Les tumeurs endocriniennes

Des maladies rares...

LEUR INCIDENCE

Les tumeurs endocriniennes

Elles ne représentent qu’un pour-cent des cancers du pancréas.
Elles surviennent, en moyenne 10 ans avant les cancers habituels du pancréas.
La plupart des tumeurs endocrines du pancréas sont, en principe, bénignes, mais il est très difficile de prédire l'évolution de ces tumeurs.


LES MALADIES CONCERNÉES

Différentes dénominations

Sous le terme "tumeur endocrinienne du pancréas" sont regroupées d'autres tumeurs comme :  les tumeurs carcinoïdes, les tumeurs neuro-endocrines, APUDome (APUD pour Amine Precursor Uptake and Decarboxylation) .

Des tumeurs secrétant ou non...

Ces tumeurs ont comme point commun de se développer à partir de tissus embryonnaires de l’intestin antérieur.
Sur un plan pratique, les spécialistes distinguent :

  • Les tumeurs fonctionnelles responsables de symptômes liés à une production de substances biologiquement actives comme des peptides ou des amines. Elles nécessitent un traitement symptomatique spécifique.
  • Les tumeurs non fonctionnelles , sans symptômes liés à une production de peptides ou d’amines.

 

Des tumeurs à prédisposition génétiques 


Elles peuvent s’intégrer dans le spectre de maladies pour lesquelles il existe une prédisposition génétique reconnue, comme :

  • Une néoplasie endocrine multiple de type 1 (NEM 1), assez souvent
  • Une maladie de von Hipple-Lindau (VHL)
  • Une neurofibromatose de Recklinghausen (ANR)

 

LEUR SIÈGE

Elles peuvent se situer sur tout le tube digestif, de l’œsophage au rectum.
Les sites préférentiels sont la partie terminale de l’intestin grêle, l’iléon, l’appendice, le rectum et la région du duodénum et du pancréas.

Classification OMS 2010 des tumeurs endocrines du pancréas

Les tumeurs neuroendocrines G1

  • Tumeur limitée au pancréas, sans invasion vasculaire ni infiltration périnerveuse
    • Taille < 2cm, < 2 mitoses/10 champs à fort grossissement, ≤ 2% de cellules positives pour le Ki-67/MIB1
    • Comportement évolutif bénin
    • Pronostic indéterminé : tumeur limitée au pancréas, présentant une ou plus des caractéristiques suivantes :
      • Taille ≥ 2 cm (2-10 mitoses/10 champs à fort grossissement > 2% de cellules positives pour le Ki-67/MIB1
      • Invasion vasculaire et infiltration périnerveuse

 

Les tumeurs neuroendocrines G2, bien différenciées

    • Bas grade de malignité mais important envahissement local et/ou métastases
    • Haut grade de malignité (> 10 mitoses / 10 champs à fort grossissement)

 

Les carcinomes neuroendocrines G3 à grandes ou à petites cellules peu différenciés

Les carcinomes mixtes endocrines-exocrines (appelés adénoneuroendocrines)

Les lésions hyperplasiques et prénéoplasiques

Les tumeurs secrétantes : LES INSULINOMES

EN BREF...

L'incidence est de 1 à 4 cas par million d’habitants et sont malins dans environ 10 % des cas (soit 1 à 5 nouveaux cas par an en France). Ils représentent de 35 à 45% de tumeurs endocriniennes du pancréas.
Ce sont des tumeurs développées à partir cellules des îlots de Langerhans du pancréas. Ce sont des cellules spécialisées dans la production d'insuline.
Les insulinomes produisent de grandes quantités d'insuline, ce qui peut entraîner une forte baisse du taux de sucre dans le sang, c’est-à-dire des hypoglycémies surtout à jeun et à l'effort.

Le diagnostic peut faire appel à une technique très particulière l’OctreoScan™

LEUR TRAITEMENT

La chirurgie
Le diazoxide (Proglicem™) ou les analogues de la somatostatine constituent les options de première ligne thérapeutique symptomatique.
L’évérolimus est proposé en deuxième intention pour le contrôle symptomatique en cas d’intolérance ou d’échappement au diazoxide et analogues de la somatostatine.
La chimio-embolisation hépatique d’action anti-sécrétoire rapide est utilisée en cas d'hypoglycémie sévère, réfractaire aux thérapeutiques médicamenteuses.

D'autres tumeurs secrètantes..

LES GLUCAGONOMES

Ces tumeurs sont, en général, malignes qui produisent du glucagon en excès.

Le glucagon induit une élévation très importante de la glycémie et peut induire rapidement un diabète.

Les patients présentant des glucagonomes développent parfois une urticaire très grave appelée érythème nécrotique migratoire. Elle se produit sur la partie inférieure du tronc, les fesses, le périnée et les cuisses. Un dermatologue peut diagnostiquer cet érythème.
Il est également possible que certains patients maigrissent, souvent en rapport avec une complication.

Le diagnostic

Les examens biologiques révèlent une hyper glucagonémie.
La tumeur est mise en évidence sur les échographies transpariétale et endoscopique, le scanner abdominal, voire l’artériographie cœliaque.

