En savoir plus... Alimentation & Cancer La dénutrition
[imprimer la page]
QUELQUES DÉFINITIONS
Un amaigrissement involontaire
C'est une perte de poids supérieure à 5% du poids habituel en 6 mois.
La malnutrition
C'est un état de déficit spécifique en énergie, en protéines, ou en n'importe quel autre nutriment spécifique produisant un changement mesurable des fonctions corporelles, associé à une aggravation du pronostic des maladies et spécifiquement réversible par un traitement nutritionnel.
La malnutrition est qualifiée de modérée, selon les critères suivants :
La malnutrition est définie comme sévère selon les critères suivants :
La dénutrition
Elle se définit par un sous poids chronique acquis qui ce définit par un IMC inférieur à 17 kg/m².
C'est un déséquilibre entre les apports et les besoins énergétiques. Elle affecte de 40 à 80 % des malades, selon le type de cancer qui peut aller jusqu'à la cachexie.
La cachexie
C'est un état qui correspond à la dégradation profonde de l'état général, accompagnée d'une maigreur importante. Elle s'observe surtout chez les malades en phase terminale d'une affection de longue durée.
LES CONSÉQUENCES
DE LA DÉNUTRITION
Elles sont multiples. Elles peuvent se traduire par :
C'est aussi un facteur pronostic. Il est démontré, indépendamment de la maladie tumorale, qu'une perte de poids supérieure à 15 % associée à un taux d'albumine dans le sang inférieur à 35 g/l est associée à un mauvais pronostic.
| Perte de poids | De 5 à 10 % | Plus de 10 % |
|---|---|---|
| Cancer du côlon | 14 | 14 |
| Cancer de prostate | 18 | 10 |
| Cancer du poumon | 20 | 15 |
| Cancer du pancréas | 21 | 26 |
| Cancer de l'estomac | 26 | 38 |
Parmi les cancers, ce sont les cancers digestifs et ceux des voies
aéro-digestives supérieures qui entraînent le plus souvent une
dénutrition. Au cours des cancers de l'estomac ou de l'œsophage, la
prévalence de la dénutrition est supérieure à 80 %. Elle est identique
dans les cancers du pancréas. Dans cette dernière affection, la perte de
poids est de 14 % au moment du diagnostic et de 25 % au moment du
décès.
La carcinose péritonéale, quelle que soit son origine, entraîne une
dénutrition sévère constante par impossibilité de s'alimenter du fait de
l'occlusion intestinale chronique qu'elle induit.
Les cancers de la sphère ORL, quant à eux, entraînent une diminution
parfois totale de l'alimentation du fait des troubles de la déglutition
qu'ils induisent.
TOUT D'ABORD, LA RÉDUCTION DES APPORTS ALIMENTAIRES
Un des facteurs essentiels expliquant la dénutrition au cours du cancer est la réduction des apports alimentaires.
La perte d'appétit (anorexie)
Selon la localisation primitive du cancer, de 30 à 75 % des malades ont une perte de l'appétit.
Les troubles du gout et de l'odorat
Les modification du goût ou dysgueusie ainsi que de l'odorat sont fréquents. Ils peuvent se traduire par une sensation de dégout lors des repas et contribuer à la réduction de prises alimentaire.
Les phénomènes mécaniques
Ils contribuent à la réduction de l'alimentation lorsque la tumeur
directement bloque les aliments. Ceci est le cas, par exemple, en cas
de cancer du larynx, de l'œsophage, de l'estomac ou lors d'une carcinose
péritonéale.
Souvent cela est plus complexe...
En fait, il existe souvent une perte d'appétit ou anorexie associée à
la présence d'une tumeur qui se crée par un phénomène d'aversion
alimentaire. Cette aversion alimentaire semble liée à la stimulation
d'une zone du cerveau, l'
area postrema
, proche du centre du
vomissement.
DES TENTATIVES D'EXPLICATIONS....
Pour expliquer ce phénomène, les spécialistes mettent en avant, les causes suivantes :
Des progrès récents, impliqueraint, au niveau de l'hypothalamus
postéroventral, une activation de la pro-apomélanocortine par les
cytokines et une inhibition du neuropeptide Y.
MAIS IL EXISTE D'AUTRES FACTEURS ...
La réduction des apports alimentaires n'explique pas, à elle seule,
tous les problèmes nutritionnels rencontrés au cours du cancer car,
dans cette maladie, on observe des désordres métaboliques associés
complexes.
Les cytokines
Elles sont sécrétées par des macrophages activés favorisent l'anorexie
et ont, en général, un effet lipolytique et protéolytique.
La dépense énergétique
Elle peut être augmentée au cours du cancer. Cette augmentation,
inconstante, est de l'ordre de 15 % et surtout rencontrée chez les
malades qui présentent de la fièvre et/ou un état infectieux.
Des perturbations métaboliques
Il existe très souvent d'importantes perturbations du métabolisme des glucides, des lipides et des protéines.
Le métabolisme glucidique
Il est caractérisé par une augmentation de la néoglucogénèse et de l'alanine, et une résistance à l'insuline.
La lipolyse (dégradation des graisses)
Elle est constante, entraînant une diminution des réserves en graisse,
une augmentation des concentrations plasmatiques en glycérol et en
acides gras libres.
Le métabolisme protéique
Les anomalies du métabolisme protéique associent une augmentation de la
dégradation des protéines, une diminution de la synthèse protidique
musculaire, une augmentation de la synthèse des protéines
inflammatoires et une balance azotée constamment négative.
| Dénutrition moyenne | Dénutrition sévère |
|---|---|
|
Perte de poids ≥ 5 % en un mois ou ≥ 10 % en six mois
IMC < 21 kg/m² Albuminémie < 35g/l Mini Nutritional Assessment global < 17 |
Perte de poids ≥ 10 % en un mois ou ≥ 15 % en six mois
IMC < 18 kg/m² Albuminémie < 30g/l |
C'EST UN ASPECT IMPORTANT DE LA PRISE EN CHARGE...
C'est important de rendre en compte les problèmes nutritionnels et les troubles digestifs afin d’éviter la dénutrition et la prévenir. Tout le monde sait que bien s’alimenter va avec :
LE SIGNALER RAPIDEMENT...
Toute perte de poids de plus de 10 % en 6 mois doit faire l’objet d’une consultation diététique. Si aucune mesure n'est prise, une aggravation de l’état général et du pronostic avec asthénie, alitement, fonte musculaire (sarcopénie) et altération de la qualité de vie est prévisible.
8 août 2011