La prévention

Une consultation d’oncogénétique

QUAND ?

Une consultation d’oncogénétique est recommandée devant

  • La survenue d’un cancer de l'estomac avant 40 ans car l''adénocarcinome gastrique appartient au spectre des cancers du syndrome HNPCC, mais également au phénotype de la polypose adénomateuse familiale, du syndrome de Peutz-Jeghers et de la polypose juvénile.
  • L'existence d'au moins 2 cas de cancer gastrique de type diffus chez des apparentés au premier ou au deuxième degré, dont un cas diagnostiqué avant 50 ans, ou bien 3 cas chez des apparentés de premier ou deuxième degré quel que soit l'âge.
  • En cas d'antécédent personnel ou familial de cancer lobulaire du sein


DES MUTATIONS GERMINALES


Dans ces différentes situations une forme familiale de cancer gastrique par mutation du gène de la E-cadhérine est possible.
Ces cancers gastriques diffus héréditaires sont liés à une mutation germinale de l’anti-oncogène CDH1 avec perte de fonction de la protéine E-cadhérine. Le mode de transmission est autosomique dominant.

QUE FAIRE ?


En cas de « cancers gastriques diffus héréditaires » avec mutation confirmée de l’anti-oncogène CDH1 , une gastrectomie totale prophylactique doit être discutée dès l'âge de 20 ans chez les porteurs sains de la mutation.
Si la chirurgie est refusée ou dans l’attente de la gastrectomie, une chromo-endoscopie sera proposée annuellement dès le diagnostic, ou 5 ans avant l’âge de détection du plus jeune cas de la famille.

DE PLUS...
 

Le risque élevé de cancer du sein associé justifie également une surveillance annuelle par mammographie à partir de 35 ans.

En dehors des syndromes de prédisposition génétique

QUI EST CONCERNÉ ?

Ce sont les apparentés au premier degré d’un patient porteur d’un adénocarcinome de l’estomac.
Dans ce cas, la recherche et l’éradication, le plus tôt possible chez l’adulte, d' Hélicobacter pylori sont recommandées en raison du sur-risque représenté par les deux facteurs, d'une l'antécédent de la maladie au premier degré et, d'autre part, l'infection à Hélicobacter pylori

EN PRATIQUE...


Pour les sujets de moins de 45 ans un test respiratoire à l'urée 13C ou une sérologie Helicobacter pylori est recommandée.
Pour les sujets de plus de 45 ans une endoscopie digestive haute avec biopsies est à prévoir.

Ce que l’on sait…

LE SEL

Les études chez l’animal révèlent qu’un régime riche en sel provoque une gastrite atrophique qui favorise l’apparition de cancers gastriques.

LES NITRITES

Ils ont été impliqués à partir d’études épidémiologiques et de modèles expérimentaux de carcinogenèse gastrique chez les rongeurs.
Les nitrites gastriques proviennent essentiellement des nitrites alimentaires contenus en quantité importante, soit du fait des procédés de fabrication comme dans les salaisons, les fumaisons ou certaines conserve), soit en raison de la conversion de nitrate en nitrite par certaines les bactéries. Cette dernière réaction ne se produit pas à moins de 2°C.
La quantité de nitrites alimentaires a considérablement diminué dans les pays industrialisés en raison des modes de conservations des aliments en congélateurs ou en réfrigérateur. C’est une des explications avancées pour expliquer la diminution de l’incidence du cancer de l’estomac dans ces pays.
Les bactéries qui colonisent l’estomac en cas de gastrite atrophique peuvent convertir, à pH supérieur à 5, les nitrates alimentaires en N-nitrocomposés particulièrement cancérogènes.
Cependant, il faut souligner qu’une étude de cohorte prospective néerlandaise n’a pas retrouvé de corrélation entre l’ingestion de nitrates et de nitrites et le cancer de l’estomac.

  L'ÉRADICATION DE L' HELICOBACTER PYLORI

Son utilité est démontrée dans le traitement certaines maladies bénignes de l’estomac comme les ulcères.
Son efficacité, dans la prévention du cancer de l’estomac, fait l’objet de recherches poussées, surtout au Japon.
Récemment une méta-analyse, rapportée dans la revue Annals of Internal Medicine (2009;151:121-8) et portant sur six essais publiés, a montré une diminution du risque relatif de développer la maladie de 35 % (IC 95% de 11 à 57 %). 

En pratique, une hygiène de vie…

ARRÊTER DE FUMER !

L’arrêt de la consommation du tabac peut contribuer à diminuer le risque de cancer.
D’une part, plusieurs études cas-témoins et de cohortes ont montré l’existence d’une augmentation du risque de cancer de l’estomac associée au tabagisme, tout particulièrement en cas d’infection concomitante par l’ Helicobacter pylori D’autre part, la consommation de tabac, il est démontré que le tabac favorise la progression de lésions pré-néoplasiques.

MANGEZ MIEUX !

Diminuez votre consommation de viande...

L'étude EPIC a montré que le risque de développer la maladie, en dehors de sa localisation au cardia, était augmenté par la consommation de viande [Risque Relatif = 3,52 (intervalle de confiance 1,96 à 6,84)]. Le risque est augmenté par chaque augmentation de :

  • 100 g/jour de la consommation de viande [Risque Relatif = 1,73 (intervalle de confiance 1,03 à 2,88)]
  • 50 g/jour de charcuterie [Risque Relatif = 2,45 (intervalle de confiance 1,43 à 4,21)].


Mangez des légumes et des fruits frais...

De nombreuses études cas-témoins ont suggéré un rôle protecteur d’une alimentation riche en fruits frais, en légumes crus ou en vitamine C. En effet, les antioxydants contenus dans ces aliments inhibent les radicaux libres potentiellement cancérogènes.

Modérez votre consommation d’alcool...

La relation entre consommation d’alcool et la survenue d’un cancer de l’estomac a fait l’objet de plusieurs études. Bien qu’elles ne permettent pas d’établir clairement que l’alcool soit un facteur de risque pour le cancer de l’estomac, la diminution de sa consommation est un point important d’hygiène de vie.

Diminuez votre consommation de sel...

Plusieurs études ont montré une augmentation du risque relatif. Cette augmentation du risque est plus significative lorsqu'il s'associe à des techniques de fumage.

LA PRÉVENTION DU CANCER DE L'ESTOMAC

Efficacité reconnue

Dépistage organisé dans les pays à haute incidence, comme le Japon

Éradication de l'Helicobacter pylori en cas de cancer gastrique dans la famille (réduction de la mortalité)

Efficacité possible

Gastrectomie préventive dans le cas de mutations (formes familiales)

Diminution de la consommation de viande, de charcuterie et de poisson fumés ; 

Éradication d’une infection à Helicobacter pylori

Mise à jour

30 janvier 2020