La chimiothérapie

En bref …

C’est un traitement des leucémies à base de médicaments qui a été découvert en 1943. Ces médicaments ont pour but de détruire les cellules leucémiques. Ils peuvent être administrés par voie intraveineuse ou par voie orale Les médicaments circulent dans le sang pour atteindre les cellules cancéreuses dans le corps tout entier.
La chimiothérapie est administrée en cycles. Chaque période de traitement est suivie d'une période de repos thérapeutique permettant la récupération des lignées cellulaires normales affectées par le ou les médicaments. La durée totale d'une chimiothérapie est généralement de 3 à 6 mois, selon les schémas thérapeutiques utilisés.
Le protocole de traitement est défini à l'avance par le médecin responsable mais il peut être modifié en fonction de la réponse de la maladie.
Ce traitement est le plus souvent administré en hôpital de jour mais parfois des hospitalisations sont nécessaires en raison du type de traitement ou de votre état général.

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Les médicaments parfois utilisés

LE BUSULFAN (MYLERAN™)

Historiquement ce fut le premier médicament actif, par voie orale, pour cette maladie.
La posologie d'attaque est de 2 à 8 mg par jour et la dose d'entretien est de 2 à 4 mg par jour.
Ce médicament permet l'obtention d'une rémission hématologique.

Il est pratiquement abandonné de nos jours, en raison de ses effets secondaires, comme, une aplasie médullaire, la fibrose pulmonaire, une stérilité, une pigmentation cutanée et des cataractes.

L'HYDREA™

L'hydroxyurée est un médicament actif par voie orale  qui est un inhibiteur de la ribonucléotide réductase qui inhibe la synthèse de l'ADN.
La dose (posologie) est de 40 mg/kg par jour et, en traitement d'entretien, de 30 mg/kg par jour.
Ce médicament entraîne une rémission clinique et hématologique mais ne fait pas disparaître le chromosome Philadelphie.
Les effets indésirables possibles sont une macrocytose (augmentation de la taille des globules rouges), une atrophie cutanée pouvant causer des ulcères, des aphtes dans la bouche (mucite) et une photosensibilisation.
Aujourd’hui, l’hydroxyurée est surtout utilisée en cas d’hyperleucocytose symptomatique ou de thrombocytose très élevée. Elle est aussi indiquée chez les sujets fragiles ou en cas d’intolérance aux autres thérapeutiques.

L’ARACYTINE™ (CYTARABINE)

C’est un nucléoside pyrimidique de synthèse, proche de la cytidine dont le ribose (sucre à 5 carbones) a été remplacé par un arabinose. Après un passage dans la cellule, la cytarabine est transformée en métabolite actif par phosphorylations successives.
C'est un antimétabolite spécifique de la phase S du cycle cellulaire (phase de division cellulaire).
Ce médicament s’administre en perfusion lente de 1 à 3 heures. Parfois, il peut être administré par voie sous-cutanée. Il est, le plus souvent associé avec l’interféron.

Il est indiqué dans la transformation aiguë de leucémie myéloïde chronique et pour certaines formes de myélodysplasie.

Les effets secondaires sont essentiellement, une neutropénie, des vomissements et de la diarrhée ainsi qu’une inflammation des muqueuses, mucite ou stomatite.

Interféron, une place réduite dans la stratégie de traitement...

CE QUE C’EST…

C’est une « cytokine » qui est, chimiquement, une glycoprotéine (protéine sucrée) naturelle, découverte en 1957. Il a fallu attendre les années 90 pour qu’il puisse être obtenu par génie génétique. C'est un inhibiteur de la synthèse des cellules myéloïdes et des virus. Les premières utilisations dans le traitement de la LMC ont été tentées par M. Talpaz et remontent à 1983.

SON EFFICACITÉ DANS LE TRAITEMENT DE LA LMC

L'interféron est indiqué pour le traitement de la LMC en phase chronique avec présence de chromosome Philadelphie.
Contrairement à la chimiothérapie conventionnelle, cette cytokine permet d'obtenir à la fois des rémissions hématologiques et des rémissions cytogénétiques. Elle permet, en outre, de très longues rémissions. Les taux de réponses observés dans les études sont les suivants

  • Réponse complète hématologique : 60 à 80 %
  • Réponses cytogéniques : 40 à 60 % des cas; majeures 20 à 40 % des patients; complète chez environ 10% des malades.

L’adjonction de la cytarabine, à la dose de 20 mg/m²/j, 10 jours par mois, à l’INF-a (5 MU/m²/j) allonge la survie et la réponse cytogénétique par rapport à l’INF-a seul.

EN PRATIQUE...

La posologie

Le médicament s'administre par injection sous-cutanée pendant 8 à 12 semaines. Le schéma thérapeutique recommandé est de J1 à J3, 3 MUI/jour, de J4 à J6, 6 MUI/jour et de J7 à J84, 9 MUI/jour.
Les grandes règles d’utilisation pratique sont les suivantes :

  • Le traitement débute en monothérapie, sauf cas particuliers
  • Le médicament est administré le soir, au coucher. On vous prescrira des médicaments pour prévenir le syndrome pseudo grippal (paracétamol) et pour éviter les nausées. Si vous êtes déprimé, on pourra vous proposer des antidépresseurs.
  • La dose sera réduite de 25 % si le taux globules blancs est inférieur à 2 000/mm 3 ou si votre taux de plaquettes est inférieur à 50 000/mm 3 .

La tolérance

Des contre indications à son emploi existent, notamment allergiques.
Les effets secondaires les plus fréquemment rencontrés sont :

  • Un état pseudo grippal avec de la fièvre et des courbatures
  • Une baisse du nombre de globules blancs (leuco neutropénie)
  • Une baisse du nombre de plaquettes (thrombopénie)
  • Un état dépressif
  • Des atteintes des nerfs

Ces effets secondaires sont le plus souvent rapidement régressifs.

ACTUELLEMENT

L’arrivée de nouveaux traitements et notamment des inhibiteurs de tyrosine kinase a modifié l’utilisation de l’interféron-alpha dans la LMC. Ce traitement n’est désormais plus utilisé que lorsqu’il n’est pas possible de recourir aux inhibiteurs de tyrosine kinase ou lorsque ceux-ci se révèlent inefficaces.

Mise à jour

Vendredi 06 Mars 2009