Les lymphomes

Syndromes lymphoprolifératifs

Atteinte sanguine et/ou médullaireAtteinte tissulaire (ganglionnaire)
  • LLC
  • Myélome multiple
  • Maladie de Hodgkin
  • Lymphomes non hodgkiniens : B et T




Un groupe hétérogène de maladies du sang

DEUX MODES ÉVOLUTIFS

Les spécialistes distinguent deux grands types de lymphomes : les formes « agressives » des formes « indolentes » selon leurs modes évolutifs

LES LYMPHOMES AGRESSIFS

Les lymphomes agressifs de haut grade de malignité représentent 50 à 60 % des lymphomes et sont caractérisés par l'existence de symptômes et dune évolution rapide en quelques semaines. Il s'agit de réelle urgences thérapeutiques car, en l’absence de traitement, leur pronostic est rapidement défavorable. En revanche, une prise
en charge thérapeutique rapide permet une guérison dans nombre de cas.

LES LYMPHOMES INDOLENTS

Les lymphomes indolents (de faible grade de malignité) représentent 40 à 50 % des lymphomes et évoluent longtemps sans symptômes. Leur évolution est lente sur plusieurs mois voire plusieurs années. La prise en charge initiale peut
reposer sur une stratégie de surveillance car le pronostic à long terme des formes d’évolution indolente ne semble pas dépendre de la précocité du traitement. Lorsqu’un traitement est instauré, il peut conduire à une rémission de la maladie mais les rechutes sont fréquentes. Un lymphome indolent peut se transformer en lymphome
agressif dans 15 à 40 % des cas selon le type histologique initial.

La ou les causes

DIVERSES HYPOTHÈSES...

Comme pour la plupart des tumeurs, la cause exacte des lymphomes n'est pas actuellement précisément connue.

Ces maladies peuvent affecter les lymphocytes B ou T ainsi que les différentes autres cellules du système immunitaire. Les scientifiques pensent qu'un lymphome se développe à partir d’un équivalent normal d’une cellule du tissu lymphoïde.
Des mutations aboutiraient à une dérégulation de l'équilibre entre la prolifération des cellules et leur mort (apoptose). Ceci expliquerait que les cellules vont se multiplier mais ne vont plus pouvoir mourir par apoptose. Elles vont alors s’accumuler et étouffer les cellules des tissus normaux.

Des virus, comme le virus HTLV1, le virus d’Epstein-Bar (EBV) ou le virus de l’hépatite C (HCV), associés à des anomalies génétiques (mutations) pourraient être à l'origine de la transformation maligne de la cellule lymphoïde.

Des facteurs de l'environnement sont aussi fortement suspectés, comme les dioxines ou les pesticides.

UNE STIMULATION ANTIGÈNIQUE PERSISTANTE…

Certaines bactéries, comme l’ Hélicobacter pylori , des virus ou le parasite de la malaria pourraient favoriser l'apparition d'un lymphome en entraînant une prolifération initialement polyclonale de lymphocyte. Cependant, il ne s'agit en aucun cas d'une maladie contagieuse.

Certaines maladies auto-immunes peuvent, au travers des auto-antigènes, entraîner une stimulation des lymphocytes et aboutir à une prolifération polyclonale.


Enfin, les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies, après un traitement immunosuppresseur ou lors de différentes maladies, comme le SIDA, ont, aussi, un risque accru de développer un lymphome, par émergence d’un clone de lymphocytes.

Pathogènes incriminés

VirusBactéries
  • Epstein-Barr virus (EBV)
  • VIH
  • Virus humain T lymphotropique
  • Herpevirus humains 8
  • Polyomaviru des cellules de Merkel
  • VHB, VHC
  • H pylori
  • C jejuni
  • Chlamydia psittaci
  • Borrelia burgdorferi
  • Coxiella burnetii

 

De la prolifération polyclonale à la prolifération monoclonale…

L'ÉMERGENCE D'UN CLONE PROLIFÉRATIF

Ce clone apparaitrait à l’occasion de mutations des lymphocytes. Ces lymphocytes ayant alors un avantage compétitif pourraient alors proliférer et être à l’origine du syndrome tumoral.

Le point de départ de cette prolifération maligne est périphérique, c'est-à-dire qu'elle se développe en dehors des organes lymphoïdes centraux, thymus et moelle osseuse.

Dans les lymphomes, tout le système lymphoïde peut être atteint d'emblée ou secondairement. Ainsi, les ganglions lymphatiques, la rate et le MALT (amygdales, tube digestif, poumon, peau) peuvent être touchés.


UN CLONE DE BAS GRADE ABOUTISSANT À UNE MALADIE DE L’ACCUMULATION…

Une série de mutations aboutiraient à une dérégulation du contrôle du cycle cellulaire et de l’apoptose (mort cellulaire programmée). En raison d’un blocage de la différenciation, les lymphocytes ne peuvent plus mûrir et ne sont donc plus fonctionnels. Les cellules privées d’apoptose deviennent immortelles et s’accumulent.

UN CLONE DE  HAUT GRADE DÉBOUCHANT SUR UNE MASSE TUMORALE…

D’autres mutations du clone de bas grade (translocations) chromosomiques impliquant, le plus souvent, un oncogène et un gène codant pour les chaînes immunoglobulines ou le récepteur T, aboutiraient à des  modifications cellulaires et la transformation maligne de haut grade. L’accélération de la prolifération aboutirait à augmenter la masse tumorale.
Une des causes possible serait la présence dans le génome de la cellule de virus à pouvoir oncogénique. Ces virus, ou ces morceaux de virus, seraient à l'origine d'un des mécanismes de la dérégulation de l’équilibre cellulaire.

La vision actuelle de la maladie

  • Première  étape : une stimulation antigénique chronique : EBV, malaria, Hélicobacter pylori
    • Prolifération polyclonale de lymphocytes normaux ou paranormaux
  • Deuxième étape : une ou plusieurs mutations aboutissent à l'émergence d’un clone cellulaire (prolifération monoclonale) de lymphocytes tumoraux (lymphome de bas grade)
    • Blocage de l’apoptose avec accumulation des lymphocytes
    • Blocage de la différenciation cellulaire avec des lymphocytes qui ne mûrissent plus et ne remplissent plus leur fonction
  • Troisième étape : d’autres mutations transforment le lymphome de bas grade en haut grade
    • Accélération de la croissance et de la prolifération cellulaire 
    • Accroissement de la masse tumorale

En résumé, les différents lymphomes "B"…

 

 

Type de cellule

Type de lymphome en fonction du niveau 

de maturation des cellules B 

Cellule souche

Lymphome/leucémie lymphoblastique

Précurseur des cellules B

Lymphome/leucémie à précurseur lymphoblastiques

Lymphocyte B immature

Lymphome à cellules non clivées
Lymphome de Burkitt (?)

Lymphocyte B mature naïfs avant exposition aux antigènes (CD5+, CD20+, CD23+)

Leucémie lymphoïde chronique atypique
Leucémie à petits lymphocytes

Lymphocyte B mature du manteau (CD5+, CD20+, CD23-)

Lymphome à cellules du manteau

Lymphocyte B mature après exposition aux antigènes (CD5-, CD20+, CD10+ ou CD10-)

Lymphome folliculaire
Lymphome à grandes cellules
Lymphome immunoblastique
Leucémie lymphoïde CD10- typique

 Plasmocyte ( CD5-, CD20+, CD10-)

Myélome multiple

   

 

 

Mise à jour

21 novembre 2016