L'épidémiologie

Les cancers des voies aéro-digestives supérieures (VAD)

Sous ce terme sont regroupés les différents types de cancers de la bouche et de la gorge.

Ces tumeurs représentent près de 20 % des la totalité des cancers en France.

Ces différentes maladies sont d'origine, d'évolution et de traitements variés. Habituellement, ces cancers sont classifiés en différents niveaux anatomiques :

  • La bouche (langue, cavum) et le pharynx (75 % des cas)
  • Le larynx (22 % des cas)
  • Le rhino-pharynx et les fosses nasales (2 % des cas)
  • Les sinus de la face (0,1 %)

Pour d'autres spécialistes, ces maladies sont regroupées en deux :

  • Les cancers épidermoïdes (lèvre, bouche, pharynx) ayant des facteurs de risque communs (tabac, alcool, ...), très lymphophiles
  • Les autres, dits "non-épidermoïdes".

En bref, cancers de la bouche et de la gorge (VADS)

  • Cavité orale : lèvres, langue mobile, plancher de la bouche.
  • Oropharynx : voile du palais, base de langue, amygdale palatine, vallécules, paroi postérieure.
  • Hypopharynx : sinus piriformes, paroi postérieure, rétrocricoïde.
  • Larynx : épiglotte, bandes ventriculaires, ventricules, cordes vocales, sous-glotte.

Globalement, quelques chiffres...

DANS LE MONDE

Les cancers de la sphère ORL sont des maladies fréquentes et représentent la 7ème localisation en termes de fréquence.
En 2018, on a dénombré 890 000 nouveaux à l'origine de 450 000 décès.
Leur incidence et leur localisation sont variables selon le sexe et les zones géographiques.

Ce sont les hommes qui paient le tribut le plus fort avec un sexe-ratio allant de 4 à 9 hommes pour une femme. 
 
EN FRANCE

Les chiffres

Ce sont aussi des pathologies fréquentes (4ème chez l’homme, 20 % des cancers), avec une incidence annuelle de 16 000 nouveaux cas.
On observe une forte disparité entre les régions du Nord et du Sud. Par exemple, les Haut de France, la Bretagne, la Normandie et le Grand Est  ont un taux d’incidence supérieur de 20 % et plus à la moyenne nationale. Il existe, aussi, de fortes inégalités sociales de mortalité.

En 2012, l’incidence annuelle des cancers ORL est estimée à 11 320 nouveaux cas dont 71 % des cas affectent les hommes entre 50 et 70 ns. 
Par ordre de fréquence décroissant, il s'agit :

  • Des cancers de la cavité buccale, dont le cancer de la langue : 25 %
  • Des cancers du larynx : 25 %
  • Des cancers de l'oropharynx : 25 %
  • Des cancers de l' hypopharynx : 15 %
  • Des cancers du rhinopharynx, dont les cancers du cavum : 7 %
  • Des cancers des glandes salivaires : 6 %
  • Des cancers des sinus de la face ( éthmoïde, sinus ) : 1%

Le pronostic

Ce sont des cancers de pronostic variable selon la localisation. Il faut souligner d'une part la fréquence de l'envahissement ganglionnaire cervical dont dépend le pronostic et, d'autre part, la fréquence des cancers multiples, c'est-à-dire des doubles localisations au niveau des VADS ou pulmonaires ou œsophagiennes. . 
 
La survie nette à 5 ans est de 37 % chez les hommes et de 50 % chez les femmes. La survie à 10 ans est respectivement de 18 % et de 22 %.
Ces maladies occasionnent 38 % des décès par cancer chez les hommes de 45 à 55 ans, ce chiffre n’étant que de 2 % chez la femme.


@ Pour en savoir plus « Cancer - les chiffres »

 

Pour le larynx, en France...

L'INCIDENCE EST EN BAISSE

En 2017, 3 220 nouveaux cas ont été diagnostiqués, dont 85 % chez l'homme. De ce fait, il se situe au 13 ème rang des cancers masculins.
Les taux d’incidence standardisés sont de 4.8 chez l’homme et de 0,8 chez la femme, soit un rapport hommes/femmes de 6,0.
Chez l’homme, le taux d’incidence a diminué de façon notable et cette tendance s'est accentuée au cours des dernières années.  Cette diminution correspond à une réduction de 37 % du nombre de nouveaux cas.
Chez la femme, à l’inverse, le taux d’incidence augmente, en moyenne, de 1,1 % par an, avec une tendance au ralentissement.
Dans 75 % des cas, l’âge de survenue se situe entre 50 et 74 ans, avec un âge moyen de diagnostic de 71 ans.

LE PRONOSTIC

C'est un cancer de pronostic intermédiaire. La survie relative à 5 ans est de 55 %.

On estime qu'il a causé environ 800 décès en 2017. Il existe de fortes variations en fonction du stade de la maladie allant de 78 à 32 % de survie en fonction de l’atteinte locale pure, ganglionnaire et/ou métastatique.

Mise à jour

2 janvier 2020