La thyroïde

Un peu d’anatomie….

SON ASPECT

Le mot « thyroïde » signifie, en grec, « en forme de bouclier oblong ».

C’est une glande située à la partie inférieure du cou.
La thyroïde a, schématiquement, une forme de papillon, comportant un mince corps central ou « isthme » et deux ailes latérales appelées « lobes » de 4 cm de longueur, en moyenne.
C’est une petite glande de consistance ferme qui ne pèse que 30 grammes. Les lobes latéraux, épais, encerclent partiellement la trachée.


SES RAPPORTS AVEC LES AUTRES ORGANES

La thyroïde est en contact avec des éléments anatomiques importants, comme :

  • La trachée et l'œsophage en arrière,
  • Les quatre glandes parathyroïdes placées sur sa face postérieure
  • Les deux nerfs récurrents qui commandent la mobilité des cordes vocales.

Cette proximité anatomique explique une partie des symptômes observés et les risques liés à la chirurgie de cet organe.

SA VASCULARISATION ET SON INNERVATION

Sa vascularisation dépend des artères thyroïdiennes supérieures issues de l'artère carotide externe et des artères thyroïdiennes inférieures issues de l'artère sous-clavière (tronc thyro- bicervico-scapulaire). Les veines sont disposées en trois groupes principaux.
 

L'innervation de la glande est assurée par le nerf laryngé supérieur et plexus sympatico-récurrentiel.

LES PARATHYROÏDES
 
Ces sont des glandes endocrines indispensables à la vie, situées le plus souvent en arrière des la glande thyroïde mais les variations positionnelles sont nombreuses. Elles pèsent, en moyenne 45 mg chez l'adulte.

Elles  sont au nombre de quatre deux supérieures et deux inférieures en arrière des lobes latéraux, le plus souvent en rapport étroit avec les axes vasculaires de la thyroïde. 

Les hormones thyroïdiennes

LEURS FONCTIONS

Les hormones thyroïdienne qui sont essentielles à la vie.
Elles ont de nombreux effets sur le métabolisme, la croissance et le développement de l'organisme. Plus précisément, elles régulent la digestion, la fréquence cardiaque, la température corporelle, le système nerveux, le système de reproduction et le poids. De plus, ces hormones contiennent de l’iode et la thyroïde est, ainsi, le principal organe “capteur” d’iode de l’organisme.
Chez les jeunes enfants, elles ont un rôle très important pour la croissance et le développement. Chez les adultes, elles sont essentielles pour maintenir la stabilité métabolique.

LA TSH

Son rôle...


Elle contrôle et stimule les différentes étapes de l’hormono-synthèse : capture de l'iode, iodation de la thyroglobuline, hydrolyse de la thyroglobuline et sécrétion des hormones.
Elle maintient les thyréocytes en régulant l'expression et la synthèse de thyroglobuline, des pompes à iodures et de la thyroperoxydase.
C'est, enfin, un facteur de croissance pour la thyroïde, ce qui explique, en cas d'excès, le développement de la glande sous forme d'un goitre.

Les valeurs

Les valeurs normales sont comprises entre 0,3 et 5 µU/mL.
En cas d'hypothyroïdie, le taux de TSH s'élève. Une hypothyroïdie est avérée lorsque le taux de TSH est au-delà des 10 µU/mL.
Les taux anormalement faibles font suspecter une hyperthyroïdie. En dessous de 0,1 µU/mL, il s'agit d'une hyperthyroïdie franche.

LES HORMONES T3 & T4

De quoi s'agit-il ?

Il s'agit de la tri-iodothyronine ou T3 et de la thyroxine ou T4 qui contiennent respectivement trois et quatre atomes d'iode par molécule. Ces atomes d'iode sont fixés sur la thyronine qui résulte de la condensation de deux molécules de tyrosine.

La synthèse des hormones thyroïdiennes

La première étape est représentée par la capture d’iodures circulants à l'aide d'une pompe spécifique, selon un mécanisme actif, saturable (étape limitante), et imparfaitement sélectif.
L'oxydation de l'iode nécessite la présence d'une enzyme spécifique liée à la membrane, la thyroperoxydase (TPO), dont l'activité optimale requiert la présence d’H2O2. L'iode ainsi oxydé peut se lier aux résidus tyrosyl de la thyroglobuline, volumineuse glycoprotéine (660 kD), synthétisée par les cellules thyroïdiennes, donnant naissance aux précurseurs des hormones thyroïdiennes : mono-iodo-tyrosine (MIT) et des di-iodo-tyrosine (DIT). Comme cette protéine est fabriquée par les cellules folliculaires thyroïdiennes normales et néoplasiques, elle peut servir de marqueur tumoral pour les cancers thyroïdiens différenciés.

