En chimiothérapie & immunothérapie

La chimiothérapie conventionnelle

DE NOUVELLES ÉTUDES SUR LE DOCETAXEL (TAXOTERE™)

La question de la durée du traitement...

Certaines études récentes (essai MAINSAIL) tendent à montrer que 10 cycles de chimiothérapie se traduirait par un allongement de la survie en comparaison des 6 cycles du traitement standard actuel dans le traitement du cancer de la prostate résistant à la castration métastatique .


De nouvelles modalités et associations


Des études sont en cours pour évaluer l’intérêt d’un traitement hebdomadaire par rapport à un cycle classique de trois semaines.
D’autres études testent les associations
avec l’Avastin™.

En traitement adjuvant ou néo-adjuvant

Le Taxotère™ est aussi étudié en traitement adjuvant dans le traitement initial de cancers de la prostate à haut risque. Les études n'ont pas confirmé l'intérêt de cette stratégie de traitement.

En traitement néo-adjuvant, avant une prostatectomie, cette stratégie améliore la  survie chez les patients a risque intermédiaire ou haut

LES AUTRES MOLÉCULES EN COURS DE DÉVELOPPEMENT

Il existe plusieurs programmes de recherche visant à mettre au point des molécules actives en seconde ligne après un échec du docétaxel.

La gemcitabine (Gemzar™)

C’est un antimétabolite de seconde génération, actif par voie injectable (perfusion d’environ 30 minutes), qui est un analogue fluoré et phosphorylé de la déoxycytidine. C’est la difluoro-déoxy-cytidine ou dFdC, très proche de la cytosine arabinoside Ara-C.
Ce médicament, phase spécifique qui agit en phase S de synthèse de l’ADN, au cours du cycle cellulaire. Il bloque, aussi, le passage en phase G1.

C’est un médicament relativement bien toléré, en dehors d’un état de fatigue et d’une diminution des plaquettes (thrombopénie).
Il n’entraîne pas de chute de cheveux et n’induit que peu de nausées ou de vomissements. En dehors des toxicités de cette classe médicament,
Il peut être observé, plus rarement, des perturbations hépatiques et des états pseudo-grippaux, lors des injections.
Il faut savoir, que ce médicament ne peut pas être utilisé en même temps que la radiothérapie.

L’ixabepilone (Ixempra™)

Cette molécule appartient à la famille des épothilones, molécules proches, en ce qui concerne leur mode d’action, des taxanes.

Les premiers résultats des études révèlent que ce médicament pourrait être actif, en seconde ligne, chez les patients ne répondant plus au Taxotère™ mais les gains actuels sont modestes.

La biochimiothérapie

LES TRAITEMENTS CONTRE L'ANGIOGENÈSE

Pourquoi ?

L’extension des cancers implique la création de vaisseaux pour nourrir la tumeur. Ce phénomène, par ailleurs normal (cicatrisation), est appelé angiogenèse. Des molécules appartenant à différentes classes permettent de bloquer ce processus expérimentalement.

L’axitinib

Très récemment les résultats d’une étude de phase 2, comparant la gemcitabine seule à une association gemcitabine plus axitinib à montré l’intérêt de cette approche. Des études de phase 3 sont en cours pour confirmer ces premiers résultats.

Le cabozantinib

C'est une nouvelle molécule est un inhibiteur de tyrosine kinase qui bloquerait la voie de VEGFR2 et du MET.
Les résultats de la phase 2 de développement pour le traitement des cancers de la prostate avancés et réfractaires au traitement hormonal sont très positifs.
Le cabozantinib est actuellement en cours d’essai de phase 3 placébo dans les formes métastatiques osseuses post-docétaxel et post-AA ou post-enzalutamide,
 
LES TRAITEMENTS INDUCTEURS D’APOPTOSE

Les thérapies destinées à stimuler l’apoptose ou la mort programmée des cellules sont à l’étude. On peut citer les cibles moléculaires suivantes :
  • Le BCL2 reconnu par une molécule antisense, l’oblimersen,
  • La survivine ciblée par une petite molécule, l’YM-155 ou en IV par l'OGX-011
  • Les inégrines associées avec l’ancrage des cellules dans leur tissu d’origine, ciblées par un antagoniste non-peptidique, le PSK1404
  • Le src, ciblé par au moins quatre molécules, dont le dasatinib.

LE TRAITEMENT DES MÉTASTASES OSSEUSES

Le récepteur RANK est porté par les ostéoclastes, cellules spécialisées dans la résorption osseuse. Ce récepteur est activé par sa liaison à un ligand, le RANKL. Son inhibition entraîne une diminution de l'activité des ostéoclastes.
Le denosumab (Prolia TM ) , un anticorps monoclonal humain cible ce ligand. Ce médicament, actif par voie intraveineuse, vient d'être homologué pour le traitement des métastases osseuses.

L'immunothérapie

LE RATIONNEL...

Cette approche thérapeutique à pour objectif de réactiver les défenses naturelles de l’organisme. De nombreux vaccins thérapeutiques utilisant le PSA sont en cours. Ils pourraient améliorer le pronostic de certains cancers de la prostate.

LE VACCIN PROVENGE TM

De quoi s'agit-il...

Le sipuleucel-T est un vaccin thérapeutique.
C'est un produit cellulaire composé de cellules autologues présentatrices d’antigènes (APC) chargées avec une protéine de fusion, PA2024, entre une enzyme, la phosphatase acide prostatique, et le facteur de croissance médullaire GM-CSF (Granulocyte-macrophage colony-stimulating factor) .

Les résultats du traitement

L'étude  Immunotherapy for Prostate AdenoCarcinoma Treatment (IMPACT) portant sur 512 hommes a montré un allongement du temps sans progression de la maladie et de la survie à 3 ans : 25,8 mois pour le groupe traité contre 21,7 mois pour les patients sous traitement standard.

En pratique...

Le traitement a été homologué au États Unis pour les traitement des formes avancées de la maladie. Il consiste en trois cycles de traitement sous forme perfusions toutes les deux semaines et est bien toléré.
Cependant, son utilisation reste aujourd’hui marginale car il nécessite une logistique lourde.

LE PROSTAVAC

Le vaccin GVAX est composé de cellules tumorales allogéniques ayant intégré le gène du GM-CSF.
Une étude portant sur un nombre restreints de patients semble révéler un impact significatif sur la survie. Des études, dont l'essai PROSPECT,  sur un nombre plus grand de patients sont en cours avant de conclure sur ce vaccin thérapeutique.

D'AUTRES APPROCHES...


Inhibiteurs de checkpoints immunitaires

Des études ont montré que l’expression PD-L1 dans le cancer de la prostate était corrélée avec l’agressivité tumorale suggérant le rôle de la voie PD-1/PD-L1 dans l’échappement tumoral.

L'ipilimumab est un inhibiteur du CTLA4 (cytotoxic T-lymphocyte antigen-4) est déjà homologué pour le traitement des mélanomes avancés.
Les premiers résultats sont encourageants mais méritent d'être confirmés par les études réalisées chez des patients se présentant à un stade moins tardif de la maladie.

Le tasquinimod

Ce médicament possède un mécanisme d’action original. La molécule se lie à la protéine S100A9 impliquée dans la différenciation et la progression cellulaire et présente dans les cellules tumorales ainsi que dans différentes cellules immunitaires.
Malheureusement, les résultats des études n'ont pas confirmé l'efficacité de cette molécule.

Mise à jour

24 février 2017