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Le bilan initial

Le rendez-vous avec le spécialiste

La prise en compte de votre passé médical
Au cours de l'entretien, le spécialiste vous demandera de préciser tous les symptômes que vous ressentez. Il vous interrogera, aussi, sur votre passé médical, sur vos autres problèmes de santé. Il recherchera, en détail, tous facteurs de risques de maladies de l’estomac, qu’elles soient « bénignes » ou « malignes ». Par exemple, votre médecin s’enquerra de savoir si vous avez des parents proches qui ont présenté des maladies de l’estomac bénignes ou malignes ou d'autres cancers, en particulier, digestifs.

Un examen clinique approfondi
Cet examen est réalisé pour rechercher toute anomalie de l’abdomen, en particulier des zones douloureuses, une augmentation du volume du foie et d’éventuels signes de jaunisse et de présence de liquide dans l’abdomen (ascite).
La recherche d’une atteinte du péritoine (membrane entourant les intestins) est effectuée en faisant un toucher rectal et/ou un toucher vaginal.
Les ganglions lymphatiques, situés au-dessus de la clavicule, seront palpés. Tout développement ou induration de ces ganglions lymphatiques peut donner des informations précises sur l'extension du cancer en dehors de l’estomac.

Les examens de routine

Les examens de laboratoire comprennent une analyse de sang appelée numération formule sanguine, ou, en abrégé, NFS, afin de rechercher la présence d’une anémie, en particulier par manque de fer.
Un test de recherche de sang dans les selles par un test immunologique est demandé afin de déceler des quantités microscopiques de sang.

Cancer de l'estomac (gastrique)

La fibroscopie oesogastrique

L'EXAMEN DE BASE...
Une fibroscopie digestive (endoscopie oeso-gastro-duodénale) est un examen endoscopique qui permet de visualiser la présence d’anomalies de la paroi interne de l’estomac et de faire des biopsies (prélèvement d’un échantillon de tissu en utilisant des instruments opérant à travers l’endoscope).
C'est l'examen nécessaire car, associé à des biopsies, il permet d’établir le diagnostic dans 95 % des cas
Lors de cet examen au moins 8 biopsies seront réalisées dans les zones suspectes..

CE QUE L'ON EN ATTEND DE L'EXAMEN...

Localiser la lésion

Elle peut être antropylorique, du corps et du fundus ou siéger à la partie supérieure de l'estomac ou au niveau du cardial. Ceci est un point important pour déterminer le choix de la technique chirurgicale.

Préciser l'aspect macroscopique de la lésion
Quand il est vu au moyen d’un endoscope, le cancer gastrique peut apparaître comme un ulcère ou une masse ressemblant à un polype. Il peut aussi avoir l’aspect d’une zone muqueuse blanche, plate et épaissie appelée « linite plastique ». Le mot « linite » vient de la couleur du lin. Cette dernière est plus difficile à reconnaître dans les stades précoces. Seule une biopsie de la zone douteuse pourra permettre d’établir un diagnostic.

Permettre, à partir des biopsies, l'histologie de la lésion
Au moins 8 biopsies seront pratiquées afin :

  • De définir le type histologique de la tumeur et de préciser le degrés de différenciation
  • De classifier la tumeur (classification de Lauren)
  • De préciser le niveau d'instabilité de l'ADN micro-satellitaire MSI
  • De rechercher une surexpression du facteur de croissance HER2, en immunohistochimique


Des biopsies antrales et fundiques à la recherche d’une infection à Helicobacter pylori sont également réalisées. 
La distance de la tumeur par rapport au cardia et au pylore, ainsi qu’à l’angle de His, est mesurée, ainsi que l’existence d’une hernie hiatale ou la présence d’un œsophage de Barrett pour les lésions de la jonction oeso-gastrique.

EN PRATIQUE...
C'est un examen qui se pratique en ambulatoire mais vous ne pourrez pas conduire après. Il est nécessaire d’être à jeun depuis six heures et ne pas fumer dans les trois heures qui précédent l’examen.
En cas de biopsie, les traitements anti-agrégant plaquettaires, comme l’aspirine, le clopidrogrel (Plavix™ et génériques) ou les anticoagulants (anciens ou nouveaux) seront arrêtés 24 heures avant l’examen.
La fibroscopie n’est pas un examen douloureux mais est simplement désagréable lors du passage du fibroscope dans le nez et/ou dans l’arrière gorge. Dans certains cas, un traitement sédatif peut être administré avant l’examen. Un gel, anesthésiant le fond de la gorge, est appliqué (par gargarisme). Son effet dure une quinzaine de minutes.
Il faut savoir que de petits saignements sont parfois observés après des biopsies, dans les 24 heures suivant l’examen.
Vous rentrerez chez vous le jour même.

La classification de Lauren* et ses implications

 

Type intestinal Type diffus Type mixte
  • Cellules tumorales bien différenciées, qui se développent lentement et ont tendance à former des glandes.
  • Plus chez l'homme
  • Affecte les personnes âgées.
  • Cellules tumorales peu différenciées, qui se comportent agressivement et ont tendance à se propager dans tout l'estomac 
  • Métastase  plus rapidement
  • Affecte autant l'homme que la femme
  • Touche des sujets plus jeunes
  • Forme intermédiaire

 

 

*Lauren P: The two histological main types of gastric carcinoma: Diffuse and so-called intestinal-type carcinoma. An attempt at a histo-clinical classification. Acta Pathol Microbiol Scand. 64:31–49. 1965

Les marqueurs tumoraux

Pour établir le diagnostic, le dosage des marqueurs tumoraux comme, l’antigène carcino-embryonnaire (ACE), l’alpha-foeto-protéine (AFP) ou le CA 19-9, n’a pas d’intérêt.
Il faut savoir que l’antigène carcino-embryonnaire et le CA 19-9 ne sont élevés, respectivement, que chez 40 et 30 % des patients atteints de cancers métastatiques. De ce fait, leur dosage n'est pas systématique.
Pour le suivi, leur dosage peut être utile  après le traitement en intention de guérir ou pour l’évaluation de l’efficacité d’une chimiothérapie.

Une consultation d’oncogénétique sera conseillée devant ...

  1. La survenue d’un cancer de l'estomac avant 40 ans car l'adénocarcinome gastrique appartient au spectre des cancers du syndrome HNPCC, mais également au phénotype de la polypose adénomateuse familiale (PAF), du syndrome de Peutz-Jeghers et de la polypose juvénile.
  2. L'existence d'au moins 2 cas de cancer gastrique de type diffus chez des apparentés au premier ou au deuxième degré, dont un cas diagnostiqué avant 50 ans, ou bien 3 cas chez des apparentés de premier ou deuxième degré quel que soit l'âge.
  3. Un antécédent personnel ou familial de cancer lobulaire du sein.

Mise à jour

15 décembre 2023