Thrombocytopénie

C'est relativement moins fréquent...

DÉFINITION

C’est une baisse du nombre de plaquettes sanguines au dessous du taux standard qui se situe entre 150 000 et 400 000 par mm 3 de sang.
Comme les plaquettes jouent un rôle important dans l'arrêt des saignements, lorsque leur nombre diminue, vous avez un risque accru de saignement voire d'hémorragie.

DANS QUELLES CIRCONSTANCES ?

Le risque de thrombopénie est augmenté si votre chimiothérapie comprend du carboplatine avec une thrombopénie retardée, des nitrosourées (Bélustine™, Bicnu™, Muphoran™, Témodal™), du busulfan (thrombopénie prolongée), du Gemzar™, de l’Amétycine™ ou de l’Hycamtin™.
De même, si vous recevez une association de radiothérapie et de chimiothérapie vous avez un risque accru de thrombocytopénie.

QUAND ?

Le creux de la vague, ou nadir, pour la thrombocytopénie se situe vers le 10 ème jour, lorsque vous êtes rentré chez vous ou lorsqu’il faut refaire un nouveau cycle de traitement en cas de densification. Ceci explique pourquoi le nombre de plaquettes doit donc être contrôlé pendant toute la durée du traitement.

QUEL EST LE RISQUE ENCOURU ?

Chaque fois que votre taux de plaquettes tombe en dessous de 50 000, vous êtes considéré comme à risque de saigner.
Si votre taux de plaquettes tombe en dessous de 10 000, vous avez besoin d'un suivi médical immédiat car il existe un risque majeur d’hémorragie.

Médicaments le plus en cause...

Médicaments les plus thrombopéniants (G2 ou 3)Médicaments modérément thrombopéniants
  • Nitroso-urées : carmustine, lomustine, fotémustine, mitomycine C , témozolomide 
  • Carboplatine, gemcitabine, topotécan 
  • Busulfan, cyclophosphamide à fortes doses 
  • Melphalan en traitement continu ou à fortes doses
  • Anthracyclines et anthracène-diones 
  • Amsacrine, dacarbazine, dactinomycine, procarbazine 
  • Cisplatine à fortes doses, ifosfamide, chlorambucil 
  • Antimétabolites : cytarabine, 5-Fluorouracile,méthotrexate, hydroxyurée 
  • Alcaloïdes de la pervenche

Il vous vous en inquiéter, si...

   SYMPTÔMES D'ALERTE 

NOMBRE DE PLAQUETTES

  • Apparition d'ecchymoses ou d'un p urpura ou pétéchie sur la peau
  •  Saignement excessif à l’occasion d'une petite coupure
  • Saignement ininterrompu après compression  
  • Saignements des gencives (gingivorragie) 
  • Saignements de nez (épistaxis) ininterrompus 
  • Urines rouges ou avec saignements (hématurie) 
  • Sang dans les selles : rectorragies, selles noires, méléna 
  • Saignements menstruels plus abondants ou prolongés (métrorragies) ou entre les règles (ménorragies)
  •  Normal : 150 000 à 400 000
  •  Risque de saignement < 50 000
  •  Risque important de saigner < 10 000

 

 

 

QUE FAIRE POUR ÉVITER LES SAIGNEMENTS ?

CE QU'IL FAUT SAVOIR...

Une fois mise en route, la radiothérapie et/ou la chimiothérapie ayant pour effet secondaire la destruction des plaquettes, il n'y a pas de mesures spécifiques à mettre en œuvre pour éviter une thrombopénie.

DES MESURES DE PRÉCAUTION SIMPLES...

Il est essentiel pour vous de prendre des mesures dès l'apparition des premiers signes de thrombopénie. A ce stade, il est encore possible d'éviter des saignements graves ou les hémorragies.

Faites des soins de bouche réguliers et méticuleux...

  • Brossez-vous les dents doucement avec une brosse souple. Si vous ne pouvez pas utiliser une brosse à dents, utilisez une éponge spéciale pour nettoyer vos dents et vos gencives
  • Évitez les bains de bouche contenant de l'alcool car l'alcool peut dessécher votre bouche ce qui peut provoquer des saignements
  • Après chaque repas, rincez-vous la bouche avec une solution de bicarbonate de soude (2 cuillères dans un verre d'eau)
  • N’utilisez ni fil dentaire ni brosse entre les dents
  • Utilisez du baume pour les lèvres pour les garder humides et éviter qu'elles ne se fissurent
  • Avaler fréquemment de petites gorgées d'eau ou de jus de fruits (pas de pamplemousse) si votre langue ou votre bouche est desséchée


Modifiez vos pratiques en matière d'hygiène intime...