Le traitement

En raison de la rareté de la pathologie, il n’existe pas de traitement bien codifié. Les options comprennent la chirurgie et la chimiothérapie.
Il repose sur la chirurgie radicale lorsqu’elle est possible
La chimiothérapie adjuvante est nécessaire lorsque la tumeur n’a pu être extirpée en totalité. Elle est traitement de base des cas inopérables et en cas de récidive ou de métastases.
Le traitement de première comporte la dacarbazine en association avec somatostatine.
En cas de métastases hépatiques localisées une embolisation artérielle hépatique est une optione.
La durée du traitement est variable et dans certains cas, le traitement pourra durer deux ans.

LE GASTRINOME

Ce que c’est…

Dans ces tumeurs, la gastrine est secrétée en excès. Le risque de malignité est d’environ 50 %.
Le syndrome de Zollinger-Ellison recouvre l'ensemble des manifestations induites par une sécrétion anormale de gastrine, par une tumeur endocrine duodénale ou pancréatique (gastrinome). Le syndrome associe des ulcères duodénaux sévères et une diarrhée.
Dans certains cas, le syndrome de Zollinger-Ellison est partie intégrante d'une néoplasie endocrine multiple de type I (NEM 1), associé alors à une hyperparathyroïdie et plus rarement à d'autres atteintes des glandes endocrines.

Le traitement spécifique

Les symptômes sont contrôlés par les médicaments antisécrétoires, en particulier les inhibiteurs de la pompe à protons, comme par exemple, le Mopral™, le Lanzor/Ogast™, l’Inexium™, l’Inipomp™, etc.
La guérison peut être obtenue lorsque la tumeur et ses éventuels ganglions satellites sont accessibles à une résection radicale.

LE VIPOME

Il est aussi appelé syndrome de Verner-Morrison ou encore de choléra pancréatique.
Ce syndrome est en rapport avec une tumeur maligne dans environ 60 % des cas. Elle est responsable d’une diarrhée motrice sévère, avec hypokaliémie, due à la sécrétion excessive de VIP ( Vaso-Intestinal Peptide), dosable dans le sang. Cette diarrhée persiste à l’épreuve du jeun.


Le traitement repose si possible sur la chirurgie.
Les analogues de la somatostatine permettent de mieux contrôler la diarrhée motrice.


LE SOMATOSTATINOME

Il est exceptionnel et très souvent malin.

Sa symptomatologie est discrète, elle associe un diabète non-insulino dépendant (diabète de type 2), une lithiase vésiculaire et une fatigue importante (asthénie).
Le diagnostic n’est souvent fait que par un dosage systématique de la somatostatine devant une tumeur du pancréas localisée ou métastatique.

Les tumeurs neuro-endocrines non secrétantes

Elles sont souvent malignes. Elles peuvent être bien différenciées et d’évolution lente ou indifférenciées et d’évolution rapide.
Le traitement des tumeurs bien différenciées repose sur la chirurgie si elle est possible, celui des indifférenciées sur la chimiothérapie (étoposide et cisplatine).

Les progrès récents

DE NOUVEAUX ESPOIRS...

La recherche clinique mondiale a permis de montrer l'intérêt des traitements ciblés pour ce type de pathologie.

L'everolimus (Certican/Afinator™)

C'est un inhibiteur de la mTOR et actif par voie orale
est maintenant homologué pour le traitement des tumeurs neuroendocrines avancées du pancréas.
Cette biothérapie, active par voie orale, donnée en traitement continu, augmente significativement la survie et le temps sans rechute de la maladie.

Le sunitinib (Sutent)

Il est en cours d'évaluation dans cette même indication.


UN THERANOSTIQUE

L’edotreotide (SomaKit TOC™)

C'est un peptide analogue de la somatostatine, peut être radiomarqué par un nucléide émetteur β+, le gallium 68, pour effectuer une imagerie par TEP des tumeurs neuroendocrines gastro-entero-pancreatiques bien différenciées.

Le 177 Lu-Dotatate (Lutathéra™)


Ce peptide spécifique des cellules tumorales exprimant le récepteur à la somatostatine, a été légèrement modifié en oxodotréotide pour pouvoir être radiomarqué par le lutécium 177, émetteur β-, cette fois-ci à visée thérapeutique

les résultats positifs de l'étude pivot NETTER-1, portant sur 229 patients présentant une tumeur neuroendocrine digestive inopérable et/ou métastatique exprimant les récepteurs à la somatostatine, ont permet l'homologation de ce médicament.

Pour vous aider...

POUR EN SAVOIR PLUS...

Vous pouvez obtenir des informations complémentaires sur ces maladies rares en visitant les sites Internet suivants :

 

POUR UNE PRISE EN CHARGE

RENATEN Réseau National de prise en charge des Tumeurs neuro-Endocrines Malignes Rares Sporadiques et Héréditaires

DES ASSOCIATIONS
 
APTED Association des patients de tumeurs endocrines digestives
Courriel :
contact@apted.fr
162, avenue Lacassagne 69424 Lyon  Cedex 03

ACFE :Association Francophone de Chirurgie Endocrinienne

CNETSC  :Carcinoide NeuroEndocrine Tumor Society Canada

GTE Groupe d'étude des tumeurs endocrines
 
WorldWide Net Cancer Day La communauté mondiale des associations sur les tumeurs neuro-endocrines (langue anglaise)

Mise à jour

27 octobre 2017