La totalité de la T4 circulante provient de la production thyroïdienne, tandis que moins de 20 % de la T3 en est issue. La majeure partie de T3 est formée par la conversion de la T4 en T3 dans les tissus périphériques.
La T3 est de quatre à cinq fois plus active que la T4.

Dans le plasma, les hormones thyroïdiennes T4 et T3 se fixent sur des protéines, en particulier la TBG (thyroxine binding globulin) et la TBPA (thyroxine binding prealbumin) . La T4 et la T3 sont transportées dans le sang par ces protéines. Plus de 99 % de la T4 et de la T3 sont liées à ces protéines. C’est la portion non liée, soit moins d'un pour-cent, qui est active dans les tissus et qui sert à régulariser la sécrétion de TSH (Thyroid Stimulating Hormone) par l'hypophyse.

Les valeurs usuelles de T3 et T4

La concentration normale de T4 est de 70 à 150 nmol/L et celle de FT4 (thyroxine libre) est comprise entre 10 et 22 picomol/L.
La concentration normale de FT3 (T3 libre) est comprise entre 3 et 6 picomol/L.
La demi-vie de T3 est d'environ 1 jour, celle de T4 environ 7 jours.
Seule la fraction libre, même très minoritaire (0,01 à 0,03 % de la T4 et 0,1 à 0,4 % de
la T3) est active !

Les mécanismes de régulation

La production de l’hormone thyroïdienne est régulée par deux mécanismes différents.

La premier mécanisme de régulation fait intervenir la sécrétion de la TSH par l’anté-hypophyse qui est à son tour contrôlée par la TRH (Thyreotropin Releasing Hormone) , sécrétée par l’hypothalamus, et par le niveau d’hormones libres circulantes (axe thyréotrope). La TSH stimule majoritairement la production de T4 et, minoritairement, de T3, et ce, par la glande thyroïde.

Le second mécanisme est la conversion de T4 en T3 qui est influencée par plusieurs facteurs comme la nutrition, les hormones non thyroïdiennes, les médicaments et la maladie.

Une fusée à trois étages.

L’hypothalamus

Reçoit des signaux noradrénergiques

Sécrétion de TRH pour stimuler l’hypophyse (effet opposé de la somatostatine)

L’hypophyse

Stimuler par la TRH

Synthèse de la TSH

Rétrocontrôle : un taux élevé de T4 (transformée en T3 dans la thyroïde) rétro-inhibe sa production

(les œstrogènes ont un effet activateur, et l’inhibition peut résulter aussi de l’action directe de T3, de la somatostatine et de la dopamine.

La thyroïde

La TSH entraîne la production des hormones thyroïdiennes (T3 & T4)

Production inhibée par les iodures

Les catécholamines (récepteur β) et les prostaglandines ont un effet activateur

La somatostatine et l’acétyl-choline sont inhibitrices

Les maladies de la glande thyroïde

LES MALADIES COURANTES 

La thyroïde est une glande souvent affectée par des maladies

Ces pathologies affectent soit à sa
fonction, hyperthyroïdie ou hypothyroïdie ou à sa structure, goitre simple, nodules ou cancer.
 
Quels sont les symptômes d’une maladie thyroïdienne ?


Ils sont fonction du niveau d’activité de la glande. Si la production d’hormones est excessive, on est en présence d’une hyperthyroïdie. Dans le cas contraire, une diminution de production conduit à une hypothyroïdie. 

UN GOITRE

C’est une augmentation de la taille de la thyroïde qui ne désigne pas une maladie précise car n'importe quelle maladie de la thyroïde peut être associée à un goitre. Les principaux types de goitre sont :

  • Le goitre est dit nodulaire s’il existe des nodules,
  • Le goitre est qualifié de vasculaire s’il existe une hyperthyroïdie comme dans la maladie de Graves-Basedow
  • Le petit goitre ferme est assez souvent associé à une maladie de Hashimoto
  • Le goitre endémique simple (asymptomatique), se voyait autrefois en cas de carence en iode

 

Les thyroïdites

Non auto immunes

  • Thyroïdites aiguës infectieuses
  • Thyroïdite subaiguë de De Quervain

 

