Traitements Traitements systémiques Chimiothérapie
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LES LOIS DE SKIPPER
Howard Earl Skipper (1905- 2006), biochimiste américain et Prix Lasker en 1974 a établi ces lois éponymes à partir d'un modèle animal de leucémie (L1210) dans lequel la croissance des cellules tumorales est exponentielle.
Ce modèle, exponentiel par du postulat que le temps nécessaire au doublement du volume de la tumeur est constant. De ce fait il existe une relation linéaire entre le log du volume tumoral et le temps. L’espérance de vie spontanée dépend alors du volume tumoral au moment du traitement
L’administration d’un médicament cytotoxique, à une dose définie, détruit un pourcentage constant de cellules tumorales, indépendamment du volume tumoral au moment de l’application du traitement.
Quatre principes fondamentaux dérivent des lois de Skipper :
LA MODÉLISATION GOMPERZIENNE
La modélisation utilisant l'approche théorique de Benjamin Gompertz (mathématicien anglais 1779- 1865), appelée, loi de mortalité de Gompertz-Makelam, décrit beaucoup mieux l'évolution des tumeurs expérimentales.
Le volume tumoral résulte d'une population en expansion et d'une population en régression témoin de population quiescente et de mort cellulaire.
La courbe gomperzienne est sigmoïde et comporte plusieurs phases de croissance cellulaire:
Cette modélisation à deux conséquences importantes
La théorie de JH. Goldie et AJ. Coldman élaborée en 1979 (
A
mathematical model for relating the drug sensitivity of
tumors to their spontaneous mutation rate. Cancer Trat Rep 1979;63:1727-33
) a permis de jeter les bases de la polychimiothérapie et ainsi de réduire efficacement le nombre de clones résistants. Basé sur ces principes théoriques, l'oncologue :
LA CHIMIOTHÉRAPIE DE PREMIÈRE LIGNE (INTENTION)
La chimiothérapie est de
première ligne
lorsqu'elle est administrée immédiatement chez des malades n'ayant pas encore reçu de chimiothérapie.
Tous les médicaments utilisés en première ligne ont fait la preuve de leur efficacité en montrant qu'ils augmentent le nombre de malades en vie et retardent la progression de la maladie.
LA CHIMIOTHÉRAPIE DE DEUXIÈME LIGNE (INTENTION)
La chimiothérapie est dite de
seconde ligne
lorsqu'elle est administrée à la suite d'une chimiothérapie de première ligne dont les résultats ont été jugés insuffisants. C'est aussi ce type de chimiothérapie qui est utilisé chez les patients présentant une récidive de leur cancer.
LA CHIMIOTHÉRAPIE DE TROISIÈME LIGNE OU DE RATTRAPAGE
Dans certains cas, la chimiothérapie est dite de troisième ligne ou de sauvetage lorsqu'elle est administrée à la suite d'une chimiothérapie de seconde ligne dont les résultats ne sont pas satisfaisants. C'est ce type de chimiothérapie qui est utilisé chez les patients présentant une rechute de leur cancer.
LES AUTRES LIGNES DE CHIMIOTHÉRAPIE
Comme actuellement les
nouveaux médicaments sont nombreux, on peut parfois être amené à
proposer de nouvelles molécules chez des malades ayant épuisé l'effet
des chimiothérapies habituelles ou bien lorsqu'une chimiothérapie, pour
des raisons de toxicité, est irréalisable.
QUELQUES CHIFFRES
Cinq types de cancers représentent plus des trois quarts des chimiothérapies réalisées. Il s'agit des traitements utilisées pour les cancers digestifs, 28 %, les cancers du sein 20 %, les cancers du sang, 13 %, les cancers du poumons 12 % et les cancers gynécologiques 5 %.
LA CHIMIOTHÉRAPIE À VISÉE CURATIVE
Dans ce cas, la chimiothérapie constitue l'étape majeure du traitement et elle peut, à elle seule, amener la guérison du malade. On range dans cette catégorie la chimiothérapie des affections suivantes :
LA CHIMIOTHÉRAPIE PALLIATIVE
Ce sont des chimiothérapies utilisées chez des malades présentant un cancer avancé (stade IV) ou en rechute.
L’objectif du traitement est de contrôler la maladie et donc de prolonger la vie du patient et d’améliorer son confort et, en corollaire sa qualité de vie.
LA CHIMIOTHÉRAPIE MASSIVE (INTENSIFICATION)
Pourquoi ?
Plus la dose administrée est forte, plus on a des chances de tuer un
grand nombre de cellules cancéreuses, mais aussi de cellules saines.
