La thrombocytémie essentielle

DÉFINITION

Une thrombocytose ou thrombocytémie se définit par l’existence d’un taux de plaquettes sanguines supérieur à 400 000 sur plusieurs prélèvements.
Elle est le plus souvent secondaire : réactionnelle, transitoire et modérée.
Plus rarement, elle est primitive et chronique.


LA MALADIE, en quelques mots…

UN SYNDROME MYÉLOPROLIFÉRATIF

Il prédomine sur la lignée plaquettaire et se traduit par une hyperplaquettose chronique de plus de 500 à  600  x 10 9 /l.
Il est lié à une anomalie de la cellule souche myéloïde surtout mégacaryocytaire, c’est-à-dire donnant naissance aux plaquettes. L’anomalie de la cellule souche entraîne une augmentation anormale, parfois très importante, du nombre de plaquettes (hyperplaquettose).

LA MALADIE

Qui est atteint ?


Cette maladie touche les adultes, surtout après 50 ans, mais peut se voir, très rarement, chez le sujet jeune, voir l'enfant. Elle se rencontre, alors, avec prédilection chez des femmes jeunes en période d’activité génitale.

Les symptômes

Dans la moitié des cas, la maladie est asymptomatique et est découverte fortuitement par une NFS de routine. Il faut savoir que la numération automatique des plaquettes a augmenté le nombre de cas diagnostiqués !
Dans l’autre moitié des cas, les signes cliniques sont des hémorragies diverses ou des thromboses veineuses ou artérielles. Une splénomégalie modérée peut exister.
Le risque vasculaire est le risque principal tandis que l’évolution vers une myélofibrose ou une leucémie aiguë est exceptionnelle.

Les symptomes fréquents

  • Une asthénie
  • Des ecchymoses et saignements
  • Une crise de goutte
  • Des migraines ophtalmiques
  • Des paresthésies des mains et des pieds
  • Thromboses et événements thrombo-emboliques

Les examens nécessaires pour établir le diagnostic

  • NFS et frottis de sang périphérique
  • Exclusion des causes de thrombocytémie secondaire
  • Étude cytogénétique
    • Recherche d'une mutation de JAK2 par PCR
  • Éventuellement examen de la moelle osseuse

Critères diagnostiques de la thrombocythémie essentielle (TE)

Le diagnostic de TE requiert les quatre critères majeurs ou les trois premiers critères majeurs et le critère mineur

Critères majeurs
1. Plaquettes > 450 x 10 9 /L
2. Biopsie médullaire avec prolifération surtout de la lignée mégacaryocytaire avec une augmentation du nombre de formes matures de grande taille avec un noyau hyperlobé. Pas d’augmentation significative ou de shift gauche des lignées granuleuse et érythroblastique et très rarement augmentation minime de la réticulinique (grade 1)
3. Absence des critères diagnostiques de LMC BCR-ABL1 + ; polyglobulie de Vaquez ; myélofibrose primitive ; syndrome myélodysplasique ou autre néoplasie myéloïde
4. Mutation des gènes JAK2 , CALR ou MPL

Critère mineur

Présence d’un marqueur de clonalité ou absence d’étiologie de thrombocytose réactionnelle

Son traitement

LE CONTEXTE

Les patients


Les patients atteints de thrombocytémie essentielle ont une survie analogue à celle d’une population d’individus normaux de même âge.
Face à cette état de fait, il est nécessaire de prévenir les accidents hémorragiques ou les obstructions vasculaires (thromboses) enfin éviter les manifestations ischémiques.

Le taux de plaquettes...

Il a été démontré que la probabilité de ces complications ischémiques (thrombose d’un vaisseau) était liée à l’âge (>60 ans) et à la notion d’obstruction vasculaire antérieure.
Le risque hémorragique est important lorsque le chiffre des plaquettes était très élevé : supérieur à 1 000 000 – 1 500 000.
Il a été démontré que le traitement visant à faire baisser le chiffre de plaquettes diminuait la fréquence des accidents thrombotiques et ischémiques chez les patients dits à risque (âgés et ayant des antécédents de thrombose).

LA PRÉVENTION DES THROMBOSES

Les objectifs du traitement est de diminuer le risque de complications thrombotiques et hémorragiques tout en en évitant les complications iatrogènes à long terme.

La prévention des thromboses sera systématique en cas d'accident de thrombose ou devant des signes d’ischémie distale. Chez la femme jeune, elle s'impose avant la prescription de contraceptifs oraux.
Pour cela, on vous prescrira un traitement anti-agrégant plaquettaire, habituellement de l'aspirine à faible dose

S'IL FAUT TRAITER...

 En première ligne


Une cyto-réduction peut être obtenue avec l’hydroxyurée (Hydréa™). C'est le traitement de référence, chez les patients à haut risque qui est en général bien toléré.

En seconde ligne après échec de l'hydroxyurée


L’anagrelide (Xagrid), un inhibiteur plaquettaire, actif par voie orale à la dose de 2 mg/j est une autre option. Il faut savoir qu'il existe des effets indésirables liés à cette thérapeutique.

D’autres produits sont actuellement à l’étude, comme le pipobroman (Vercyte™) et l’interféron.

Un bon pronostic

L'espérance de vie est quasi normale.

Malgré la fréquence des symptômes observés, l'évolution de la maladie est généralement bénigne.

Les complications thrombotiques graves artérielles et veineuses sont rares.

La transformation en leucémie aiguë se produit chez moins de 2% des patients. Ce risque est accru après un traitement cytotoxique, en particulier par agents alkylants

Mise à jour

15 décembre 2018