Le lymphome folliculaire

C'est un lymphome de bas grade

COMMENT SE PRÉSENTE LA MALADIE ?

Avec environ un quart des lymphomes diagnostiqués en France, c’est la seconde forme la plus fréquente des lymphomes. Elle touche les adultes, rarement avant 45 ans, le plus souvent après 60 ans.

La majorité des patients présente, à l'examen, des ganglions superficiels touchant la plupart des aires ganglionnaires.

Ces lymphomes sont d'emblée disséminés mais sont de faible malignité. Ils se caractérisent par une évolution lente marquée par des phases de stagnation, voire d’involution spontanée et peu de signes généraux.
 
LES CARACTÉRISTIQUES

Les phénotypes


C'est une prolifération clonale de cellules B du centre germinatif (CD5-, CD20+ et CD10+), du follicule du ganglion lymphatique. Les phénotypes sont définis ainsi :
  • La présence d’antigènes de surface associés aux cellules B+ : CD19+, CD20+, CD22+, CD24+, CD79a+, CD9+
  • Une immunoglobuline de surface positive ; bcl-2+ ; bcl-6+
  • CD5-, CD43-, CD23-/+, CD11c- ; HLA-DR+, CD35+, CD21+
  • Des molécules d’adhésion positives

La cytogénétique

L’anomalie chromosomique précoce, retrouvée chez plus de 70 % des patients, est une translocation t(14;18) (q32;21) sur le caryotype et un réarrangement bcl2/IgH , en biologie moléculaire.
Ce réarrangement abouti a une stimulation constitutive du bcl2 , à l’origine du blocage de l’apoptose et de l'accumulation des lymphocytes dans les ganglions.
L’expression du marqueur de prolifération, Ki67 est rarement retrouvé, au début de la maladie.

LES DIFFÉRENTES GRADES

Selon la classification de l’OMS, le lymphome folliculaire est « gradé » d’après la proportion de centroblastes*, corrélée à l’évolution clinique. On distingue, ainsi, trois grades :

  • Le grade 1 où les petites cellules prédominent
  • Le grade 2, mixte, avec petites et grandes cellules
  • Le grade 3 où les grandes cellules prédominent (lymphome folliculaire à grandes cellules), ces dernières correspondant à des centroblastes*. Ce type de LNH dissémine au niveau sanguin dans 10 à 20 % des cas

Le lymphome folliculaire in situ (néoplasie folliculaire in situ )

C'est un lymphome qui présente un faible risque de progression vers un lymphome. Elle peut toutefois être associée à un lymphome folliculaire le précédant ou synchrone,

* Centroblastes : lymphocytes B en cours de prolifération

C'est une maladie chronique

L’ÉVOLUTION EST LENTE (FORME DITE INDOLENTE)

Elle se fait sur plusieurs années, avec un état général bien conservé. Ainsi, certains patients peuvent très bien présenter des adénopathies fluctuantes pendant 5 ans, sans nécessiter de traitement particulier. À l’inverse, plus rarement, certains patients ont une maladie plus évolutive. L’intervalle entre l’apparition des ganglions et le diagnostic peut donner une idée de l’évolutivité de la maladie.

La transformation en lymphome à grandes cellules de haut grade est assez fréquente au bout de quelques années.

Des travaux récents, ont mis en évidence que des modifications du micro-environnement tumoral pourraient permettre d’affiner le pronostic et les décisions en matière de prise en charge de la maladie, c'est-à-dire, traitement ou surveillance active.

LE PRONOSTIC

Il est lié à la masse tumorale et est précisé grâce à l’utilisation du score FLIPI  (voir encadré). Le taux de survie à 5 ans du lymphome folliculaire est passée de 66 % à 84 % en 2015.

Index pronostique international des lymphomes folliculaires (FLIPI)

CritèresCaractéristiques
Age < 60 ans versus > 60 ans
LDH Normal ou élevé
Hémoglobine (Hb) > 12 ou < 12 g/dl
Stade Ann Arbor I, II, III ou IV
Nbre aires ganglionnaires 4 ou moins versus plus de 4
Score FLIPI (0 à 5) = somme des facteurs défavorables

 

SON TRAITEMENT…

Les options thérapeutiques vont de la simple surveillance, sans traitement, à des traitements intensifs avec greffe de cellules souches. Schématiquement, les spécialistes considèrent que : 

  • Les lymphomes à faible masse tumorale méritent une simple surveillance
  • Les lymphomes à forte masse tumorale doivent être traités par une association comprenant un anticorps monoclonal (rituximab) et une chimiothérapie de type CHOP (R-CHOP) et parfois une radiothérapie dans les formes localisées.

L'évolution est lente et se caractérise par des rechutes. Il existe un risque de transformation en forme agressive.

Ce lymphome a habituellement par une bonne réponse aux traitements mais aussi par des rechutes fréquentes.

Mise à jour

3 mai 2017