L'oesophage

Un peu d'anatomie...

SA SITUATION

L’œsophage est un tube musculaire fermé, en haut par le sphincter œsophagien supérieur et en bas par le sphincter œsophagien inférieur. C’est un conduit musculo-membraneux de 2 à 3 cm de diamètre appartenant au tube digestif.

L’œsophage passe en arrière de la trachée, à laquelle il adhère et traverse le médiastin (partie du thorax comprise entre les deux poumons) postérieur dans toute sa hauteur. Il se déplace progressivement vers la gauche. Il traverse, ensuite, le diaphragme à hauteur de la dixième vertèbre dorsale (D10) par le « hiatus œsophagien » où il présente un rétrécissement.

SES SEGMENTS

Les anatomistes décrivent deux segments d’inégale longueur. Cette classification a des implications importantes dans la conduite du traitement, en particulier chirurgical.

  • L’œsophage cervical fait suite au pharynx entre la 6ème vertèbre cervicale (C6) et la première vertèbre dorsale (D1). Il mesure, à partir des arcades dentaires, de 16 à 21 cm.
  • L’œsophage thoracique est la partie comprise entre les vertèbres dorsales D2 et D10. Il mesure, à partir des arcades dentaires,  de 21 à 37 cm. Il est divisé en trois sous-segments:
  • Le tiers supérieur : de l’orifice supérieur du thorax à la bifurcation trachéale (à environ 24 cm des arcades dentaires)
  • Le tiers moyen : sous la bifurcation trachéale (entre 24 à 32 cm des arcades dentaires)
  • Le tiers inférieur (entre 32 à 40 cm des arcades dentaires), incluant l’œsophage abdominal (avec la jonction œso-gastrique)


LES QUATRE COUCHES DE TISSUS

La couche muqueuse

Elle est épaisse, rosée, présente des replis qui permettent une augmentation de la surface. Elle comprend, de dedans en dehors, plusieurs sous-couches visibles au microscope, un tissu de recouvrement qui est un épithélium malpighien non kératinisant, la lamina propria et une musculaire muqueuse. C'est à partir de ce tissu que se développent les cancers de l’œsophage.

La sous muqueuse


Elle a une structure lâche mais est très vascularisée.

La musculeuse

Elle comprend deux couches de muscles lisses qui permettent la progression du bol alimentaire lors de la déglutition, la couche circulaire interne et la couche longitudinale externe

Le fascia péri-œsophagien

C'est la tunique la plus externe.

INNERVATION ET DRAINAGE LYMPHATIQUE

L’innervation motrice

Elle est assurée par les nerfs vagues, aussi appelés pneumogastriques.

Le drainage lymphatique

Il est complexe et l es interconnexions sont nombreuses entre les trois régions de drainage :.

  • Dans son tiers supérieur, les lymphatiques se déversent dans les ganglions lymphatiques cervicaux profonds.
  • Dans le tiers moyen, ils se déversent dans les ganglions médiastinaux supérieurs et postérieurs.
  • Dans le tiers inférieur, les lymphatiques suivent l’artère gastrique gauche pour aboutir aux ganglions gastriques et aux ganglions du tronc cœliaque.

Un peu de physiologie...

C'EST PLUS QU'UN TUBE...

La déglutition

L’œsophage a pour fonction d’acheminer vers l’estomac les aliments solides ou liquides déglutis, grâce à la contraction séquentielle, dite péristaltique, de l'oesophage et au relâchement bien synchronisé des sphincters œsophagiens supérieur (SOS) et inférieur (SOI).

Un système anti-reflux...

De plus, il s'oppose à  tout reflux du contenu gastrique vers l’œsophage .
L’œsophage intervient, aussi, dans des activités réflexes comme les vomissements et les éructations.

LA TROIS TEMPS DÉGLUTITION

C’est une activité réflexe complexe qui comporte plusieurs temps.

La phase initiale est volontaire

Les aliments mastiqués et mélangés avec la salive forment un bol d’une grosseur appropriée avant d’être poussés par la langue dans le pharynx postérieur.

La phase involontaire de la déglutition

Elle dite temps pharyngien ou temps réflexe.
Elle est déclenchée par l’arrivée au pharynx postérieur, du bol alimentaire. Celui-ci, stimule des récepteurs afin de déclencher la phase involontaire. De nombreux muscles de la tête et du cou se contractent alors d’une manière séquentielle.
Le bol alimentaire est rapidement avalé et poussé vers l’œsophage par les muscles constricteurs du pharynx. Au même moment, il y a stimulation des muscles qui assurent l’élévation du palais, suivie de la fermeture et de l’élévation du larynx afin d’empêcher le bol alimentaire de faire fausse route. Et, presque au même moment où se produit ce mécanisme réflexe, le sphincter œsophagien supérieur s’ouvre pour permettre au bol alimentaire de passer, puis il se referme aussitôt pour éviter le reflux bol alimentaire.

Le temps œsophagien

Il comprend deux activités principales :

  • La contraction séquentielle des fibres circulaires des muscles situés dans le corps de l’œsophage, ce qui donne naissance à une onde de contraction qui se dirige vers l’estomac
  • Le relâchement et l’ouverture du sphincter œsophagien inférieur afin de permettre au bol alimentaire de passer dans l’estomac.

Mise à jour

5 avril 2016