La prévention par la vaccination

La prévention du cancer du col de l’utérus

LA PRÉVENTION PRIMAIRE

Elle repose sur la vaccination qui vise à éviter l’infection par les génotypes de papillomavirus humain à haut risque oncogène le plus souvent responsables des cancers du col de l’utérus.

LA PRÉVENTION SECONDAIRE

Elle repose sur le dépistage par frottis cervico-utérin qui permet de détecter les lésions précancéreuses et de les traiter avant leur transformation maligne, ou de diagnostiquer les cancers à un stade débutant.

La vaccination contre l'HPV

LE PRINCIPE

Les essais de protection dans des modèles animaux de papillomavirus ont conduit à l’utilisation de particules virales recombinantes comme antigène des vaccins prophylactiques contre les papillomavirus humains (HPV).
Ces pseudo-particules sont des structures vides, dépourvues d’ADN viral, mais analogues du point de vue antigénique à celle de la capside virale des papillomavirus.

LES TROIS VACCINS HOMOLOGUÉS

Leur composition

Ils sont constitués de la protéine majeure de capside (L1) des HPV, protéine obtenue par surexpression en système baculovirus/cellules d’insecte (Cervarix) ou en levures (Gardasil et Gardasil 9) recombinantes.
Les protéines L1 s’auto-assemblent sous forme de pseudocapsides virales, structures antigéniques qui portent les épitopes conformationnels responsables de la production des anticorps neutralisants protecteurs.

Leur mode d'action

Ils induisent la production d’anticorps neutralisants qui empêchent ultérieurement le virus d’infecter ses cellules cibles, les kératinocytes de la couche basale de l’épithélium.

Important !

  • Trois vaccins anti-HPV disponibles ne sont pas interchangeables...
  • Toute vaccination commencée avec l’un d’eux doit être poursuivie avec le même
  • Ces vaccins n’ont pas d’action sur des lésions déjà constituées

Se rappeler...

LES PREUVES SCIENTIFIQUES

Globalement, ce que l'on sait à partir de l'expérience australienne...

Il est nécessaire de vacciner 125 jeunes femmes pour éviter une lésion de haut grade, et 22 pour éviter une anomalie de grade inférieur.
Administrée selon les recommandations et avec une couverture vaccinale optimale, la vaccination préviendrait 70 à 80 % des cancers du col de l’utérus (90 % pour le vaccin nonavalent).

Leur tolérance...

En juin 2008, le premier bilan a été établi chez 800 000 femmes vaccinées par l'AFSSAP.
Sur 700 notifications analysées, 86 % concernaient des effets indésirables bénins et transitoires.
Quelques effets indésirables graves ont été signalés et ont nécessité une hospitalisation : syndrome fébrile, douleurs articulaires, syncope.
Quelques cas de maladies auto-immunes ont été signalés, mais ils ne permettent pas d’établir un lien de causalité.
Aucun effet indésirable n’a été rapporté pour la trentaine de cas d’une vaccination effectuée en cours ou 1 mois avant une grossesse.

Son remboursement en France

Les trois vaccins contre le papillomavirus coûtent de 100 à 150 € la dose et sont remboursés à 65 % par l'Assurance Maladie. Les complémentaires santé prennent en charge la différence.

Un pas vers l'éradication de la maladie...

 Gardasil™Gardasil™ 9Cervarix™
Système d'expression Levure Levure Cellules d'insectes/baculovirus
Antigènes HPV 6, 11, 16 , 18 HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58 HPV 16, 18
Adjuvant AAHS AAHS ASO4
Indications Enfants de 11 à 15 ans et adultes jusqu’à 19 ans
Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à 26 ans révolus
Injections 9 et 14 ans : 2 doses: 0 et 6 mois,
Plus de 15 ans : 3 doses : 0,2 et 6 mois,
11 et 14 ans : 2 doses: 0 et entre  6 à 12,
15 et 19 ans : 3 doses : 0,2 et 6 mois,
9 et 14 ans : 2 doses: 0 et entre 5 à 7 mois,
Plus de 15 ans : 3 doses : 0,2 et 6 mois,

La vaccination anti-HPV en France

QUELQUES CHIFFRES...

