Traitements De la douleur Les traitements médicamenteux
[imprimer la page]
LA MOLÉCULE
Ce médicament possède une efficacité comparable à celle de la morphine orale
à libération prolongée sur les douleurs stables chroniques d’origine
cancéreuse intenses ou rebelles aux autres antalgiques.
LE DUROGESIC / MARIFEN™
+ GÉNÉRIQUES
Les dispositifs transcutanés
ou patch
Ces dispositifs trandermiques sont dosés à
12, 25, 50, 75 ou 100 µg/h. Le délai d'action est d'environ 12 heures mais il demeurent actifs pendant 72 heures.
Ils s'appliquent sur un
peau propre et sèche, glabre et saine, au niveau de la partie
supérieure du torse ou du bras, sur une zone différente de
l’application précédente.
Ils
sont indiqués pour le traitement des douleurs chroniques d'origine
cancéreuse, intenses ou rebelles aux autres antalgiques, en cas de
douleurs stables.
Son utilisation pratique…
Étant
donné la sensibilité très variable d'un patient à l'autre, il est
nécessaire d'adapter la posologie, par paliers d’au moins 3 jours.
Durant cette période d'adaptation peuvent être ajoutés des antalgiques
à courte durée d'action comme,
par
exemple
, de la morphine orale à libération immédiate.
Une fois la phase
d’adaptation passée, c
ette
voie d’administration, toutes les 72 heures, reste parmi les plus simples. De plus, elle
induit moins de ralentissement du transit intestinal et donc de constipation que les morphiniques à
libération prolongée.
L'ACCÈS DOULOUREUX PAROXYSTIQUE
C'est une exacerbation passagère d'une
douleur chronique par ailleurs contrôlée par un traitement de fond
morphinique, c’est-à-dire d'au moins, 60 mg de morphine par
voie orale par jour, 25 µg de fentanyl transdermique par
heure, 30 mg d’oxycodone par jour, 8 mg
d’hydromorphone par voie orale par jour ou d'une dose équi-analgésique
d’un autre opioïde pendant une durée d’au moins une semaine pour des
douleurs chroniques d’origine cancéreuse.
LES RÈGLES DE PRESCRIPTION
Ces médicaments sont des stupéfiants et leur prescription est limitée à 28 jours, sur ordonnance répondant aux spécifications fixées par l'arrêté du 31 mars 1999. La délivrance est fractionnée, de 7 jours maximum, sauf mention expresse de votre médecin (délivrance en une fois).
LES MÉDICAMENTS COMMERCIALISÉS
Leur indication..
Ces médicaments sont indiqués pour le traitement des accès douloureux paroxystiques chez
des patients adultes ayant un cancer et recevant déjà un traitement de
fond morphinique.
Abstral™
Ce sont des comprimés sublinguaux dont il existe 6 dosages échelonnés de
100 à 800 µg. Ce médicament est homologués pour le traitement des accès
douloureux paroxystiques.
Les comprimés doivent être placés directement sous la langue, le plus
loin possible. Ils ne doivent pas être avalés, mais fondre complètement
sous la langue, sans être mâchés ni sucés.Vous ne devez pas manger ni
boire avant dissolution complète du comprimé sublingual. L'effet débute
au bout de 10 minutes, environ.
Actiq™
Il se présente sous forme de bâtonnets dosés à 200, 400, 600, 800, 1200 et 1600 μg qu’il
frotter dans la bouche. Dans ces conditions, 25 % de la dose sont
absorbés en transmuqueux, en frottant 10 à 15 minutes et 75 % sont
déglutis et absorbés dans le tube digestif.
Le délai d’action est de 15 minutes et sa durée de 2 heures.
Effentora™
Il se présente
sous forme de comprimés gingivaux. Les comprimés sont dosés de 100, 200, 400, 600 et 800 µg de fentanyl, sous
forme de citrate.
Immédiatement après avoir été retiré de la plaquette, le comprimé doit être placé dans la bouche, près d'une molaire entre la joue et la gencive. Le comprimé peut également être placé sous la langue. L'effet apparaît entre 15 et 30 minutes après la pose du comprimé.