Thyroïdites lymphocytaires auto immunes

  • Thyroïdites Lymphocytaires chroniques auto immune
    • Thyroïdite lymphocytaire chronique et thyroïdite de Hashimoto
      Thyroïdite lymphocytaire de l’enfant ou de l’adolescent
    • Thyroïdite fibreuse et thyroïdite atrophique
  • Thyroïdite lymphocytaire subaiguë auto immune
    • Thyroïdite silencieuse ou thyroïdite indolore, thyroïdite du post-partum
  • Thyroïdite lymphocytaire asymptomatique

 

Thyroïdite fibreuse de Riedel

Thyroïdites iatrogènes

  • Iode 131
  • Amiodarone
  • Lithium
  • Cytokines, Interféron
  • Immunothérapies anticancéreuses anticorps monoclonaux (nivolumab, ipilimumab)

Hypo versus Hyperthyroïdie

 

 HYPOTHYROÏDIE

 HYPERTHYROÏDIE

  • Un cœur qui bat lentement
  • Une impression de faiblesse musculaire et fatigue constante
  • Une sensibilité au froid accrue
  • Un gonflement et épaississement de la peau (œdème)
  • Des facultés mentales ralenties et une mémoire affaiblie
  • Une constipation rebelle au traitement
  • L’apparition d'un goitre
  • Un taux de TSH >  10 µU/mL

 

  • Un cœur qui bat vite : tachycardie
  • Un tremblement
  • Une impression de faiblesse musculaire
  • Un amaigrissement malgré un appétit accru
  • Une agitation, de l’anxiété et des insomnies
  • Une transpiration abondante et une intolérance à la chaleur
  • De la diarrhée
  • Un changement d’aspect des yeux : gonflement et exophtalmie
  • L’apparition d'un goitre
  • Un taux de TSH <  1 µU/mL

 

Qu’est-ce qu’un bilan thyroïdien ?

LE CONTEXTE

La thyroïde est une glande endocrine qui secrète les hormones thyroïdiennes qui ont un impact sur l’ensemble du métabolisme de l’organisme. Un bilan biologique de la thyroïde permet ainsi d’apprécier le fonctionnement global de la thyroïde.

EN PRATIQUE

Quand le demande-t-on ?

Un bilan de la thyroïde est réalisé chaque fois qu’un patient a des symptômes évocateurs d’un défaut de fonctionnement de la thyroïde, soit une insuffisance, on parle alors d’hypothyroïdie, soit d’une hyperactivité, on parle alors d’hyperthyroïdie ou, maintenant, de syndrome de thyréotoxicose. Un bilan peut aussi être utile, au cours de certains traitements qui peuvent avoir une influence sur le fonctionnement de la thyroïde.

Les examens de sang de base

Ils permettent d’apprécier directement le fonctionnement de la thyroïde.
Leur dosage est utile au diagnostic des maladies de la thyroïde et à la surveillance sous traitement.

  • L’hormone thyréostimuline (TSH ou TSHus) car sa concentration sanguine est le paramètre le plus sensible pour dépister les troubles thyroïdiens
  • Le dosage des hormones thyroïdiennes : T3 et T4  dont seule la fraction libre est active et est dosée (L = libre) : T3L et T4L. 

 

D’autres examens plus spécifiques...

Ils peuvent être demandés en seconde intention, afin de déterminer l’origine du dysfonctionnement de la thyroïde

  • Le test à la TRH participe au diagnostic d'insuffisance thyroïdienne (hypothyroïdie). Il est aussi utile pour la surveillance des maladies thyroïdiennes traitées
  • Le taux d’iode dans le sang (iodémie) ou les urines : son dosage permet de déceler une éventuelle carence ou une surcharge en iode, pouvant être à l'origine de troubles de la fonction de la thyroïde.
  • Les taux d’anticorps antithyroïdiens sont mesurés dans le sang. Il sont élevés au décours de diverses maladies auto-immunes de la thyroïde et peuvent entraîner des anomalies de la fonction thyroïdienne.
  • Les marqueurs tumoraux de la thyroïde :
    • Le taux sanguin de la calcitonine (CT) peut s’élever au cours des cancers médullaires de la thyroïde.
    • Le dosage de la thyroglobuline est utilisé pour diagnostiquer une maladie de la thyroïde et comme marqueur de l'évolution d'un cancer de la thyroïde.

Mise à jour

14 février 2019