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[imprimer la page]LE PRIX NOBEL ...
La
découverte des facteurs de croissance cellulaire a été récompensée, en
1986, par l’attribution du Prix Nobel de Médecine à
Rita Levi-Montalcini, neurologue et biochimiste italienne, née en 1909 et Stanley Cohen, biochimiste américain, né en 1922.
LA DÉCOUVERTE
Tout
d’abord, R. Levi-Montalcini a constaté, en transplantant des tumeurs de
souris à des embryons de poussins, que la croissance du système
nerveux, en particulier celle des nerfs sensoriels et sympathiques,
était accélérée. Elle a ainsi pu montrer que la tumeur libérait une
substance stimulant la croissance de certains types de nerfs. Ce
facteur de croissance des nerfs a été, de ce fait, dénommé NGF (Nerve Growth Factor).
En 1956, S. Cohen, a extrait et purifié ce facteur de croissance, à partir de tumeurs de souris.
DÉFINITION
On appelle "facteurs de croissance" des
protéines de faible poids moléculaire
sécrétées dans le milieu extracellulaire et activant la croissance et la multiplication cellualire.
Il en existe
de nombreux types, la plupart ayant été découverts fortuitement dans des
tumeurs.
LES RÉCEPTEURS
Ces
facteurs de croissance cellulaires sont reconnus par des récepteurs
membranaires spécifiques. Le plus souvent il s’agit de Récepteurs à
Tyrosine Kinase
RTK
qui
transmettent alors l’information à la cellule grâce à des systèmes
impliquant des enzymes, appelées des tyrosine kinases.
LA TRANSDUCTION
Cette
liaison entre le facteur de croissance et son récepteur entraîne l'activation de seconds messagers tels que la protéine
RAS. L’activation de la famille des protéines, grâce à une cascade de
phosphorylations aboutit à la transduction du signal dans le cytoplasme
ce qui entraîne une réponse du noyau de la cellule. Cette réponse se
traduit par la production de protéines. Au terme de cette cascade de
réactions, le cycle cellulaire est mis en marche», ce qui se traduit
par une division de la cellule.
Par exemple, l
es
FGF
(
F
ibroblast
G
rowth
F
actors
) ont un effet sur la croissance des vaisseaux sanguins et
des neurones. Ils participent à la vision (rétine), à la régulation de
la sécrétion gastrique et à la production d'hormones comme la
prolactine ou la TSH.
LA NOMENCLATURE
Il ne faut pas confondre le
gène
(toujours en italique) et la protéine (toujours en écriture normale) produite sous son impulsion…
Les chercheurs ont pris l'habitude de précéder le gène de la lettre "c" pour cellule et de la lettre "v" pour virus. Ainsi, le gène
c-erbB1
, code pour la protéine erbB1 ou
HER1/neu
, le
c-erbB2
code pour erbB2 ou
HER2/neu
, le c-erb3 code pour
erbB3
et le
c-erbB4
code pour erbB4. Ces gènes sont situés sur le chromosome 7p.
PLUS PRÉCISÉMENT ...
Ce
sont des protéines fichées dans la membrane extérieure des cellules,
d’où leur nom de récepteurs membranaires.
Un récepteur est une
sorte de serrure dans laquelle une clé de contact spécifique,
appelée ligand, permet de mettre en marche la cellule.
Ces
récepteurs membranaires ont pour fonction de transmettre et d’amplifier
les signaux reçus de l’extérieur. Ces récepteurs membranaires ont des
structures variables.
Les récepteurs à une seule chaîne d'acides aminés (monomériques
)
Les quatre types de récepteurs du facteur de croissance épidermique
(Epidermal Growth Factor)
ou ErbB :
Les facteurs de croissance dérivés des plaquettes
PDGF
(
Platelet
Derived
Growth
Factor
)
ou de récepteur du facteur plaquettaire de croissance PDGFR, SCFR, FLT, KDR
Le
CSF
(Colony
Stimulating
Factor)
qui est exprimé par l'oncogène
c-fms.
