Les tumeurs non endocriniennes

En fonction du siège de la tumeur

La localisation de la maladie influe sur la nature des symptômes observés et sur la stratégie thérapeutique.
Le cancer du pancréas peut émerger de n’importe quelle région anatomique du pancréas,
La localisation céphalique affecte la tête du pancréas qui est contre le duodénum. C'est la plus fréquente, représentant environ 2 cas sur 3.
La maladie, plus rarement peut débuter au niveau du corps du pancréas qui est très profond ou de la queue du pancréas qui est voisine de la rate.

Tumeurs des canaux excréteurs ou canalaires

Lorsqu'on parle de cancer du pancréas, il s'agit la plupart du temps de ce type de tumeur car elles représentent plus de 90 % des tumeurs solides de cet organe.
Environ 80 % des tumeurs sont des adénocarcinomes ductulaires mais il en existe plusieurs types en fonction de l'aspect au microscope.
Au microscope, l'adénocarcinome se présente sous forme de petites glandes qui entourent un espace vide.
Cette tumeur peut devenir assez volumineuse et envahir les éléments nerveux situés en arrière de la glande et causer des douleurs dorsales.
Elle peut s'étendre au foie et aux ganglions lymphatiques. Dans ce cas, la tumeur peut être considérée par le chirurgien comme non-resécable (non opérable.)

Les autres tumeurs canalaires sont très rares…

PARFOIS

Les tumeurs à cellules géantes

Ces tumeurs sont extrêmement rares mais qu'il est important d'identifier car elles peuvent ne pas être aussi agressives que les adénocarcinomes. Il faut savoir que la taille des cellules ne préjuge pas de la taille de la tumeur elle-même.

Carcinome adéno-squameux

C’est une variante rare du cancer pancréatique, semblable à l'adénocarcinome car il forme aussi des glandes. Ces tumeurs présentent une différenciation épidermoïde, ce qui signifie que les cellules ont tendance à s'aplatir au fur et à mesure qu'elles se développent. Ce type de cancer du pancréas peut être confondu avec une localisation secondaire (métastase) d’un cancer épidermoïde comme un cancer de l'œsophage.

Tumeurs papillaires mucineuses

Ces tumeurs rares mais très spécifiques ont été tout d'abord décrites au Japon dans les années 1980. La tumeur se développe le long des canaux du pancréas qui drainent les sucs pancréatiques dans le duodénum. Certaines de ces tumeurs sont bénignes, et certaines sont malignes (cancéreuses.) Naturellement, il est extrêmement important d'établir cette distinction qui ne peut être réalisée que par un examen microscopique des tissus.

Adénocarcinome kystique mucineux

L'adénocarcinome mucineux kystique est une tumeur du pancréas rare qui présente des kystes contenant du liquide. Les espaces à l'intérieur la tumeur spongieuse contiennent un liquide épais appelé mucine. Ils sont à distinguer des cystadénomes séreux qui peuvent se transformer à la longue en cancer. Ces tumeurs peuvent être bénignes ou déjà être cancéreuses.
Même dans les cas où un cancer est découvert tardivement, le pronostic de ces tumeurs est meilleur que celui des adénocarcinomes communs.

EXCEPTIONNELLEMENT...

Le carcinome à cellules acineuses

C’est une tumeur rare (1 à 2 %) qui peut produire un excès des enzymes digestifs produits normalement par le pancréas. Cette augmentation des enzymes entraîne des symptômes particuliers comme des démangeaisons, des douleurs articulaires et un taux élevé de polynucléaires éosinophiles (type de globules blancs). Au microscope, ces cellules ont une apparence granuleuse typique. Des examens spéciaux comprenant une étude en microscopie électronique peuvent être effectués pour diagnostiquer ce type de tumeur.

Les pancréatoblastomes

Ces tumeurs malignes rares se produisent principalement chez les enfants sans raison connue. Ces tumeurs sont appelées aussi cancer pancréatique de l'enfant. Au microscope, ces tumeurs apparaissent comme des nids ou comme des cellules squameuses plates flottant parmi des cellules plus uniformes. Le taux de survie de ces patients atteints de ces tumeurs est plus élevé que celui de ceux atteints d'adénocarcinomes.

Les tumeurs solides et pseudo papillaires

Ces tumeurs rares se produisent principalement chez les femmes de la trentaine. Comme leur nom l'indique, certaines parties de la tumeur sont solides et d'autres sont papillaires. Ces tumeurs bénignes ont un très bon pronostic bien qu'elles puissent s'étendre et nécessiter une ablation chirurgicale.

En résumé...

 

 

Tumeur

Tissu concerné

Fréquence

Caractéristiques

Non-endocrines

Canalaire

> 90 %

Adénocarcinome+++
Tumeur à cellules géantes

Tumeur adénosquameuse
Tumeur mucineuse
Adénocarcinome kystique

Acini (glande)

2 %

Tumeur à cellules acineuses
Adénocarcinome kystique à cellules acineuses

Endocrines

Ilots de Langerhans

5 %

Insulinome
Glucagonome
VIPome

Ce que l’on sait aujourd’hui de la cancérogenèse

LA CELLULE CANCÉREUSE PANCRÉATIQUE

Elle est particulièrement agressive car elle possède des propriétés oncogéniques très accentuées, avec des pouvoirs :

  • D'autosuffisance de croissance cellulaire;
  • De migration et de pouvoir métastatique (par voie vasculaire et nerveuse);
  • De résistance à l'apoptose;
  • De négligence de la réparation d'ADN;
  • De résistance à l'immunité cellulaire (insensibilité au FAS ligand);
  • De mise en place/maintien de la vascularisation tumorale.

 

DES MUTATIONS GÉNÉTIQUES 


Elles sont très fréquentes et désorganisent rapidement la machinerie cellulaire. Les anomalies les plus communes sont les suivantes :

  • Mutation du gène p53 dans 70 % des cas
  • Mutation du gène K-ras dans 90 % des cas
  • Mutation du gène p16 dans 80% des cas
  • Surexpression des récepteurs du facteur de croissance épidermique (EGFR) dans plus de  60 % des cas
  • Surexpression fréquente du facteur de croissance vasculaire (VEGF)

 

Le cancer du pancréas présente l'incidence la plus élevée de mutations du gène K-ras identifiées jusqu'ici dans les tumeurs humaines. Ces mutations sont généralement situées au niveau du codon 12. La fréquence de cette mutation varie de 20 à 100 %, selon les techniques utilisées. De plus, elle se produit rapidement dans le modèle de progression de la tumeur pancréatique.

UN PROCESSUS ÉVOLUTIF

L’épithélium normal évolue du stade in situ (PanINs) vers le stade de cancer invasif par étapes définies histologiquement.
La surexpression de HER-2/neu et les mutations ponctuelles du gène K-ras se produisent très tôt dans ce modèle, l’inactivation du gène p16 se fait à une étape intermédiaire et celle des gènes p5 3 , DPC4 et BRCA2 plus tard. Ces étapes sont présentées dans le tableau ci-dessous.

Les types moléculaires

Type moléculaireFréquenceSpécificités
Type 1 : stable 20 % ≤ 50 variations structurelles
Type 2 : localement réarrangé 50 % 1 événement focal sur 1 ou 2 chromosomes
Type 3 : dispersé 35% Dégâts chromosomiques aléatoires 
< 200 variations structurelles
Type 4 : instable 15 % > 200 variations structurelles 
Défaut de réparation de l’ADN

Mise à jour

1er juillet 2016