Le cerveau

Le cerveau macroscopique

UN PEU D'EMBRYOLOGIE…

Primitivement, chez les vertébrés les plus inférieurs, ainsi que dans les premiers stades de l'embryon humain, le système nerveux central est un simple tube dont les parois épaisses sont formées de tissu nerveux de substance grise, c'est à dire de corps cellulaires, cylindraxes, dendrites et névroglie.

Le tube neural primitif

Il est d'abord formé de segments juxtaposés tous semblables appelés neuromères. Chacun des neuromères comportent une cavité centrale, le canal de l'épendyme.
La paroi du tube neural est formée par la substance grise (corps cellulaires des futurs neurones) répartie autour du canal de l'épendyme.
La substance blanche, constituée par les cylindraxes myélinisés, apparaît secondairement à la périphérie du tube neural.
Aux deux extrémités du tube neural, se trouvent deux orifices appelés neuropores : le neuropore antérieur et le neuropore postérieur.

L'extrémité antérieure du tube neural

Elle présente au cours de son développement 3 puis 5 dilatations. Elles constitueront les différentes parties du tronc cérébral et du cerveau.
La quatrième vésicule est à l’origine du « diencéphale ». Ultérieurement, il apparaît un dédoublement de la cinquième vésicule, à l’origine du « télencéphale ».
Il existe alors, en raison de la croissance rapide, un enroulement du télencéphale autour du diencéphale, qui préfigure la morphologie des deux hémisphères cérébraux.

LE CERVEAU ANTÉRIEUR OU TÉLENCÉPHALE

Les deux hémisphères cérébraux (droit et gauche) constituent la plus grande partie du cerveau. L’hémisphère droit contrôle le côté gauche du corps et l’hémisphère gauche contrôle le côté droit du corps.
Chaque hémisphère est subdivisé en lobes. Il y a six lobes dans chaque hémisphère : le frontal, le pariétal, l'occipital, l'insula, le corps calleux et le temporal.
Chaque lobe est responsable de certaines fonctions précises :
 

  • Le lobe frontal est responsable de l’attention, de la pensée, du raisonnement, du comportement, du mouvement, de l’odorat et des pulsions sexuelles
  • Le lobe pariétal est responsable de l’intellect, du raisonnement, du toucher, de la réponse aux stimuli internes, du langage et de la lecture, et de certaines fonctions visuelles
  • Le lobe occipital est principalement responsable de la vue
  • Le lobe temporal est responsable du comportement, de la mémoire, de l’ouïe, des nerfs optiques et des émotions.

Enveloppes du S.N.C.

Afin de protéger le système nerveux central des blessures et des accidents, plusieurs barrières protectrices existent.

LA BOITE CRÂNIENNE

Les différents os du crâne sont visibles sur le schéma.
Les structures osseuses du crâne et des vertèbres constituent la couche protectrice finale du S.N.C.

LES MÉNINGES

Le système nerveux central est recouvert par trois membranes appelées méninges, du grec méninx.

La dure-mère

C’est  membrane très résistante qui assure la protection physique du système nerveux central.

L’arachnoïde

Ce terme dérive du grec arachné, toile d'araignée et eidos, image.
C'est une sorte de sac sans ouverture qui enveloppe le cerveau, le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière.
Elle présente un feuillet viscéral  et un feuillet pariétal. Les deux feuillets de l'arachnoïde sont séparés par le liquide céphalospinal « LCS ».
Le feuillet viscéral est uni à la pie-mère par un tissu cellulaire lâche, dont les mailles contiennent le LCS. Il se réfléchit sur les troncs nerveux en leur formant des gaines et va se continuer avec le feuillet pariétal qui adhère à la face interne de la dure-mère.

