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Les facteurs environnementaux

LES CHAMPS MAGNÉTIQUES A BASSES FRÉQUENCES

LE CONTEXTE

Des études sont en cours pour apprécier le risque éventuel lié aux champs magnétiques de faible énergie, appelés EMF. Les EMF sont émis par les lignes électriques et les équipements ménagers.
De nombreuses études épidémiologiques sont en cours pour préciser un éventuel rôle de l'utilisation des téléphones portables sur le développement de cancers du cerveau.

INTERPHONE

Le dessin de l’étude
L’étude INTERPHONE , coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer, a été mise en place en 1999 et publiée en mai 2010 dans International Journal of Epidemiology 2010;1–20 .
Il s'agit d'une étude cas-témoins portant sur les tumeurs du système nerveux central, gliomes et méningiomes survenus entre 2000 et 2004.
Les cas n'ont été inclus qu'après confirmation histologique ou par imagerie. Chaque cas a été apparié à un témoin sur les critères de sexe, âge (± 5 ans) et de lieu de résidence. Les témoins ont été tirés au sort sur les listes électorales.
Les sujets, âgés de 30 à 59 ans de 13 pays (Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël,  Italie, Japon, Nouvelle Zélande, Norvège, Royaume Uni et  Suède) ont été interviewés en face-à-face par un enquêteur.

Les résultats globaux de l'étude
Globalement, pour une utilisation standard de 10 ans ou plus, les résultats sont les suivants :

  • Pour les gliomes, une diminution non significative du risque relatif de 2 % (intervalle de confiance 95 % de -24 % +26%)
  • Pour les méningiomes, une diminution du risque relatif non significative de 17 % (de -39 %  à +14 %)

Pour une utilisation intensive, les résultats sont les suivants :

  • Pour les gliomes, une augmentation significative du risque relatif de 40 % (intervalle de confiance 95 % de +3 % à  +89%)
  • Pour les méningiomes, une augmentation du risque relatif non significative de 15 % (de - 19 %  à +62 %)

Une augmentation possible du risque relatif pour les gliomes concernait plutôt le lobe temporal, aire de l’audition, par ailleurs, que les autres lobes du cerveau. Il concernait, plutôt les sujets utilisant leur téléphone toujours du même côté.

La conclusion de l'étude

« Globalement, aucune augmentation du risque de gliome ou méningiome n’a été observée en relation avec l'utilisation des téléphones mobiles. Cependant, certains résultats suggèrent un risque accru de gliome aux plus hauts niveaux d'exposition, mais la méthodologie utilisée dans l'étude ne permet pas d'établir formellement un lien de causalité.
Les effets possibles de l'utilisation intensive et prolongée des téléphones mobiles nécessitent une enquête plus poussée. »

GARDER A L'ESPRIT !

L’exposition au champ magnétique de basse fréquence est un facteur favorisant démontré et pourrait expliquer l'augmentation de l’incidence des gliomes.

LES RADIATIONS IONISANTES

L'irradiation crânienne
Elle est associée au développement de certaines tumeurs cérébrales primitives ou secondaires lorsque la radiothérapie a été utilisée pour le traitement d'une tumeur de la tête ou du cerveau, surtout chez l'enfant. Ces tumeurs radio-induites sont soit des gliomes, soit des méningiomes.

Les radiations ionisantes à faible dose
Elles sont un facteur de risque minime. Elles ont pour origine les rayons X. Elles concernent le traitement de lésions cutanées ou du cuir chevelu, les bilans radiographiques itératifs à visée odontologique, les irradiations antérieures de lésions tumorales.
Il faut souligner que des études, portant sur l'exposition aux radiations ionisantes sur les lieux de travail, n'ont pas démontré de corrélation significative avec le diagnostic de tumeur cérébrale.

Des maladies professionnelles...

LES PREUVES

Des études expérimentales montrent que l'implantation dans certaines régions du cerveau de substances cancérigènes peut produire des tumeurs du cerveau. L'application des mêmes substances durant la grossesse augmente le risque d'effets nocifs de ces agents. Ils affectent alors le fœtus ou l'enfant à naître au cours de la petite enfance.

UNE MALADIE PROFESSIONNELLE

Le contexte
Des tumeurs cérébrales sont plus fréquentes chez les personnes exposées régulièrement aux substances chimiques suivantes :

  • Nitrile acrylique,
  • Chlorure de vinyle,
  • Formol,
  • Huiles de lubrification,
  • Composés nitrés,
  • Phénols,
  • Pesticides,
  • Hydrocarbures polycycliques et solvants organiques

Quelles industries ?
De nombreux travailleurs peuvent donc être exposés à une combinaison de plusieurs de ces agents. Les principales industries sont les suivantes :

  • Les fabricants de caoutchouc synthétique (augmentation du risque par 9),
  • La production de polyvinyle,
  • La production de pétrole brut et de produits chimiques dérivés,
  • La fabrication de médicaments

 Il faut noter aussi un risque accru dans l'industrie nucléaire et dans l'armement. Enfin, les agriculteurs utilisant des produits chimiques agricoles présentent un risque plus élevé.

