Localisations Appareil digestif Autres cancers du tube digestif
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LES CHIFFRES
Les tumeurs stromales gastro-intestinales (TSGI) sont une forme très rare de cancers du tube digestif. Elles ne représentent qu'un pour-cent
des tumeurs digestives et environ 10 % des sarcomes.
Leur incidence serait comprise entre 7 et 15 par million d’habitants.
L'âge moyen lors du diagnostic varie entre 50 et 60 ans.
Les hommes sont plus touchés que le femme avec un sex-ratio de 1:1,5.
LA LOCALISATION DE LA TUMEUR
Dans les deux tiers des cas, elle est retrouvée au niveau de l'estomac.
Les autres localisations, par ordre de fréquence décroissante, sont l’intestin grêle (20 à 30 % des cas), le côlon et le rectum (5 % des cas), le mésentère (5 % des cas) et l’œsophage (moins de 5 % des cas).
CE QUE L'ON SAIT MAINTENANT...
Les tumeurs mésenchymateuses du tube digestif ont longtemps été considérées comme des tumeurs des cellules musculaires lisses, léiomyomes, léiomyosarcomes ou léiomyoblastomes ou comme des tumeurs nerveuses, schwannomes sur des critères morphologiques lors de l'examen des tissus au microscope.
Cette classification a été profondément remariée par le développement des nouvelles techniques de marquage cellulaire. Ces méthodes ont montré que la majorité des tumeurs mésenchymateuses du tractus digestif exprime, à leur surface, une protéine particulière, le CD34 (
CD = Cluster of Differentiation
).
GIST...
Le terme de GIST (
GastroIntestinal Stromal Tumor)
s’est imposé dans un premier temps pour désigner toute tumeur mésenchymateuse gastro-intestinale CD34+, quel que soit son degré de différentiation.
Par la suite, les GIST sont devenues une entité à part entière depuis la découverte, en 1998, d’un nouveau marqueur, la protéine KIT (CD 117+).
Maintenant, on sait qu'elles dérivent des cellules de Cajal, d'origine mésenchymateuse, qui contrôlent la fréquence et la propagation des contractions intestinales ou d’un de leur précurseur.
Ces cellules sont typiquement de phénotype CD117/KIT+ (95 %) et CD34+ (70 %). Elles présentent très fréquemment des mutations activatrices des gènes codant pour les récepteurs tyrosine kinase KIT ou PDGFRA.
LES SYMPTÔMES
La découverte de la tumeur peut être fortuite.
Cette tumeur peut aussi se révéler par un saignement digestif, extériorisé ou non ou par des douleurs abdominales non spécifiques. Plus rarement le diagnostic est porté à l'occasion d'une occlusion intestinale.
LES MÉTHODES DIAGNOSTIQUES
Il s'agit essentiellement de l'endoscopie digestive et de l'imagerie médicale, en particulier le scanner spiralé.
LES FACTEURS PRONOSTIQUES
La distinction entre tumeur stromale bénigne et maligne n'est pas aisée.
Selon certains spécialistes, les GIST bénins n'existent pas, toute tumeur stromale même de très faible malignité pouvant rechuter jusqu'à 20 ans après le diagnostic initial.
Comme tout sarcome, le pronostic est corrélé à la taille tumorale et à l'agressivité des cellules qui la composent, précisée par la mesure de l'index mitotique.
La localisation initiale du GIST serait également un facteur pronostique, favorable pour les GIST proximaux (estomac) et défavorable pour les sites distaux (intestin grêle).
|
Niveau de risque
(GIST workshop 2002) |
Tumeur (T) |
Index Mitotique (IM)
Nombre de mitoses/50 champs à fort grossissement |
|---|---|---|
| Très bas risque | T < 2 cm | IM < 5 |
| Bas risque | T : 2-5 cm | IM < 5 |
| Risque intermédiaire |
T : 5-6 cm
T : 5-10 cm |
IM : 10
IM < 5 |
| Haut risque |
T > 5 cm
T > 10 cm Toutes valeur de T |
IM > 5
Toutes valeurs d'IM IM > 10 |
LA CHIRURGIE
Elle demeure option importante pour les petites tumeurs résécables.Le geste chirurgical dépend du siège de la tumeur.
Les tumeurs localisées
L'intervention dépend de la localisation de la tumeur.
En cas de petites tumeurs intramurales de moins de 2 cm, dans certaines localisations, œsophage et duodénum, une résection localisée peut être discutée à condition d'assurer un suivi régulier.
Tumeurs localement avancées
Les tumeurs localement évoluées correspondent souvent à des tumeurs de plus de 10 cm de diamètre, et qui sont étendues à d’autres organes de voisinage dans plus de la moitié des cas.
Une exérèse large ne sera proposée que si l’exérèse est techniquement complète. On peut vous proposer un traitement néo-adjuvant en pré-opératoire. La chirurgie est alors envisagée quand la réponse maximale est observée, après 6 à 12 mois de traiteme
nt.
Comme ces tumeurs ne métastasent que très rarement dans les ganglions lymphatiques, le curage ganglionnaire n'est généralement pas nécessaire.
