Les formes fréquentes

Les cancers de la thyroïde développés à partir des cellules thyroïdiennes folliculaires

LE CONTEXTE

Le traitement des cancers de la thyroïde dépend du type histologique de la maladie ce qui implique d'en faire un diagnostic précis avant d'entamer une thérapeutique.

Les carcinomes différenciés d’origine vésiculaire, développés aux dépends des cellules folliculaires thyroïdiennes, d’origine épithéliale représentent environ 95% des cas.
Comme ces cancers thyroïdiens se développent à partir des cellules qui sécrètent les hormones thyroïdiennes, les thyréocytes, ils possèdent deux propriétés spécifiques :

  • Les cellules malignes concentrent l’iode 131, ce qui permet de les localiser et de les détruire
  • La sécrétion de thyroglobuline constitue un très bon marqueur tumoral, après le traitement initial pour suivre l’évolution de la maladie.

 

LA CLASSIFICATION DE L'OMS (2004)

Selon cette classification et selon la différenciation de la tumeur, les formes suivantes de la maladie, par ordre de fréquence décroissant, sont rencontrées :

Carcinomes de souche folliculaire de forme papillaire captant l'iode (90 %) :

    • Le microcancer papillaire
    • Le cancer papillaire à forme vésiculaire
    • Le cancer papillaire sclérosant diffus
    • Le cancer papillaire à cellules hautes ou cylindriques
    • Le cancer papillaire à cellules oncocytaires

Carcinomes de souche folliculaire de forme vésiculaire (10 %) : 

    • Forme typique : à invasion minime, largement invasive
    • Autres variétés: à cellules claires, à cellules oncocytaires

 

Carcinomes peu différenciés (3-5 %) : insulaires ou oncocytaires

Carcinomes anaplasiques  (1 %)

Carcinome médullaire ou à cellules C(3-5 %)

Carcinome épidermoïde (< 1 %) 

Les cancers papillaires

C'EST LA FORME LA PLUS FRÉQUENTE…

Quelques caractéristiques

Ils représentent plus des deux tiers des cancers thyroïdiens.
Ils peuvent survenir à tout âge, mais ils sont plus fréquents entre 30 et 50 ans, l’âge moyen de découverte étant de 45 ans et surviennent plus souvent chez la femme jeune.

Leur origine


Ils dérivent des cellules folliculaires d’origine endodermique. Au microscope, il se présente sous forme d'un réseau de petites papilles recouvertes par une seule rangée de cellules cylindriques. Ils sont volontiers multiples et non encapsulés. Maintenant, les spécialistes classent également, dans les cancers papillaires, ceux qui associent à la fois des éléments papillaires et vésiculaires même si la forme papillaire est minoritaire.

Une empreinte génétique

Souvent, on retrouve une translocation entre le chromosome 10 et 17, t(10;17)(q11;q23), qui aboutit à un gène chimérique ret à l'origine d'une protéine de fusion activatrice de la tyrosine kinase.

L'évolution de la maladie
 
Ces cancers sont volontiers multicentriques mais leur croissance est lente.
Ils sont lymphophiles et leur diffusion peut être précoce, sous forme de métastases ganglionnaires régionales, cervicales et sus-claviculaires. En revanche, les métastases, à distance, sont relativement rares, surtout chez les sujets jeunes.
Leur pronostic est bon, surtout chez le sujet jeune, avec plus de 95 % de survie à 20 ans !

LES MICROCARCINOMES

Ils sont définis par l’OMS comme un cancer thyroïdien dont la taille est égale ou inférieure à 1 cm.
Le microcancer thyroïdien est de plus en plus fréquent et représente actuellement plus du quart des cancers thyroïdiens détectés et opérés. Il est généralement de type papillaire et de pronostic favorable.

Les cancers vésiculaires

ILS SONT MOINS FRÉQUENTS…

Quelques caractéristiques

Ils représentent 15 à 20 % des cancers thyroïdiens.
Ils touchent surtout la femme, à un âge plus avancé que le cancer papillaire ; l’âge moyen de découverte étant de 60 ans.
Ils surviennent plus souvent dans les régions où le régime alimentaire est pauvre en iode, probablement en réponse à une stimulation de la TSH.
Ils peuvent être, soit bien différenciés, soit peu différenciés. Le point important est de déterminer leur niveau d’invasivité.
Ils sont TSH-dépendants

Leur évolution

Les métastases se font surtout par voie hématogène : poumon, cerveau et os et sont fréquentes (5 à 40 %) et parfois présentes dès le diagnostic (
15 % environ des patients).
Il y a souvent un envahissement de la capsule de la glande thyroïde ou des vaisseaux sanguins.
L’envahissement lymphatique n'est présent que dans 10 % des cas.
Leur pronostic est moins bon que celui du cancer papillaire.


LES CANCERS ONCOCYTAIRES

Les cancers oncocytaires – dits de Hürthle* sont classés parmi les cancers vésiculaires. Ils sont encore appelés à cellules oxyphiles, ou plus improprement à cellules de Hürthle.
Ils sont plus souvent associés à des métastases ganglionnaires   et seraient plus aggressifs que les autres formes.

 
(* Karl Hürtle 1860- 1945 anatomo-pathologiste allemand)

Mise à jour

25 mai 2018