Les signes et les symptômes

Des ganglions ou adénopathies...

DES GANGLIONS SUPERFICIELS (PALPABLES)

Ils sont présents dans près des deux tiers des cas et, souvent, la découverte d’un ganglion amène le patient à consulter.

Les ganglions peuvent être, isolés ou non, mais leur répartition est asymétrique.

Toutes les localisations sont possibles, ce qui explique la nécessité de les rechercher systématiquement.

Lorsqu’un ganglion est repéré, il est non douloureux, dur, élastique, et n'est pas fixé aux tissus qui l’entourent. Sa taille est souvent supérieure à 2 cm. , il roule sous le doigt. S'il y a plusieurs ganglions, ils ne sont pas tous de la même taille.
Il n'est pas satellite d'une porte d'entrée infectieuse. Il n'est pas contemporain d'un épisode fébrile transitoire.

DES GANGLIONS PROFONDS (NON PALPABLES)
 
Par définition, ils ne sont pas palpables et peuvent passer inaperçus ce qui explique que l’on peut les découvrir à l'occasion d'une radio systématique du thorax, par exemple.
Ils peuvent, aussi, se manifester par des symptômes indirects, comme de la toux, pour les adénopathies médiastinales. Le médiastin est la partie du thorax située entre les deux poumons. A gauche, la radiographie des poumons montre des adénopathies médiastinales. Des ganglions médiastinaux sont présents dans environ un quart des cas.
Les ganglions profonds peuvent être découverts à l'occasion du bilan pour un épanchement liquidien comme une pleurésie (épanchement dans la plèvre) ou d’une ascite (épanchement dans l’abdomen) ou, enfin, d'une compression d'un organe adjacent.

LES SYMPTÔMES D’ALERTE

  • Des ganglions de plus de 1cm et  durant plus de 6 semaines
  • Une fièvre isolée, prolongée, non expliquée par une cause infectieuse
  • Des sueurs abondantes
  • Des démangeaisons (prurit) sans cause évidente
  • Un amaigrissement important, en dehors de tout régime 

Si vous présentez ces symptômes, il faut consulter votre médecin rapidement !

LES SYMPTÔMES « B »

Ils comprennent les signes suivants :

  • Une fièvre isolée > 38°C, prolongée de plus de 7 jours, non expliquée par une cause infectieuse
  • Des sueurs abondantes, surtout si elles sont nocturnes
  • Un amaigrissement récent important significatif (> 5 kg)

D'AUTRES SYMPTÔMES POSSIBLES

Ils sont variables, rares et inconstants.

  • Un état de fatigue sans explication,
  • Des infections à répétitions
  • Des douleurs osseuses
  • Des démangeaisons persistantes (prurit), sans cause allergique évidente,
  • Un état inflammatoire

Parfois, c'est la découverte d’un gros foie (hépatomégalie) ou d'une grosse rate (splénomégalie) lors d'un examen qui conduit au diagnostic. 

Autres manifestations (extra-nodales)

Elles sont plus rares, car elles ne concernent que moins d’un quart des cas de lymphomes non-hodgkiniens. Elles peuvent affecter de toutes les parties de l'organisme, cependant, les plus fréquentes sont les suivantes :

  • La gorge ou sphère ORL ; dans ce cas, les amygdales ou les formations lymphoïdes de la gorge (anneau de Waldeyer - (anneau ou grand cercle lymphatique à l’entrée des voies aérodigestives supérieures) peuvent être hypertrophiées
  • Le tube digestif ; l'estomac ou les intestins
  • La peau ; on parle d'hématodermie

Moins fréquemment, les localisations extra-ganglionnaires peuvent affecter les organes suivants :

  • Le sein, sous forme d'un nodule,
  • Le système nerveux central (cerveau et moelle épinière), sous forme de lymphomes intracérébraux, de méningite ou de compression médullaire
  • Les testicules ou les ovaires
  • Les os, sans nécessairement une forme leucémique

Une urgence, liée à une compression d’organes…

La maladie, plus rarement peut se révéler à l’occasion d’une complication, en apparence aiguë, en particulier dans les formes agressives de la maladie.

Un syndrome cave supérieur

Il correspond à une compression de la veine cave supérieure. Il se traduit par un essoufflement, d'apparition récente, une circulation veineuse collatérale thoracique supérieure, un œdème du visage et des membres supérieurs.

Il correspond habituellement à un lymphome B à grandes cellules, un lymphome sclérosant du médiastin ou à un lymphome lymphoblastique. Il est rare dans une maladie d’Hodgkin qui présente parfois des masses médiastinales de volume impressionnant.

Une masse abdominale

Elle peut comprimer la veine cave inférieure, le tube digestif avec tableau d’occlusion ou les uretères avec insuffisance rénale aiguë.

Il s’agit habituellement d’un lymphome diffus B à grandes cellules ou d’un lymphome de Burkitt. A l'opposé, les lymphomes folliculaires peuvent donner des masses abdominales très volumineuses, mais rarement compressives.

Une compression médullaire

Elle peut être la conséquence d'une localisation osseuse de la maladie ou à une épidurite (atteinte de l'enveloppe entourant moelle épinière).

Cette complication rare est le fait des lymphomes B diffus à grandes cellules, rarement d’un lymphome folliculaire.

Un syndrome de Claude Bernard-Horner

Ce syndrome est lié à une compression du sympathique cervical. Il associe :

  • Un ptôsis qui est une chute de la paupière supérieure ou plutôt diminution de l'ouverture palpébrale
  • Un myosis qui est une constriction de la pupille, par paralysie du muscle dilatateur de la pupille
  • Une énophtalmie un enfoncement anormal de l'œil dans l'orbite

Il est rare et souvent lié à une localisation sus-claviculaire. Il correspond à une maladie d’Hodgkin ou à un lymphome diffus à grandes cellules.

Mise à jour

15 avril  2018