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La chimiothérapie

EN QUELQUES MOTS...

LE PRINCIPE…

La chimiothérapie est un traitement du cancer à base de médicaments qui a été développé depuis plus de 50 ans maintenant.
Ces médicaments ont pour but de détruire les cellules cancéreuses. La particularité de ces drogues est qu'elles sont toxiques sur toutes les cellules capables de se diviser. Les chimiothérapies bloquent la prolifération des cellules cancéreuses tout comme des autres, en empêchant la synthèse d'ADN indispensable à la duplication des cellules et en détruisant les fibres de la trame cellulaire (qui structurent la cellule).

EN PRATIQUE ...

Les médicaments peuvent être administrés par voie intraveineuse ou par voie orale. Ils circulent dans le sang pour atteindre les cellules cancéreuses dans le corps tout entier.
La chimiothérapie est administrée en cycles. Chaque période de traitement est suivie d'une période de repos thérapeutique permettant la récupération des lignées cellulaires normales affectées par le ou les médicaments.
La durée totale d'une chimiothérapie est variable selon les schémas thérapeutiques utilisés. Elle est, en moyenne, de six mois.

UNE OPTION POUR LES STADES AVANCÉS

LES INDICATIONS

La chimiothérapie est peu utilisée, au début, pour le traitement des cancers de l’endomètre. Par la suite, le choix des médicaments va dépendre du type de cancer et de son stade évolutif.

LES PROTOCOLES

Le protocole de référence associe le carboplatine au paclitaxel (Taxol™ et génériques), "CarboTaxol", en jargon médical : 4 à 6 cycles de carboplatine AUC5, et paclitaxel 175 mg/m² toutes les 3 semaines.
D’autres médicaments ou d’autres protocoles peuvent vous êtes proposés, comme, par exemple, l'ifosfamide (Holoxan™)Ces protocoles permettent d'obtenir des réponses thérapeutiques chez plus de 20 % des malades traitées.
De nouveaux médicaments ne sont pas encore considérés comme des médicaments de première ligne comme les dérivés de la camptothécine, comme le topotécan (Hycamtin™) ou l'irinotécan (Campto™) ou la vinorelbine (Navelbine™).

LES BIOTHÉRAPIES

Parmi les nouvelles pistes explorées en recherche clinique, les inhibiteurs de la mTor et l'Herceptin™, en cas de surexpression du récepteur HER2 ont été évalués.

 

@ Pour en savoir plus, allez au chapitre Avenir  

L'immunothérapie une nouvelle option prometteuse...

Le Jemperli™ (dostarlimab)

C'est un inhibiteur du point de contrôle PD1. Il vient d'être homologué en monothérapie chez les patientes atteintes de cancer de l’endomètre avancé ou récurrent, dMMR/MSI*, en deuxième ligne après chimiothérapie à base de sels de platine.
Le dostarlimab doit être administré à la dose de 500 mg en intraveineux toutes les trois semaines pour quatre cycles puis 1000 mg toutes les six semaines jusqu’à progression.
Il est disponible en ATU depuis 2020 pour les patientes non éligibles à un essai clinique.

Pembrolizumab + lenvatinib (KYSPLYX™)

C'est une association d'un inhibiteur des points de contrôle immunitaire et d'un inhibiteur multikinase actif par voie orale et déjà indiqué pour le traitement de certains cancers du rein. Cette association vient d'être homologuée pour les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre localement avancé ou métastatique en progression après une première ligne de traitement à base de sels de platine. 

 

* La réparation des mésappariements ADN ou DNA mismatch repair (MMR) désigne le système de reconnaissance et de réparation des défauts d'appariements de l'ADN. Ce système constitue la deuxième ligne de défense contre les erreurs de réplication. pouvant résulter elles-mêmes de mutations constitutionnelles (syndrome de Lynch) ou somatiques de quatre gènes : MLH1, MSH2, MSH6 et/ou PMS2 1,2.
Les tumeurs dMMR (deficient MisMatch Repair) et/ou MSI (MicroSatellite Instability) présentent des anomalies du système de réparation MMR de l’ADN.
En revanche, ces tumeurs dMMR/MSI produisent de nombreux néo-antigènes (10 à 50 fois plus qu’une tumeur pMMR/MSS) et sont souvent richement infiltrées en lymphocytes T cytotoxiques pouvant être une cible de choix pour l'immunothérapie.

En résumé...

 

Stade

Caractéristiques

Indication

I

Type I histologique
Type II histologique

Chimiothérapie (CT) non recommandée
CT adjuvante peut être considérée

II

Type I histologique
Type II histologique

CT non recommandée
CT adjuvante peut être considérée

IIIA

Atteinte annexes

CT adjuvante recommandée

IIIB

CT concomitante peut être considérée

IIIC

CT adjuvante doit être discutée

IVA

CT concomitante peut être considérée

Immunothérapie

IVB

CT recommandée

Immunothérapie

LA CHIMIOTHÉRAPIE, AVANT, PENDANT & APRÈS...

