En hormonothérapie

Les nouvelles applications

LE TRAITEMENT PRÉCOCE

Cette modalité de traitement dans le cancer avancé de la prostate a fait l’objet d’une évaluation par le « Prostatic Diseases and Urologic Cancers Group ».
Les résultats de ces études suggèrent que l’instauration précoce d’un traitement anti-androgénique puisse arrêter la progression de la maladie et les complications qui lui sont associées.
Ce traitement entraînerait une amélioration statistique significative du nombre de patients en vie à 10 ans.

LA CHIMIOTHÉRAPIE ASSOCIÉE A L’HORMONOTHÉRAPIE

Le rationnel...

L'essai CHAARTED, récemment publié, avait pour hypothèse que l’addition de docétaxel, un taxane, dès le début, à l’hormonothérapie par déprivation hormonale prolongerait la survie globale.

Les résultats...

Cet essai a inclus, 790 patients.
Avec une médiane de suivi de 29 mois, la différence est très significative en faveur du bras chimiothérapie en termes de survie globale avec des médianes de 57,6 mois dans le bras chimiothérapie versus 44,0 mois dans le bras privation androgénique.

L'association d'une suppression androgénique et six cycles de chimiothérapie par le docétaxel doublerait le temps sans progression de la maladie ainsi que la survie globale.

Sur le plan de la tolérance, on retrouve les effets indésirables associés au docetaxel.

LE BLOCAGE ANDROGÉNIQUE COMPLET

L’étude LATITUDE est un essai randomisé de phase III comparant abiratérone (1000 mg/jour plus 5 mg de prednisone) au placebo chez des patients recevant une hormonothérapie pour un cancer de la prostate métastatique avec au moins 2 des 3 facteurs pronostiques péjoratifs.
Dès la première analyse intermédiaire le comité indépendant de suivi de l’étude a demandé la levée de l’aveugle et le traitement de tous les patients inclus dans le bras placebo par l’abiratérone car l'essai montrait une amélioration significative de la survie et de la survie sans progression.L'étude STAMPEDE a obtenue les mêmes résultats bénéfiques.

Les nouvelles pistes...

LES NOUVEAUX INHIBITEURS DU CYP17

En bref...

L'enzyme CYP17  permet, de par son activité 17α-hydroxylase et son activité 17,20-lyase, la transformation du cholestérol en DHEA.

La galétérone (TOK-001)


C'est un autre antagoniste dont l’effet est lié à la dose. À basses concentrations, il inhibe l’activité du CYP17A1 ; à concentration plus élevée, il agit comme un antagoniste du RA et à fortes doses, il induirait sa dégradation.
Il est en Phase 3 de développement.

L'ortéronel (TAK-700)

Ce médicament fait partie de la même classe thérapeutique que l’acétate d’abiratérone. Il agit à la fois sur le récepteur androgénique, en empêchant sa translocation nucléaire et en induisant sa dégradation, et sur la synthèse des androgènes en inhibant la CYP17.
Il pourrait avoir moins d’effet minéralocorticoïde et pourrait de ce fait être utilisé sans corticothérapie, et peut être à plus long terme.
Il est en Phase 3 de développement.

LES ANTAGONISTES DU RÉCEPTEUR ANDROGÈNE (RA)

Erleada (apalutamide )

C'est un antagoniste du récepteur androgène dont le mode d’action est similaire à l’enzalutamide.
Le résultats de l'étude de Phase-IIl montrent une efficacité chez les patients n'ayant pas de métastases.
Le principal avantage sur l’enzalutamide serait sa moins bonne pénétration de la barrière hémato-encéphalique (BHE), avec potentiellement moins de risque de crise comitiale.
Ce médicament vient d’être homologué aux États-Unis.

Le darolutamide


C'est un antagoniste du RA de nouvelle génération également qui ne passe pas la barrière hémato-encéphalique, qui n’a pas de propriétés agonistes comme le bicalutamide et qui possède une affinité pour le récepteur androgène supérieure à l’enzalutamide et à l’apalutamide.
Il est en Phase-III de développement.

L'EPI-001


Ce médicament est isolé à partir d’une éponge marin. Il se lie à la partie N-terminale du RA.
Il est en Phase 2 de développement.

LES AUTRES OPTIONS

Les plus avancées, en termes de développement sont, l'EZN-4176, l'AZD 35-14.

Le traitement des lésions précancéreuses

LE CONTEXTE SCIENTIFIQUE

L’inhibition des récepteurs œstrogéniques pourrait avoir un impact sur le devenir des cancers de la prostate in situ, intra-épithéliaux (PIN) car environ un tiers des patients présentant ce type de lésions, développent la maladie à 1 an.
La mise en évidence d’un cancer intra-épithélial prostatique est un problème fréquent qui impose une surveillance rapprochée sans option thérapeutique connue à ce jour influant sur l’histoire naturelle de la maladie.

LE TOREMIFENE (FARESTONTM)

C’est un médicament de la même famille que le tamoxifène utilisé dans le traitement du cancer du sein. C’est un SERM.
Dans une étude, présentée au congrès de l’ASCO, des chercheurs ont étudié l’incidence des cancers de la prostate chez 514 patients traités par torémifène (20, 40, ou 60 mg) ou placebo présentant un cancer intra-épithélial de haut grade à la biopsie prostatique.
Le traitement a été poursuivi pendant une année au cours de laquelle les patients étaient biopsiés à deux reprises. À un an, l’incidence cumulée de cancer de la prostate dans le groupe placebo était de 31 %, contre 24 % dans le groupe traité par torémifène à 20 mg, ce qui représente une réduction du risque relatif de cancer de la prostate de 48 %.
Le torémifène a été en général bien toléré. Seule la fatigue était un peu supérieure avec 5 % pour le traitement hormonal contre seulement 3 % pour le placebo.
Il est trop tôt pour conclure de manière générale sur ces résultats, ils sont néanmoins très encourageants et ouvrent la voie d’une chimioprévention efficace pour la prise en charge de ces lésions précancéreuses fréquentes.

Mise à jour

27 avril 2018