigénétique.

La preuve d'efficacité

Un essai de phase II a démontré, pour la première fois, l’efficacité de l’immunothérapie dans des cancers digestifs (N Engl J Med, 2015 Vol. 372, 2509-20).

Ce nouveau médicament vise à lever l’inhibition de la réponse immunitaire. Il a montré son grande efficacité dans certains cancers présentant un grand nombre de mutations comme les cancers du poumon du fumeur ou les mélanomes. Parmi les cancers digestifs, les tumeurs avec instabilité microsatellites (dMMR) présentent une accumulation de mutations susceptible de générer des néo-antigènes.
Il a comparé l'efficacité du pembrolizumab sur leses cancers colorectaux dMMR, cancers colorectaux sans défaut de mésappariement (pMMR) et autres cancers non-colorectaux de phénotype dMMR. Le taux de réponses objectives et la survie sans progression étaient respectivement de 40% (4/10) et de 78% (7/9), pour les cancers du côlon dMMR et 0% (0/18 patients) et 11 % (2/18 patients) pour les cancers du côlon pMMR.
La durée médiane de survie sans progression et la survie globale étaient de 2 et 5 mois, respectivement, dans la cohorte des cancers colorectaux pMMR mais elles n'étaient pas atteints dans la cohorte des cancers colorectaux dMMR (plus de la moitié des patients de ce groupe n’avaient pas progressé et étaient en vie à la fin de  

Son statut

Aux États-Unis

Il est homologué pour le traitement des tumeurs solides présentant une instabilité micro-satellitaire (prouvée par un test biologique démontrant un défaut de mésappariement de l’ADN -dMMR) comme certains cancers colorectaux.

En France

Ce médicament a obtenu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) de cohorte pour l'indication mélanome avancé.

Sa tolérance


La tolérance est acceptable. Les effets indésirables, le plus souvent rencontrés sont de la fatigue, un prurit, des rash cutanés, de la diarrhée, des douleurs articulaires (arthralgie), des nausées et des problèmes d'origine immunologique.

LE NIVOLUMAB (OPDIVO™)

Ce médicament appartenant à la même classe thérapeutique vient, lui aussi être homologué pour les cancers colorectaux présenant les anomalies MSI+:dMMR .

Mise à jour

8 décembre 2019