La chirurgie

Avant propos

C’est le chirurgien suisse, Emile Théodore Kocher (1841-1917) qui a, le premier, codifié la chirurgie thyroïdienne.

De nos jours, la chirurgie reste le traitement de première intention de tout carcinome thyroïdien et précède les autres traitements complémentaires à visée curative.

Les opérations possibles…

LA LOBO-ISTHMECTOMIE

C’est le geste chirurgical minimal. Il s’adresse aux tumeurs uniques de moins de 4 cm sans envahissement lymphatique.
 
Il comporte toujours un examen histologique extemporané, c’est-à-dire au cours de l’opération. Si l’examen est positif, le chirurgien effectuera une lobectomie sous-capsulaire controlatérale, en cas d’envahissement de l’isthme, de tumeur multifocale ou d’existence de facteurs de mauvais pronostic.

LA THYROÏDECTOMIE TOTALE OU SUBTOTALE

C’est l’opération habituelle proposée d’emblée lorsque le diagnostic de cancer est connu avant l’intervention.
Les avantages de cette option qui
, bien que laissant toujours des reliquats minimes, sont un taux moindre de récidive et de risque de laisser en place des microcancers.
La thyroïdectomie subtotale est une variante qui laisse en place 2 à 3 g de tissu thyroïdien.

LE CURAGE DES AIRES GANGLIONNAIRES

Il fait l’objet de discussions parmi les spécialistes. S’il est décidé, il consiste en une ablation des ganglions suivants :

  • Curage central du cou : ganglions récurrentiels, sus et sous- isthmiques
  • Curage, éventuel, latéro-cervical portant sur les chaînes lymphatiques jugulo-carotidiennes, sus-claviculaires et spinales.

Le curage est, en général, unilatéral du côté de la tumeur car un envahissement ganglionnaire bilatéral n’est observé que dans moins de 10 % des cas.

L’intervention chirurgicale

SA DURÉE

Elle dépend du type de chirurgie réalisée. Par exemple, une chirurgie standard avec dissection des ganglions lymphatiques dure de deux à trois heures.

LA SALLE DE RÉVEIL

Quand vous vous réveillez de l’opération, vous êtes placé en salle de réveil où vous restez jusqu’au réveil en vérifiant que vos signes vitaux, tension artérielle, pouls et respiration sont stables. Vous serez ensuite ramené dans votre chambre.

LES TUYAUX AU RÉVEIL …

Un ou plusieurs drains (tubes en plastique ou en caoutchouc) sont mis en place dans la plaie chirurgicale pour drainer le sang et les liquides qui s’accumulent au cours du processus de cicatrisation. Les soins du drain comprennent l’évacuation des liquides et la mesure des quantités recueillies ainsi que la surveillance nécessaire par le médecin ou l’infirmière. La plupart des drains sont retirés au 4 ème jour.

LA DURÉE DE VOTRE SÉJOUR À L'HÔPITAL

L'hospitalisation est de très courte durée et l'intervention laisse peu ou pas de trace, la cicatrice étant placée dans un pli du cou. A ceci, peut s’ajouter un séjour en maison de convalescence pour vous aider à mieux récupérer, surtout si vous êtes seul ou si vous ne pouvez pas vous faire aider.

Les complications possibles de la chirurgie

Une thyroïdectomie ne pose pas de gros problèmes dans la majorité des cas. Rarement, dans moins de 3 % des cas, des complications peuvent s’observer dans les suites opératoires.

LES PARALYSIES RÉCURRENTIELLES

Le nerf récurrent…

Ce nerf chemine dans la région de la thyroïde. Il commande les cordes vocales et donc la voix. Une atteinte du nerf récurrent ou nerf laryngé inférieur est responsable d’un trouble de la parole ou « dysphonie » d’intensité variable, avec souvent une voix bitonale. Plus rarement, le patient peut souffrir d’une dyspnée laryngée à l’effort et parfois des fausses routes à l’ingestion des aliments, en particulier des liquides.

Pourquoi une paralysie ?

Ce nerf peut être envahi par la tumeur. Il peut, dans certains cas, être sacrifié par le chirurgien, ce qui entraînera mécaniquement une paralysie définitive.

Des paralysies récurrentielles surviennent dans moins de 3 % des malades opérés. Il faut savoir que la plupart d’entre elles, régressent.

LES HYPOPARATHYROÏDIES

Pourquoi ?

Les hypoparathyroïdies ne peuvent survenir que si l’opération a enlevé toute la thyroïde, y compris les quatre glandes parathyroïdes.


Qu’est-ce qu’il se passe alors ?

Dans ce cas, il apparaît une diminution du calcium ou hypocalcémie. Si le taux de calcium dans le sang (calcémie) est inférieur à 2 mmol/l, la maladie peut être symptomatique.

Ces anomalies sont relativement fréquentes mais transitoires.
Plus rarement, dans environ 5 % des cas, elles sont définitives et imposent la prise quotidienne d’au moins 1 g de calcium et/ou de la vitamine D.


Comment l’éviter ?

Avec les techniques chirurgicales actuelles, cette complication peut, le plus souvent, être évitée.
Le chirurgien, pour ce faire, repérera, au préalable, les 4 glandes parathyroïde avec du bleu de méthylène et réalisera, le cas échéant, une autotransplantation.

Mise à jour

Vendredi 20 Février 2009