Le tableau TRG 85
Il précise les conditions requises pour une reconnaissance en maladie professionnelle d'un glioblastome. le délai de prise en charge est de 30 ans. La liste des métiers en cause est indicative (I).

Les pesticides

Les études menées chez les agriculteurs ont généralement conclu à un excès de tumeurs cérébrales dans cette profession.
Les produits à risque, les plus souvent cités dans la littérature scientifique, sont le pentachlorophénol (PCP) qui est utilisé pour protéger le bois et l'application d'engrais azotés.
En ce qui concerne les pesticides, les produits suivants pourraient être incriminés comme le bufencarb, non autorisé en France, le chlorpyrifos (Kregan, Nelpon, Pyrinex), le coumaphos, la metribuzine (Lexone,Sencor) et la paraquat (Gramoxone).
Cependant, il faut souligner qu’aucun lien de causalité directe ne peut être formellement affirmé à ce jour en l'absence d'études indépendantes.

Les traitements hormonaux et risque de méningiome

Les progestatifs
Ce sont des médicaments utilisés dans le traitement de l'endométriose, de certains fibromes de l’utérus, des troubles du cycle menstruel ou, plus rarement, pour le traitement hormonal substitutif de la ménopause ou, enfin, en cas d'infertilité par insuffisance lutéale ou d'avortements à répétition.
Il a été récemment maintenant montré que l'utilisation de progestatifs nomégestrol (Lutényl™ et génériques) et chlormadinone (Lutéran™ et génériques) est associée à un surrisque de méningiome. Ce surrisque est estimé à environ 100 nouveau cas par cas an.
Lorsque la durée de traitement dépasse six mois, le risque de développer un méningiome est multiplié par trois par rapport aux autres femmes. Combiné à la durée, ce risque augmente avec la dose utilisée. Il est multiplié par :

  • 12 après 5 ans de traitement par Lutényl™ avec une posologie de 5 mg/jour pendant 20 jours/mois ;
  • 7 après 3,5 ans de traitement par Lutéran™ avec une posologie de 10 mg/jour pendant 20 jours/mois).


Une étude portant sur plus de 18 000 femmes opérées d’un méningiome et plus de 90 000 femmes « témoin » entre 2009 et 2018 a montré que l’utilisation prolongée de promégestone (Surgestone™ 0,5 mg et génériques), de médrogestone (Colprone™ 5 mg et génériques) ou d’acétate de médroxyprogestérone (Depo-Provera™ 150 mg / 3 ml et génériques) était associée à un surrisque de méningiome, risque qui augmente lorsque la durée de traitement dépasse 1 an, ce qui est souvent le cas.

Les stérilets (DIU) au lévonorgestrel
Ils ne sont pas associés à un surrisque de méningiome. 

Les traitements par la progestérone
Qu'ils soient par voie orale, intravaginale ou cutanée par Utrogestan™ et génériques ou par la dydrogestérone (Duphaston™, Climaston™) ne sont pas associés à un surrisque de chirurgie de méningiome intracrânien.

Le traitement par Androcur™ ou génériques
L'acétate de cyprotérone et ses génériques est un médicament androgène, dérivé de la progestérone. Il est utilisé pour le traitement de certaines pathologies hormonales chez la femme (hyperpilosité), dans le traitement hormonal destiné aux personnes transgenres et, maintenant très rarement, comme traitement hormonal des cancers de la prostate. est associée à un surrisque de méningiome.

Les autres facteurs de risque discutés

Des virus peuvent, chez l'animal, provoquer le développement de tumeurs cérébrales. En dehors du virus du SIDA aucune relation entre virus et tumeur cérébrale n'a été confirmée. Une relation a été évoquée entre le vaccin anti-polio fabriqué à partir du virus SV40 et l'apparition chez l'enfant de médulloblastome. Cette hypothèse n’a jamais été confirmée. Des recherches sont en cours pour déterminer si l'exposition à certains virus pouvait être un facteur de risque de tumeur du cerveau.
L'obésité est un facteur de risque pour les méningiomes.
A l'opposé, il n'y a pas de données scientifiques prouvant une relation entre les traumatismes crâniens (de la tête) et l'augmentation du risque de développer une tumeur maligne du cerveau. Il en va de même de la consommation d’aspartame.

Mise à jour

10 décembre 2023