La pie-mère

Le Pia mater des Latins est la plus intérieure des trois membranes, au contact immédiat du système nerveux central.
Elle est constituée par une trame cellulaire dans laquelle se trouvent les vaisseaux. Son étendue est beaucoup plus importante que celle du feuillet viscéral de l'arachnoïde. Ceci tient au fait que l’arachnoïde passe comme un pont au-dessus de tous les sillons qu'elle rencontre, tandis que la pie-mère suit chacun d'eux.
Sa surface externe est unie à l'arachnoïde par un tissu cellulaire lâche.
Sa surface interne est liée à la substance nerveuse par un grand nombre d'artérioles et de veinules. La pie-mère envoie, dans l'intérieur du cerveau, quelques replis particuliers qui sont :

  • La toile choroïdienne
  • Les plexus-choroïdes
  • La membrane qui tapisse les ventricules cérébraux.


Au niveau de l'origine des nerfs, elle se prolonge sur eux et constitue leur névrilème.

Les neurones

LEUR ORIGINE

La cellule nerveuse s'appelle un « neurone ».
Le neurone dérive d'une cellule souche embryonnaire appelée neuroblaste. Notre capital de neurones étant fixé dès la naissance ; aucune autre division de la cellule souche ne pourra donner de nouveaux neurones. Toute destruction de neurones, après la naissance, est définitive.

DEUX ENTITÉS...

Le neurone est une unité fonctionnelle traversée par l'influx nerveux dans un seul sens : il est donc polarisé.
C'est aussi une unité trophique car tout segment du neurone qui est séparé du corps cellulaire dégénère et disparaît.
Un neurone est constitué d’un corps cellulaire et d’expansions.

Le corps cellulaire ou périkaryone entoure un gros noyau

Le corps cellulaire a souvent une forme étoilée.
Le cytoplasme contient aussi de la mélanine sous forme de pigments jaunâtres et noirs. Il existe enfin des inclusions spécifiques qui sont les neurofibrilles.

Les expansions

Ils sont de deux types. Elles partent du corps cellulaire du neurone.
Les dendrites sont des prolongements protoplasmiques ramifiés.
L'axone est un prolongement unique qui possède des branches collatérales et se termine par une arborisation de fibres dont chacune des branches aboutit, dans le cas d'un axone moteur, à la plaque motrice d'une fibre musculaire,
L'ensemble du corps cellulaire, de l'axone et des fibres musculaires qui en dépendent, constitue l’unité motrice.
Recouvert de ses gaines, l'axone prend le nom de cylindraxe ou fibre nerveuse.
Les nerfs sont formés d'une multitude de fibres nerveuses groupées en faisceaux.
On peut se faire une idée des dimensions réciproques des différentes parties d'un neurone en multipliant leur dimension réelle par mille. Ainsi un gros motoneurone lombaire aurait les dimensions suivantes :

  • Le corps cellulaire aurait le volume d'un pamplemousse
  • Les dendrites auraient 2 à 5 mètres de long
  • Le cylindraxe serait un câble d'un kilomètre de long et de deux centimètres  de diamètre

Le liquide cérébro-spinal (LCS)

A l’état normal

C’est un liquide aqueux « eau de roche » et léger qui agit comme un amortisseur autour du cerveau et de la moelle épinière et apporte une protection supplémentaire.

  • Le LCS est produit dans des espaces creux situés dans le cerveau appelés ventricules.
  • Le LCS circule entre les ventricules et les espaces entre les méninges.
  • Le LCS apporte aussi au cerveau les nutriments provenant du sang et débarrasse le cerveau de ses déchets.

Une hydrocéphalie

C’est une accumulation du LCS. Elle peut survenir dans plusieurs circonstances :

  • Lorsqu'un blocage se produit dans les canaux où circule le LCS. Ce blocage peut être dû à une tumeur.
  • Lorsqu'il y a une surproduction du LCS ou encore lorsqu'un problème altère son absorption.

Ce surplus de liquide provoque une pression accrue sur le cerveau.
Les symptômes d’alerte sont : des maux de tête, des vomissements, une somnolence et dans certains cas de la confusion. Une intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour dériver le surplus de liquide.

Mise à jour

Lundi 23 Février 2009