Le cancer de la lèvre

En bref...

GLOBALEMENT...

Les chiffres

Les cancers des lèvres ne sont pas rares et surtout chez les hommes, néanmoins, depuis quelques années, on observe une baisse de leur incidence. On estime qu'ils représentent environ 10 % des cancers cutanés et 1.2% des tumeurs de la sphère OR, près de 600 nouveaux cas en France métropolitaine en 2018, dont 70 % chez l’homme.
L’âge médian au diagnostic est de 70 ans chez l’homme et de 79 ans chez la femme

Sa présentation


Son siège de prédilection (90 % des cas) est le vermillon de la lèvre inférieure ((partie pigmentée qui borde l'ouverture de la bouche et fait la jonction entre le revêtement cutané externe et le revêtement muqueux interne).

. Il se présente sous la forme d’une ulcération survenant sur une lésion précancéreuse d’aspect dyskératosique, souvent secondaire à la cigarette.

Son type


Les cancers de la lèvre blanche sont des épithéliomas baso- ou spino-cellulaires.
Les cancers de la lèvre rouge sont des carcinomes épidermoïdes.

LES CAUSES RECONNUES

La muqueuse sèche, vermillon, est exposée au soleil, au froid, au vent. Ceci explique la fréquence de la maladie chez les ouvriers agricoles ou les marins pêcheurs.

La pipe, la cigarette fumée jusqu’au bout sont d’autres facteurs favorisants.

Comme pour les tumeurs de la bouche, l’alcool, le tabac et la mauvaise hygiène bucco-dentaire sont des facteurs aggravants.

Des lésions, comme une leucoplasie, une kératose, une chéilite (réaction inflammatoire des lèvres, associée ou non à une atteinte de la peau bordant les lèvres) ou une lésion inflammatoire de la lèvre, précèdent souvent le cancer.

Plus récemment, de par ses propriétés photosensibilisantes, l’hydrochlorothiazide, un diurétique largement utilisé, serait aussi un facteur de risque.

LEUR ASPECT CLINIQUE

Il s'agit dans la plupart des cas d'une ulcération saignante au contact reposant sur une base indurée, plus ou moins douloureuse.

Les facteurs de risque

  • La consommation de tabac
  • L’exposition solaire
  • Et surtout les deux !

LES ETATS PRE-CANCÉREUX

La kératose actinique

Elle se voit surtout chez des travailleurs au grand air, comme les maçons, les agriculteurs ou les marins. Elle siège sur le revêtement cutané. La localisation de prédilection est la lèvre inférieure. Son incidence est plus élevée chez les sujets à peau claire.

La chéilite tabagique:

Elle peut s’associer, souvent, à la forme précédente et augmenter le risque de carcinome.

La chéilite glandulaire

Elle est liée à une hyperplasie de glandes salivaires ectopiques.

La maladie

LES FORMES DE LA MALADIE

Les carcinomes épidermoïdes

Ils siègent à la lèvre inférieure dans la majorité des cas, le plus souvent sur le vermillon.
Ils se présentent sous forme d'une ulcération tantôt superficielle, tantôt profonde saignant au contact mais surtout reposant sur une base indurée.
L’extension se fait de proche en proche, latéralement vers la ou les 2 commissures, en bas vers la région mentonnière.

Les épithéliomas basocellulaires

Ils se développent électivement sur le versant cutané de la lèvre supérieure et sont 10 fois moins fréquents que ceux de la lèvre inférieure.

L'évolution 

L’extension ganglionnaire ne s’observe qu’au stade tardif de la maladie.
Les atteintes des commissures labiales s’apparentent néanmoins davantage sur le plan évolutif et pronostique aux cancers des faces internes de joue.

LA CLASSIFICATION TNM (UIC 2009)

 

Tumeur T Ganglions NMétastase M
  • T1 : < 2 cm
  • T2 :  > 2 cm et < 4 cm
  • T3 :  > 4 cm
  • T4 : envahissement des structures adjacentes (peau de la face, os, plancher buccal …)
  • N0 : pas d'atteinte
  • N1 : un seul ganglion  homolatéral ≤ 3 cm dans sa plus grande dimension
  • N2 :atteintes telles que
    • N2a dans un seul ganglion homolatéral >3 cm ≤ 6 cm
    • N2b homolatérales multiples ≤ 6 cm
    • N2c bilatérales ou controlatérales ≤ 6 cm
  • N3 : un ganglion >6 cm
  • M0 : pas de métastase à distance
  • M1 : métastase(s) à distance

 

 

La prise en charge

LES OPTIONS DE TRAITEMENT

Le traitement est soit une radiothérapie (externe ou curiethérapie par les fils d’iridium à la dose de 65 à75 Gy), soit une chirurgie, selon le stade de la maladie. Il permet dans la plupart des cas la guérison de la maladie.
La chirurgie est toujours suivie d’une chirurgie de reconstruction, prise en charge par l’Assurance Maladie.

LES INDICATIONS


Les recommandations en matière de traitement sont les suivantes :

 

T < 1 cmT1> 1 cm, T2 < 3 cmT2 > 3 cm, T3T4 osseux

Résection cunéiforme

  • N0 : surveillance ganglionnaire, parfois curiethérapie
  • N > 0 : curage bilatéral

Curiethérapie ou chirurgie

  • N0 : curage, option surveillance ganglionnaire attentive
  • N1, N2 : curage bilatéral (radiothérapie si N multiple ou rupture capsulaire)

Résection + reconstruction

  • Curage bilatéral, radiothérapie si N+ 
  • Chimiothérapie associée s'il existe des facteurs de mauvais pronostic

Chirurgie + radio-chimiothérapie concomitante (option radiothérapie)

 

 

 

Soins dentaires

  • Avant tout traitement, une remise en état dentaire est indispensable avec détartrage, soins et extractions de toutes les dents délabrées et mobiles
  • En cas de radiothérapie externe, on ne conserve dans les champs que les dents parfaitement saines.
  • Vous devrez vous astreindre à une fluoroprophylaxie quotidienne et non limitée dans le temps.
  • En cas de curiethérapie, la zone irradiée devra être saine et sans problème dentaire

LE PRONOSTIC

Le diagnostic de la maladie est habituellement précoce et le pronostic est bon.
La survie, selon les statistiques de 2015, à 5 ans est de 90 % et de 80 % à 10 ans.

Mise à jour

24 mai 2020