En France, en 2012, 42 % des jeunes filles de 17 ans avaient été vaccinées, dont plus de 50 % à l’âge de 14 ans. En 2017, la couverture vaccinale peine à dépasser 20 % de la population ciblée en France.
De plus, dans seulement 30 % des cas, la vaccination est complète et, donc, protectrice...

C'est loin des chiffres australiens avec des taux de couverture vaccinale à partir d'une campagne de vaccination scolaire des jeunes filles de 12 à 13 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 17 ans de la population cible avec 84 % pour une dose, 79 % pour 2 doses et 70 % pour les 3 doses. Dans ce pays, la prévalence des HPV vaccinaux est passée de 29 à 7 % chez des jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans consultant en centre de planning familial, ce qui situe l’efficacité vaccinale contre l’infection par les HPV vaccinaux à 73 %.

EN PRATIQUE, C'EST UN VACCIN PROPHYLACTIQUE...

Ces vaccins n’ont pas d’action sur des lésions déjà constituées et n’ont aucune efficacité thérapeutique. Ils empêchent le virus de pénétrer dans les cellules du col.
De ce fait, ils doivent être administrés chez des jeunes filles non préalablement infectées par les HPV à au risque, ce qui explique le schéma précoce de cette vaccination.

La vaccination prophylactique

Elle est recommandée en France avec deux doses de vaccin pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans avant le tout début de leur vie sexuelle (à partir de 9 ans pour le vaccin quadrivalent).

Un rattrapage

Il est possible chez les filles non vaccinées entre 15 et 19 ans révolus, au plus tard dans l’année suivant les premiers rapports sexuels (schéma avec trois doses).

Le schéma de vaccination contre l'HPV

  • Toutes les filles de 11 à 14 ans
    • Avant exposition au risque d’infection par HPV
  • Rattrapage vaccinal proposé aux jeunes femmes et aux jeunes filles de 15 à 23 ans :
    • Qui n’auraient pas eu de rapports sexuels
    • Au plus tard dans l’année qui suit le début de leur vie sexuelle
  • Recommandations particulières
    • Jusqu’à l’âge de 19 ans, chez les enfants et adolescents ayant reçu une greffe ou vivant avec le VIH et dès l’âge de 9 ans, chez les enfants candidats à une transplantation d’organe solide
    • Jusqu’à l’âge de 26 ans, chez les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

 

Vaccination HPV & maladies auto-immunes

En France, les données SNIIRAM (système national d’information interrégimes de l’assurance-maladie)

Elles portent sur 1 774 000 jeunes filles âgées de 11 à 15 ans parmi lesquelles 33,8 % avaient eu une vaccination anti-HPV.
Elles n’indiquent aucune différence dans le taux d’incidence de 9 maladies auto-immunes entre les vaccinées et les non vaccinées après 3 ans de suivi : 2,14/10 000 personnes dans la population vaccinée, 2,06 dans la population non vaccinée.

La sclérose en plaque (SEP) ?

Une étude cohorte récente a inclus toutes les femmes danoises et suédoises âgées de 10 à 44 ans, soit près de 4 millions de femmes dont 800 000 vaccinées, qui ont été suivies de 2006 à 2013.
Cette étude n’a pas retrouvé de majoration du risque de sclérose en plaque ou d’autres maladies démyélinisantes chez les femmes vaccinées 

Le calendrier vaccinal 2018 est en ligne ! Êtes-vous à jour ?

Le calendrier vaccinal 2018 apporte de nouvelles recommandations concernant les vaccinations contre les infections à méningocoque, à papillomavirus humains, à pneumocoque, la varicelle et le BCG.

Le respect du calendrier vaccinal est le meilleur moyen de se protéger efficacement tout au long de sa vie contre certaines maladies contagieuses.

Si vous n’êtes pas à jour dans vos vaccins, il n’est pas nécessaire de tout recommencer. Il suffit de reprendre la vaccination au stade où elle a été interrompue et de la compléter. 

Mise à jour

4 décembre 2018