Les polypes

Tous les polypes ne sont pas cancéreux mais peuvent le devenir...

UN POLYPE

Petite excroissance qui se développe sur les muqueuses des cavités naturelles de l'organisme (vagin, intestin, vessie…). C’est une tumeur bénigne qui peut se transformer en cancer.

C'EST  FRÉQUENT ...

Ce sont les tumeurs bénignes les plus communes du côlon et du rectum.
La prévalence des polypes est élevée (20 à 50 % de la population selon les études), et augmente avec l’âge, pour atteindre 30 % des sujets de 65 ans.

LES POLYPES DU COLON

Il existe deux types de polypes : les bénins, en principe non précurseurs de cancer, et les polypes à risque

Les polypes bénins

Dans cette catégorie, on retrouve les polypes : hyperplasiques, muqueux, les pseudopolypes inflammatoires, les sous-muqueux et les hamartomes. Ils n’évoluent pas vers le cancer sauf dans des rares cas (hyperplasique et hamartome). Le polype hyperplasique est le plus fréquent. Il siège principalement dans la région recto-sigmoïdienne et mesure souvent < 5 mm. Les petits polypes ont un risque minime de transformation maligne contrairement aux gros.

Les polypes à risque d'évoluer vers un cancer

Ils incluent les polypes dentelés et adénomateux.
Les polypes dentelés regroupent le polype hyperplasique, les adénomes dentelés traditionnels (Traditional Serrated Adenomas - TSA) et sessiles (Sessile Serrated Adenoma : SSA).
Les SSA se trouvent préférentiellement dans la partie proximale du côlon et présentent une dysplasie particulière. A l’inverse, les TSA se situent préférentiellement dans le rectosigmoïde et ont des dysplasies.

En cas de polype hyperplasique distal, il existe un risque de cancer proximal de 20 à 25 %.

La présence d’un polype dentelé ≥ 1 cm est associée avec un risque de trois fois supérieur de développer un cancer, en particulier s’ils sont situés dans la partie proximale du côlon.

Les polypes adénomateux


Ce sont les plus fréquents (70 %). Ce sont, histologiquement, adénomes.
Dans la population générale, un tiers des sujets de 50 ans et 50 % de ceux de 70 ans en présentent. Le risque augmente avec l’âge, l’IMC (Indice de Masse Corporelle) et le manque d’activité physique.
Les polypes adénomateux sont dysplasiques, par définition mais seuls 5 % dégénéreront en cancer sur une période de sept à dix ans.
Ils se présentent sous différents aspects qui seront précisés sur le compte-rendu de coloscopie. Ils s'agir d'un polype dentelé, pédiculé, plat ou déprimé selon leur aspect à la coloscopie. A l'examen pathologique, ils sont classés en polypes tubuleux (80 %), villeux (10 %) et tubulo-villeux (10 %)).
Les caractéristiques histologiques associées à un risque de développer un cancer sont la taille, la présence de dysplasie de haut grade et l’histologie villeuse.

 

Plus en détail

LEURS CARACTÉRISTIQUES

La taille de polypes coliques

Elle varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres. La taille des polypes permet de définir trois classes de polypes

  • Minime (1 à 5 mm de diamètre)
  • Petit (6 à 9 mm)
  • Grands (≥ 10 mm)


Par définition, sont considérés comme des adénomes avancés en ne tenant compte uniquement de la taille les polypes dont

  • Le diamètre est supérieur à 1 cm
  • Le diamètre est moins de 1 cm s’ils contiennent au moins 25 % d’aspect villeux, de dysplasies de haut grade ou carcinome.

 

Les polypes Adénomateux

Ils représentent 10% de tous les polypes du colon. Plus de 90% de ceux-ci sont < 1.5 cm et ont un faible potentiel de malignité. Les polypes adénomateux plus gros (10%) ont un plus grand potentiel de malignité

L'aspect villeux

Les adénomes avec un aspect villeux représentant de 25 à 75 % de la tumeur, sont considérés comme tubulo-villeux. Ils se rencontrent plus fréquemment au niveau du rectum.
Ceux dont l’architecture villeuse représente  plus de 75 % sont classés comme les adénomes villeux.
Les polypes villeux présentent le plus grand risque de cancérisation.

