Traitements Traitements locorégionaux Radiothérapie
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LES DIFFÉRENTS EFFETS DES RAYONNEMENTS
Deux phases
On distingue les effets physiques, extrêmement rapides (une fraction de seconde) correspondant aux altérations atomiques et moléculaires liées au passage des rayonnements ionisants. Cette phase physique est suivie par une phase physico - chimique, où entrent en jeu des réactions chimiques liées essentiellement à la coupure des molécules d’eau. Ces cassures entraînent la formation de radicaux libres qui sont des entités chimiques hautement réactives et qui vont interagir avec les autres molécules de la matière.
Les lésions induites
Les molécules des cellules vivantes peuvent être lésées soit par une action directe des particules ionisantes, soit par une action indirecte, due aux réactions induites par les radicaux libres. Les scientifiques considèrent que la majorité des lésions radio-induites sont liées à ce second mécanisme.
Au niveau de la cellule vivante, qu’elle soit normale ou cancéreuse, toutes les molécules ne sont pas égales devant les radiations ionisantes. On admet que la cible principale est constituée par l’ADN des chromosomes des cellules. Ce sont les lésions de cet ADN qui vont être responsables des effets biologiques des rayonnements ionisants.C’est l'action biologique essentielle des rayonnements. La mort cellulaire est due aux altérations de l'ADN qui est la cible principale des radiations.
PAR UNE MODIFICATION DE STRUCTURE DE L'ADN
La cellule devient incapable de se diviser ce qui entraîne sa mort de façon différée. De ce fait, seules les cellules qui se divisent sont radiosensibles. Les neurones, les globules rouges (hématies), les leucocytes sont radio-résistants.
La mort cellulaire est une mort différée et non immédiate. Elle est attribuée à la perte de la capacité de division des cellules germinatives, exception faite des lymphocytes, très radio-sensibles.
PAR DES DOUBLES CASSURES DE L’ADN…
Les lésions susceptibles d’être créées par les particules ionisantes au sein de la double hélice de l’ADN sont très variées :
Ces lésions ne vont pas, la plupart du temps, être responsable d’une mort rapide de la cellule car un ADN lésé permet la survie de la cellule, ceci tant qu’elle n’entre pas en mitose.
C'est au moment de la division cellulaire, lorsque la cellule doit dupliquer son ADN que la lésion radio-induite va bloquer ce processus et la cellule va alors mourir en mitose, ou de " mort mitotique ".
La cellule n’est donc pas détruite immédiatement, mais condamnée à mourir au moment où elle entrera en mitose. C’est la notion de mort différée, qui explique pourquoi certains tissus à prolifération rapide exprimeront rapidement
les lésions radio-induites, alors que d’autres n’exprimeront ces lésions qu’au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est la raison pour laquelle les cellules qui ne se divisent pas sont radio résistantes (cellules nerveuses).
PAR D’AUTRES MOYENS…
Les progrès récents de la biologie moléculaire ont également montré que les rayonnements pouvaient activer ou inhiber certains gènes
(p53
).
La mort cellulaire radio-induite peut également se produire par apoptose qui est la mort programmée de la cellule par fragmentation de l’ADN.
Les cellules irradiées sont capables, grâce à des mécanismes enzymatiques, de réparer certaines lésions de leur ADN. Cette restauration s'effectue de façon plus satisfaisante pour les cellules saines que pour les cellules cancéreuses. C'est la raison pour laquelle on fractionne l'irradiation en plusieurs séances afin d'obtenir un effet différentiel maximal entre tissu sain et tissu cancéreux.
En présence d'oxygène une même dose d'irradiation tue trois fois plus de cellules qu'en l'absence d'oxygène. Il suffit qu'il existe dans une tumeur un faible pourcentage de cellules faiblement oxygénées ou hypoxiques, pour les rendre peu radio-sensibles.
Il existe aussi, dans la majorité des tumeurs, un double volume cible : la périphérie bien oxygénée et le centre plus ou moins nécrotique et « radio-résistant », nécessitant un surdosage focalisé pour être stérilisé.
LE PRINCIPE DE BASE
Tout tissu est constitué de deux compartiments :
L'effet tissulaire observé de l'irradiation va dépendre de la vitesse de renouvellement du compartiment différencié.
DANS LE CAS DU TISSU SANGUIN
Il est composé de deux compartiments anatomiquement séparés : le sang et la moelle osseuse.
L'irradiation du sang n'entraîne aucune modification de la numération formule. A l’opposé, l'irradiation de la moelle osseuse (hématopoïétique) aboutit en 48 heures à une moelle déserte par perte de capacité de division des cellules germinatives. Les conséquences pour le sang périphérique sont variables.
L'irradiation entraîne des réactions précoces...
C'est le cas de certains tissus, comme le sang, la peau, les intestins, l’ovaire, les muqueuses de la bouche et de la sphère ORL qui ont un temps de renouvellement rapide.
L'irradiation n’entraîne pas de réaction précoce mais peut induire des réactions tardives...
C'est la situation rencontrée avec d’autres tissus, comme l’os, le muscle, le foie, le rein ou le tissu nerveux qui ont un temps de renouvellement lent.
Ces réactions se manifestent après 6 mois ou 1 an.
Ces lésions tardives ont, comme commun dénominateur, une atteinte des petits vaisseaux, l'altération des fibroblastes et le vieillissement prématuré des cellules-souches. Ces lésions perturbent la vitalité du tissu et favorisent la fibrose. En cas d'agression, elles peuvent aboutir à la nécrose.
3 avril 2011