Les précautions à prendre …
Au moment du diagnostic et avant d’entreprendre le traitement de chimiothérapie, des examens sont nécessaires.
Il est préférable d’éliminer toute source d’infection avant de débuter une chimiothérapie. La source d’infection la plus fréquente est dentaire. Si votre traitement de chimiothérapie n’est prévu que dans 2 ou 3 semaines, vous avez le temps de faire examiner et traiter vos dents chez votre dentiste, avant de débuter.

Une prise de sang
Elle sera systématiquement réalisée avant la chimiothérapie dans le but de s’assurer du bon fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme et l’élimination des médicaments, tels que le foie et le rein.
Dans cette prise de sang, il sera également vérifié que les cellules circulantes du sang (globules blancs, globules rouges et plaquettes) sont à un taux satisfaisant, car ce sont les cellules saines de l’organisme dont la production est la plus sensible aux médicaments de la chimiothérapie.
Si le taux de globules rouges (ou plus précisément, le taux d’hémoglobine) est trop bas, il vous sera proposé de recevoir une transfusion de sang (culots globulaires) avant de réaliser la chimiothérapie. Une autre option est l’administration d’érythropoïétine ou EPO (Eprex™, Recornom™, Aranesp™ et biosimilaires) en injection sous-cutanée. L’EPO est l’hormone naturelle de l’organisme, sécrétée au niveau du rein, qui stimule la production des globules rouges au niveau de la moelle des os, site naturel de fabrications de cellules du sang.

Les bilans spécifiques
Certains médicaments de chimiothérapie peuvent présenter une toxicité orientée vers certains organes précis. Des examens peuvent alors être utiles pour vérifier que cet organe fonctionne de façon satisfaisante chez vous avant d’administrer le médicament.

CATHÉTER OU NON ?

LES CATHÉTERS CENTRAUX

Ce type de cathéter est appelé central car une des extrémités du tube fin est située au niveau d’une grosse veine centrale, avant que celle-ci rejoigne le cœur (veine cave supérieure). Les cathéters sont composés de matériaux biocompatibles (silicones, polyuréthanes) qui sont bien supportés par l'organisme. Avec un suivi approprié, ces cathéters peuvent rester placés aussi longtemps que nécessaire ce qui évite au patient d’être piqué dans le bras à chaque séance de chimiothérapie. Il existe deux sortes de cathéters.

Les cathéters extériorisés à la peau ont leur extrémité qui ressort à travers la peau, par une petite incision généralement située sous la clavicule, l’os qui relie le sternum à l’épaule. Ils sont installés sous anesthésie locale. On pose la perfusion directement au niveau de l’extrémité du tube du cathéter qui ressort.
Les chambres implantables n’ont pas leur extrémité qui ressort à travers la peau, car elles sont reliées à un réservoir ou chambre (Port-A-Cath™, Infusaport™, etc.) qui est inséré sous la peau. La chimiothérapie est administrée en piquant dans le réservoir avec des aiguilles spéciales.
Le cathéter et la chambre sont implantés, au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale de courte durée. Une courte incision permet de découvrir une veine de la base du cou. La chambre est mise sous la peau du thorax, au-dessous de la clavicule, généralement assez loin du sternum pour des raisons esthétiques.
Dans les 48 heures qui suivent la pose, une douleur à la base du cou est assez fréquente, on vous prescrira des médicaments contre la douleur pour cela.Le pansement peut être retiré au bout de quatre jours, les fils de la suture se résorbent habituellement tout seul.
Par la suite, aucun pansement ne sera nécessaire. Vous pourrez mener avec ce dispositif une vie normale. Seuls les sports violents sont à éviter. Le port de la ceinture de sécurité reste conseillé. Un carnet de surveillance de la chambre vous sera remis afin de noter les gestes effectués à ce niveau. Une chambre peut être conservée pendant plusieurs années.
Les incidents liés au dispositif sont rares mais doivent amener à consulter :

  • Une douleur et rougeur au niveau du boîtier doivent faire craindre une infection
  • Une douleur et gonflement du bras peuvent faire suspecter une obstruction de la veine
  • Un mauvais fonctionnement de la chambre.

 

 

Cathéters à la peau

Chambres

Nombre de tuyaux

1 à 3

1

Maintenance

Tous les jours

Utilité mise en question

Restriction d’activités

Douche, natation

Aucune

Prises de sang

Aisées

Peu fiables

Accès

Externe

Aiguille

Débit

Fonction du diamètre du tuyau

Complications

Possibles

Plus rares

Ablation

Facile en ambulatoire

Petite intervention

 

@ Pour en savoir encore plus : http://www.hopital-dcss.org

Mise à jour

8 novembre 2023