Les polypes sessiles

Leur base d'implantation est large et se retrouvent habituellement  dans partie proximale du côlon.
Les facteurs suivants sont des signaux d'alarme pouvant indiquer une transformation : la taille de la base d'implantation, l'âge, le tabagisme et l'existence d’antécédents familiaux.

Les polypes pédiculés

Ils ont une base étroite, plus ou moins allongée, comme une queue de cerise.
Leur nombre est variable. Le plus souvent solitaires, ils sont quelque fois multiples. Lorsqu’il existe de nombreux polypes, on parle de polypose colique. Plus rarement leur localisation diffuse ou disséminée est responsable d’une polypose ou adénomatose rectocolique, qui peut comporter plusieurs milliers d’éléments.

Leur localisation


Chez les sujets de moins de 60 ans, ils se retrouvent plus volontiers dans la partie distale du côlon.
Au delà de 60 ans, il siègent plus souvent dans la partie proximale du côlon.

L'origine de l'affection...


L’adénome colique est une prolifération de cellules des cryptes de Lieberkühn* (glandes exocrines tubuleuses droites de l'épithélium de l'intestin grêle et du côlon qui secrètent diverses enzymes, comme la sucrase et la maltase), dont la dédifférenciation et les atypies sont plus ou moins marquées.
L’OMS individualise trois types de lésions bénignes :

  • L’adénome tubuleux (polyadénome) dans 75 % des cas
  • L’adénome villeux (tumeur villeuse) qui se présente comme une prolifération végétante dans 5 % des cas
  • L’adénome tubulo-villeux (polyadénome villeux) est une prolifération associant les deux formes précédentes dans 20 % des cas

 

L'ASPECT AU MICROSCOPE 

L'examen histopathologique des polypes du côlon définit leur potentiel d’évolution cancéreuse.

Les petits adénomes sont considérés comme très suspects si 25 % des cellules sont d’aspect villeux, s’il existe une dysplasie de haut grade ou un aspect de carcinome. Il faut souligner que 10% des très petits polypes ont des éléments suspects.

L'adénome plan

C'EST MOINS FRÉQUENT...

C’est une lésion à peine surélevée mesurant moins d’un centimètre de diamètre.

Son aspect est rougeâtre ou érythémateux.

Sa structure au microscope correspond à un adénome particulier en raison de son épaisseur inférieure au double de celle de la muqueuse saine adjacente.

LE RISQUE DE CANCÉRISATION

Le risque moyen de présenter des lésions de dysplasie sévère ou d’adénocarcinome in situ est d'environ 13 %. Ce risque dépend de trois facteurs :

  • Du caractère déprimé de la surface de l’adénome
  • De sa taille
  • De l’ethnie du patient

POLYPES & CANCER COLORECTAL

LE PASSAGE...

Les cancers colorectaux se développent, majoritairement, à partir d’un polype mais peu d’adénomes deviennent cancéreux au cours de la vie.
La durée de la séquence polype à cancer est très variable. Elle est exceptionnellement inférieure à 5 ans. Sa durée moyenne est de l’ordre de 10 à 15 ans.

LES VOIES DE LA CANCÉROGENÈSE

Deux voies sont décrites, soit une instabilité chromosomale soit à une instabilité microsatellitaire .

L'instabilité chromosomique


C'est la voie de cancérogenèse la plus fréquente (85 %).
Elle résulte essentiellement d’une perte de fonction de plusieurs gènes suppresseurs de tumeur tels que les gènes APC , K-ra s, P53 ,…

L'instabilité microsatellitaire (IMS)

L’autre voie est minoritaire (15 %).
Elle résulte essentiellement de l’inactivation des gènes MMR entraînant une accumulation rapide de mutations d’autres gènes dans la cellule.
Cette forme serait de meilleur pronostic.

La règle des 10%

10 % des les polypes sont adénomateux

10 % des polypes adénomateux sont > 1cm

10 % des polypes adénomateux > 1 cm sont cancéreux

Mise à jour

26 mars 2020