Elles sont parfois effectuées sous couvert d'une
autogreffe
de moelle
osseuse ou maintenant sous couvert de traitement par cellules souches
homologues prélevées avant la chimiothérapie intensive grâce à
l'utilisation des facteurs de croissance.
Les conséquences
Les cellules souches hématopoïétiques, ainsi que les cellules de la
peau et des muqueuses digestives vont être atteintes de façon
importante, entraînant, des effets secondaires, comme :
Les malades concernés
Ce type de chimiothérapie peu être envisagé chez les malades :
Les indications actuelles
Ces chimiothérapies massives sont surtout proposées dans le traitement
d'induction des leucémies aiguës mais parfois, aussi, pour le traitement de tumeurs solides.
Une dose massive d'antimitotique va
être prescrite pour tenter de tuer toutes les cellules souches
cancéreuses
.
Elles sont également parfois utilisées comme traitement dit de
clôture de certaines tumeurs solides, comme les lymphomes agressifs,
certaines tumeurs testiculaires.
LES CHIMIOTHÉRAPIES DENSES
On parle de densification lorsque les cures de chimiothérapie sont
plus rapprochées, par exemple, toutes les deux semaines au lieu de
toutes les trois semaines.
POURQUOI ?
Son objectif
Ce traitement
a pour objectif de tuer les cellules tumorales qui auraient pu échapper au traitement local. Elle peut aussi être administrée quand on ne détecte pas de localisation secondaire mais que certains facteurs (métastases dans les ganglions lymphatiques, grade de la tumeur, marqueurs tumoraux) font craindre un risque élevé de récidive. L'utilisation de la chimiothérapie à un stade précoce de la tumeur peut retarder le développement de résistance à la chimiothérapie souvent observé dans les cancers étendus ou métastatiques.
Les critères
On propose une chimiothérapie adjuvante parce qu'on sait que, statistiquement, les malades ont plus de chances de survivre avec la chimiothérapie que sans. Cependant, pour un malade donné, cela n'est pas forcément aussi clair car les complications de la chimiothérapie peuvent, dans certains cas annihiler l'effet positif attendu de la chimiothérapie.
Quand ?
La chimiothérapie est dite adjuvante lorsqu'elle est administrée après une thérapeutique locale, chirurgie ou radiothérapie.
POUR QUELS CANCERS ?
La chimiothérapie adjuvante est maintenant préconisée dans le traitement de nombreux cancers car elle a démontré son intérêt en matière de contrôle de la maladie ou de guérison.
Les indications pour lesquelles un bénéfice est démontré sont :
Les indications pour lesquelles un bénéfice est probable, sont :
POURQUOI ?
Son objectif
Le but de la chimiothérapie première est de faire régresser le volume
tumoral ou les signes d'inflammation. II s'agit de rendre curables, par
la chirurgie et/ou la radiothérapie, des
cancers qui se présentent initialement comme avancés.
Elle a, aussi,
pour objectif soit de préserver un organe comme le larynx, le sein, la vessie ou un os du squelette, soit
d'aider le traitement local, en particulier en cas de grosse tumeur
difficilement extirpable.
Comment ?
On admet habituellement que 2 ou 3 cures de chimiothérapie sont
nécessaires pour juger de l'efficacité du traitement. On doit faire un
nouveau bilan à l'issue de ce délai pour apprécier les possibilités d'un
traitement chirurgical et/ou radiothérapique qui, rendu possible, donne
un nouvel espoir de curabilité.
Enfin, l'utilisation de la chimiothérapie à un stade précoce de la
tumeur peut retarder le développement de résistance à la chimiothérapie
souvent observé dans les cancers étendus ou métastatiques.
Les inconvénients
Les inconvénients de cette technique sont :
SES INDICATIONS
Cette technique à pour objectif d'améliorer le contrôle local de la maladie et donc de faciliter une exérèse chirurgicale moins délabrante et de préserver une fonction, ce qui explique qu'elle a été très développée pour le traitement des cancers de la sphère ORL.
Elle est également utilisée dans le traitement des cancers du sein évolués, de l'œsophage, de la vessie, du larynx, du canal anal et dans certains sarcomes et ostéosarcomes.
La chimiothérapie peut aussi être utilisée en association avec
d'autres modalités de traitement comme la radiothérapie ou la chirurgie.
Les traitements sont associés pour obtenir un meilleur résultat que
celui qui pourrait être obtenu avec une seule modalité de traitement.
Aujourd'hui, grâce à l'utilisation de plusieurs modalités
thérapeutiques, il est possible de traiter efficacement la plupart des
cancers.
21 septembre 2011