LES BIOCHIMIOTHÉRAPIES
Le Glivec™
On
sait, depuis peu, que le PDGF-R est impliqué dans l’oncogenèse de cette
tumeur. De ce fait, les tumeurs sont maintenant traitées par un
médicament bloquant un facteur de croissance des cellules tumorales, le
Glivec™.
Le Glivec™ est indiqué pour le traitement de la tumeur stromale digestive « GIST ».
Le médicament se présente sous forme de capsules dosées à 100 mg. La dose quotidienne est de 400 mg jusqu'à progression de la maladie ou intolérance.
Un
effet indésirable particulier de l'imatinib est la rétention hydrique
avec œdèmes, ascite, épanchement pleural, augmentation de poids…
Les
autres effets secondaires consistent en de l’asthénie et de la
diarrhée. Il présente, aussi, une toxicité hématologique en relation
avec son mode d’action : leucopénie, neutropénie et thrombopénie.
Le Sutent™ (sunitinib)
En
bloquant la tyrosine kinase du complexe Flk-1/KDR associée au
récepteur du facteur de croissance vasculaire (VEGFR), ce médicament bloque les
signaux commandants la croissance des vaisseaux nécessaires pour
nourrir la tumeur.
C’est un inhibiteur actif par voie orale. La
posologie est 50 mg soit un comprimé par jour à prendre pendant quatre semaines,
au terme desquelles, il faut observer une pause thérapeutique de deux
semaines.
Ce médicament est homologué en France pour le traitement
des tumeurs digestives stromales, après échec d’un traitement
par Glivec™ (seconde ligne).
Comme tous les médicaments de sa classe, Sutent™, peut
induire des problèmes dermatologiques, une hypertension artérielle et
des thromboses. Sa prescription nécessite, en outre, la surveillance
des fonctions de la thyroïde.
STADE LOCALISÉ
Si la tumeur est opérable, le traitement est la
chirurgie sans traitement complémentaire. Si
la résection est de type R0, il n'y a pas de traitement complémentaire ni d'administration systématique de Glivec™
en dehors d'essais thérapeutiques.
STADE DE MALADIE AVANCÉE
Lorsque la maladie est localement avancée (opérable d'emblée ou inopérable), le traitement inclus le
Glivec™
400 mg/j jusqu'à l'obtention d'une réponse optimale, entre le 6
ème
et 9
ème
mois, suivie d'une chirurgie de la lésion résiduelle
Si la maladie est d'emblée étendu à toute la
cavité péritonéale (effraction tumorale, ascite, multiples nodules
tumoraux) soit un tableau de sarcomatose, les options sont soit un traitement par Glivec™ s
oit l'inclusion des patients dans l'étude coordonnée par le
Groupe Sarcome
.
STADE DE MALADIE MÉTASTATIQUE
Si toutes les métastases
hépatiques et/ou péritonéales ont été retirées chirurgicalement
(exérèse R1), il n'y a pas d'administration systématique de Glivec™
en dehors d'essais thérapeutiques.
Le Glivec™
sera prescrit au moment de la rechute qui peut être tardive même dans ces situations tumorales défavorables.
Le sunitinib est utilisé en deuxième ligne.
Si après l'intervention, il subsiste des résidus macroscopiques (exérèse R2), les options suivantes seront discutées
POUR LES TUMEURS OPÉRÉES
Les tumeurs à très faible risque peuvent ne nécessiter aucune imagerie, tandis que les tumeurs à plus haut risque doivent faire l'objet d'un suivi régulier par scanner.
Dans les autres cas, les recommandations actuelles suggèrent de réaliser un scanner abdominal ou thoracique selon la localisation trois mois après l'intervention, puis une fois tous les trois mois pendant deux ans, ensuite une fois tous les six mois pendant deux ans, et enfin une fois par an.
POUR LES TUMEURS NON OPÉRÉES
OU MÉTASTATIQUES
Les patients sous imatinib doivent faire l'objet d'un suivi toutes les deux semaines pendant le premier mois pour évaluer la toxicité liée au traitement, puis tous les trois mois avec un bilan clinique, selon la réponse au traitement.
Un bilan biologique comportant une évaluation de la fonction hépatique et un hémogramme (NFS) complet doivent être réalisés à chaque visite.
Un scanner complet doit être pratiquée tous les trois mois, pour commencer, afin de surveiller la réponse au traitement.
Essai BFR14
Si réponse ou stabilité après 5 ans d’imatinib arrêt versus poursuite de l’imatinib ?
EORTC 62063
Résection versus pas de résection des métastases chez les patients répondeurs à l’imatinib
Masitinib (AB1010)
Essai de phase III versus imatinib en première ligne
NOVARTIS CAMN107G2301
Essai de phase III nilotinib versus imatinib en première ligne
Une association de malades
L'Association Française des Patients du GIST
(Ensemble contre le GIST)
C' est une association pour aider les patients atteinte de cette maladie
Pour plus d'informations sur la maladie
GIST France
Club tumeur digestive rare (
TDR
) émanation de la Société Nationale Française de Gastroentérologie
13 avril 2012