Les facteurs environnementaux

Les facteurs reconnus non professionnels

LE TABAC

Les fumeurs sont exposés à un risque majeur de présenter un cancer de la vessie.

On estime que de plus de la moitié des cancers de la vessie sont directement ou indirectement attribuables au tabac, et en particulier à la cigarette. Les fumeurs ont un risque de deux à six fois plus élevé que les non-fumeurs. Le risque augmente proportionnellement à la consommation journalière de cigarettes et à la durée d’intoxication tabagique. 

L’augmentation du risque se ralentit dès l’arrêt de la consommation. Au bout de 15 ans d’abstinence, le risque retourne au niveau de celui de la population non-fumeur.

L’IRRADIATION PELVIENNE

Des études épidémiologiques ont rapporté un nombre de cancers de vessie plus important chez les femmes ayant reçu une irradiation pelvienne pour traiter un cancer du col utérin. Ce risque, bien que faible, augmente progressivement à distance de l'irradiation et doit être pris en compte, surtout devant l’apparition de symptômes vésicaux.

LES SONDES URINAIRES À DEMEURE

Le risque de cancer de la vessie est plus élevé chez les patients porteurs d’une sonde urinaire à demeure, en cas, par exemple de paraplégie, ou maladies neurologiques. Cette augmentation de risque pourrait être en relation avec des infections urinaires à répétition ou la présence de calculs (lithiase) dans la vessie.

LA BILHARZIOSE

La bilharziose est une infection de la vessie due à un parasite d’eau douce , appelé Schistosoma haematobium que l'on trouve en Afrique.
Cette infection peut devenir chronique et être à l’origine d’une inflammation de la vessie. C’est sur ces lésions inflammatoires qu’une tumeur de la vessie peut se développer.


LES CAUSES MÉDICAMENTEUSES

Les chimiothérapies contenant du cyclophosphamide quelque soient ses indications, sont un facteur de risque, surtout lorsque que la dose cumulée dépasse 20 g.
La consommation chronique d'antalgique à base de phénacétine a, aussi, été incriminée.

Les risques professionnels

LES CHIFFRES

La part des causes professionnelles des cancers de vessie varie d’environ 5 à 25 % suivant la plupart des auteurs.
Chez l'homme, en France chaque année, selon les hypothèses retenues par les experts, c’est 600 à 1 100 cas de cancers de la vessie qui seraient attribuables à des expositions professionnelles. Ils seraient la cause de 350 à 500 décès par  an. 

QUELS SONT LES SECTEURS D’ACTIVITÉ ET LES SUBSTANCES EN CAUSE ?


Les secteurs d’activité pour lesquels le caractère professionnel d'un cancer de la vessie peut être retenu, sont résumés dans les tableaux des maladies professionnelles.

Le délai de prise en charge est de 30 ans, sous réserve d'une durée d'exposition de 10 ans.

Le tableau ci-dessous donne une liste exhaustive des produits pouvant être en cause en cas de cancer de la vessie. Ce sont des termes complexes mais précis.
Si ces termes vous sont inconnus, il est donc important que vous vous fassiez aider par un spécialiste de l’équipe médicale qui vous a pris en charge. Vous pourrez vérifier, avec eux, si vous avez été réellement au contact de l’une de ces substances toxiques.

LES TABLEAUX DES CANCERS PROFESSIONNELS DE LA VESSIE

TRG 15 ter : amines aromatiques


Il permet d’indemniser les salariés exposés aux amines aromatiques et au N-nitrosodibutylamine et leurs sels.
Ceci concerne l’industrie chimique : production de colorants et pigments et certains emplois dans l’industrie pharmaceutique et des laboratoires d’analyse, dans l’industrie du caoutchouc et des matières plastiques (utilisation d’accélérateurs et d’antioxydants) dans la fabrication d’explosifs et de munitions.
Il comporte un délai de prise en charge de 30 ans, une durée minimale d'exposition de 5 à 10 ans selon les substances considérées, et une liste limitative de substances. La liste des activités professionnelles est indicative I.

TRG 16 bis : goudron, huile, brais de houille et suies

Il permet de prendre la prise en charge les salariés exposés au goudron de houille, huile de houille, brais de houille et suies de combustion du charbon (goudrons, suies, dérivés de la combustion du charbon).
Le délai de prise en charge est de 30 ans, sous réserve d'une durée d'exposition de 10 ans. La liste des activités professionnelles est limitatives L.  

Secteurs d'activité

  • Industrie textile (utilisation de colorants)
  • Industrie du cuir
  • Industrie des colorants
  • Industrie chimique et pharmaceutique (synthèse, laboratoires de recherche et d'analyse)
  • Industrie du caoutchouc
  • Fabrication de l'auramine
  • Cokerie
  • Fonderie de fonte ou d'acier
  • Ramonage, entretien de chaudières
  • Fabrication d'aluminium (procédé Söderberg)
  • Fabrication et utilisation d'huiles minérales ? 

AUTRES FACTEURS POSSIBLES

LE VIRUS HPV et CMV

Certaine études observationnelles sur le cancer de la vessie ont montré une association entre la survenue de ce cancer et l'infection par le Papillomavirus (HPV16, HPV45, HPV56, HPV6b) ou le CMV/HHV5HPV) dans environ 8 % des cas.

ALIMENTATION

Boire peu ou pas assez...


Plusieurs études ont montré que le fait de boire beaucoup de liquide diminuait le risque de cancer de la vessie. Une des hypothèses avancées pour expliquer cet effet protecteur serait que lorsque l’on augmente la quantité d’urines, celles-ci ont tendance à diluer les produits toxiques pour la muqueuse vésicale.

L’alimentation

La consommation régulière de fruits et de légumes pourrait diminuer le risque de développer la maladie.

Les édulcorants

Des études chez l’animal ont montré que la consommation excessive d’édulcorants, utilisés pour remplacer le sucre, était associée à une augmentation des cancers de la vessie. Certaines études ont suggéré que les édulcorants artificiels (saccharine, cyclamate) puissent jouer un rôle causal dans le développement du cancer de vessie.

La caféine

La caféine serait pour certains chercheurs, un promoteur de tumeurs urothéliales. Néanmoins, la relation entre ces substances et le cancer de vessie est controversée, et si risque il y a, il serait faible.

Pour résumer...

Pas d’augmentation de risque, si j’ai eu…Risque augmenté, si j’ai eu…
  • Rarement des cystites
  • Une petite incontinence à l’effort
  • Un adénome de la prostate
  • Un fibrome utérin
  • Des cystites à répétition ou des infections urinaires chroniques
  • Une bilharziose
  • Un calcul rénal
  • Une sonde à demeure
  • Une irradiation pelvienne

 

Mise à jour

17 juin 2017