Les récepteurs à deux chaînes d’acides aminés
Ils sont constitués de quatre sous-unité, dimériques. On distingue :
Lorsque
des mutations surviennent dans la structure des facteurs de croissance
ou de leurs récepteurs, on peut assister à un dérèglement de la
multiplication cellulaire pouvant aboutir à un cancer.
Ces altérations peuvent être quatitatives en cas de surexpression du gène souvent due à son amplification; Elles peuvent qualitatives comme, par exemple, en cas de mutations activatrices.
D'abord isolé de l'urine, d’où sa dénomination initiale de ß-urogastrone, il fut d’abord connu comme un inhibiteur de la sécrétion des sucs gastrique.
L’EGF (epidermal growth factor) fait partie d’une famille de facteurs de croissance impliqués dans le développement normal de la peau, du cœur, des poumons, du système nerveux et du sein.
Chimiquement, c’est un peptide de 170 kilodaltons (kD) comportant 53 acides aminés et trois ponts disulfures. Il est dérivé d'une protéine précurseur le pré-pro-EGF.
Il agit par l'intermédiaire d'un récepteur membranaire à activité protéine-(Tyr)-kinase.
GÉNÉRALITÉS
Cette famille de récepteurs est très conservée dans les espèces, signalant un rôle biologique très important. Ce sont des protéines trans-membranaires avec un domaine extra-cellulaire et un domaine cytoplasmique, situé à l’intérieur de la cellule.
LEUR MODE D'ACTION
Ces récepteurs sont sensibles à des ligands qui sont des substrats spécifiques qui se lient aux récepteurs. Dix ont été, à ce jour identifiés.
Stimulés, ces récepteurs peuvent activer une cascade de réactions commandées par une enzyme, la tyrosine kinase.
La transduction du signal, dans la cellule jusqu’au noyau, se fait par trois grandes voies :
Au terme de la transduction, on observe une phosphorylation des facteurs de transcription, Jun, Fos, myc et la cycline D1, qui vont, a leur tour, induire la transcription des protéines intervenant dans la régulation de nombreux mécanismes de contrôle de la prolifération, de la différenciation, de la résistance à l’apoptose et de l’apparition d’une néo-angiogenèse.
L'EXPRESSION DES RÉCEPTEURS
De très nombreuses recherches ont permis la caractérisation précise des récepteurs favorisant la croissance cellulaire des cellules cancéreuses. Ces récepteurs sont impliqués dans l’oncogenèse de nombreuses tumeurs solides et semblent
dans un certain nombre de cas leur
conférer, un avantage sélectif en termes de croissance, d’invasion et de production de métastases.
LA SUREXPRESSION
Dans de nombreux cancers, les cellules malignes présentent un grand nombre de ces récepteurs. On dit alors que ces récepteurs sont surexprimés.
Le récepteur de l'EGF est surexprimé
dans la plupart des cancers épithéliaux, en particulier, épidermoïdes,
comme l’indique le tableau ci-dessous.
Par ailleurs, la surexpression des récepteurs à la tyrosine kinase a une valeur pronostique dans certains types de cancers.
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SUREXPRESSION DE L'EGFR
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Tumeurs ORL : > 90 %
Poumon : 40 à 80 %
Gliome (tumeur du cerveau) > 70 %
Vessie : 40 à 70 %
Prostate : 40 à 80 %
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Pancréas : 30 à 50 %
Sein : 30 %
Col de l’utérus : 25 à 30 %
Colorectal : 25 à 77 %
Estomac : 10 à 33 %
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UNE APPLICATION...
Les chercheurs ont montré qu’en inhibant l'activité de ces récepteurs spécifiques aux cellules tumorales, on peut bloquer la transmission du signal au noyau et ainsi empêcher la prolifération des cellules cancéreuses.
Vendredi 20 Mars 2009