  • Utilisez des serviettes hygiéniques plutôt que des tampons pendant les règles
  • Évitez les douches vaginales


Prenez ces autres précautions générales...

  • Ne faites pas de gros efforts pour tousser. Si votre toux persiste, signalez-le à votre infirmière ou à votre médecin qui vous prescrira, le cas échéant, un sirop contre la toux
  • Ne vous mouchez pas trop fort
  • Évitez de faire des efforts pour aller à la selle ; si vous êtes constipé, demandez à votre médecin ou un laxatif
  • N’utilisez jamais de thermomètre rectal, de suppositoire ou de lavement
  • Utilisez un rasoir électrique pour vous raser
  • Ne prenez pas de médicaments qui affectent la coagulation du sang, comme :
    • L'aspirine ou d'autres médicaments contenant de l'aspirine (acétylsalicylique), par exemple l'Alka-Selzer TM
    • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), habituellement prescrits pour les douleurs ou les problèmes de rhumatologie. Ces médicaments s’appellent Advil™, Apranax™, Brufène™, Advil™, Aleve™, Feldène™, Naprosyne™, Profénid™, Surgam™, Voltarène™, etc.
    • Si vous n'êtes pas sûr du médicament ou de sa composition, demandez à votre médecin, à votre infirmière ou au pharmacien.
  • Prenez, à la place, pour les douleurs et les maux de tête, d'autres médicaments à base de paracétamol comme le Doliprane™, Efféralgan™, Propofan™, etc

Adapter votre mode de vie, de façon à minimiser le risque de saignement...

  • Évitez toute activité à risque de blessure
  • Évitez des rapports sexuels trop vigoureux
  • Évitez les activités pouvant favoriser les chutes et/ou les blessures, y compris, mais pas seulement, la bicyclette, le roller, le patin à glace et le ski
  • Portez en permanence des chaussures ou des chaussons pour protéger vos pieds
  • Ne portez pas de vêtements trop serrés

Adaptez votre régime alimentaire

  • Buvez au moins 1 litre d'eau ou de liquide par jour pour garder la bouche humide
  • Évitez la constipation pour garder votre muqueuse intestinale en bonne condition
  • Évitez les légumes crus difficiles à digérer et qui peuvent endommager la paroi intestinale

Que faire en cas d’hémorragie ?

NE PAS S'AFFOLER...

La prise de précautions spéciales pour réduire le risque de blessure et de saignement ne signifie pas que les saignements sont impossibles...
Si un saignement se produit, pressez fortement pendant 5 minutes la zone touchée. Si le saignement ne s'arrête pas après 5 minutes, continuez de presser jusqu'à ce qu'il s'arrête complètement.

Si vous avez un saignement de nez (épistaxis), pressez avec vos doigts sous la racine du nez jusqu'à ce que le saignement s'arrête. Gardez la tête en arrière.
Si vous avez une blessure importante ou que vous commencez à saigner spontanément, présentez-vous immédiatement au service d'urgence de l'hôpital le plus proche. Informez le médecin qui vous examinera que vous recevez une chimiothérapie et que votre taux de plaquettes peut être bas et indiquer une thrombopénie.

SI CELA NE SUFFIT PAS...

Si votre nombre de plaquettes tombe au-dessous de 15 000/mm 3 il existe un risque significatif de saignement.

Les transfusions de plaquettes

Les transfusions sont, le plus souvent, réalisées en hôpital de jour ou en traitement ambulatoire. Sauf si d'autres problèmes existent, le patient est rarement hospitalisé pour une simple transfusion de plaquettes.

Si nécessaire, votre oncologue peut décider de retarder d'autres traitements jusqu'à ce que le nombre de plaquettes soit revenu à la normale.

L’oprelvekine (Neumega™)


Dans certains cas, une prévention de la thrombopénie, par l’interleukine 11, oprelvekine (Neumega™), peut être envisagée. Dans ce cas, les injections sous-cutanées de Neumega™ débuteront de 6 à 24 heures après la fin de la chimiothérapie.

Mise à jour

21 septembre 2011