La dose d’entretien sera déterminée après une période d’ajustement, plus ou moins longue, appelée période de titration.
Instanyl™
Ce médicament est présenté sous forme d'une solution pour pulvérisation nasale (spray). Trois dosages sont disponibles : 50 µg, 100 µg et 200 µg. Il se présente sous forme soit de flacon monodose ou de flacons multidose contenant 10, 20 ou 40 doses.
La dose quotidienne maximale correspond au traitement de quatre épisodes d'accès douloureux paroxystiques au maximum avec, pour chaque accès, l'administration de deux doses au maximum à, au moins, 10 minutes d'intervalle.
Pecfent
TM
Ce médicament est présenté sous forme d'une solution pour pulvérisation
nasale (spray). Deux dosages sont disponibles : 100 µg et 400
µg. Chaque flacon contient 8 doses.
L'OXYCODONE
Synthétisé à partir de la thébaïne en 1916, le chlorhydrate d'oxycodone est un agoniste opioïde pur de seconde intention, utilisé en France depuis 1975. L’équivalence de dose est 10 mg oxycodone = 20 mg morphine.
L'Oxynorm/Oxycontin LP™
se présente sous forme de gélules ou de comprimés à libération prolongée dosés à 5, 10, 20, 40 et 80 mg.
Il existe, aussi, une forme injectable.
Le délai d’action est de 45 à 60 minutes et sa durée d’environ 4 heures.
Ce
médicament a peu d’effets secondaires sur les fonctions supérieures. Cependant, des précaution d’emploi doivent être respectées chez les insuffisants
hépatiques et rénaux. Dans tous les cas, il faut prévenir la
constipation.
LA MÉTHADONE
Opioïde synthétisé en 1937, possède une demi-vie est longue, de 18 à 24 heures, avec des variations
pouvant aller de 13 à 50 heures et est responsable d’une accumulation
en cas d’administration chronique. Plusieurs jours sont nécessaires
pour obtenir un état d’équilibre.
Elle
entraine une analgésie similaire à la morphine mais sa durée d'action est plus
longue.
L’HYDROMORPHONE
Synthétisé en 1926, c'est un médicament de seconde intention dont l'
efficacité est comparable à celle de la morphine à libération
prolongée qui est indiqué dans le traitement des douleurs rebelles, en
cas de résistance ou d'intolérance à la morphine.
Le
passage à l’hydrormorphone est réalisé en adaptant les posologies à
partir du ratio suivant : 4 mg d’hydromorphone = 30 mg de sulfate de
morphine par voie orale.
La
forme à libération prolongée
, Sophidone LP™, e
st disponible sous forme de gélules
dosées à 4, 8, 16 et 24 mg. L’administration se fait en deux
prises par jour.
| Morphine (IM) | Oxycodone | Hydromorphone |
|---|---|---|
| 10 mg | 20 à 30 mg | 7,5 mg |
L'EFFET PLAFOND...
Ces médicaments sont agonistes (stimulants), des récepteurs kappa et antagonistes des récepteurs mu.
À l'inverse de la morphine, l
'activité
analgésique maximale de ces morphiniques est limitée.
À
partir
d'un certain seuil, l'effet anti-douleure
n'augmente plus avec l'augmentation des doses et l'administration
d'agonistes-antagonistes (encore appelés agonistes mixtes) peut
provoquer un syndrome de sevrage chez des patients préalablement traités
par morphine.
Ces propriétés pharmacologiques
imposent donc de respecter un intervalle libre entre l'administration de
ces produits et celle de la morphine afin d'éviter tout
phénomène de compétition. L'association avec des agonistes complets est
illogique et à proscrire.
LEUR PROFILE
Ces produits agissent rapidement mais ont une durée d'action trop courte pour être, en pratique, utilisables dans le traitement des douleurs chroniques.
Leurs effets indésirables sont les mêmes que ceux des opioïdes forts
LES PRINCIPALES MOLÉCULES
La nalbuphine (Nubain™)
C’est un antagoniste mu et agoniste kappa et sigma. Il est commercialisé uniquement sous forme injectable.
La pentazocine (Fortal™)
Cette
molécule possède un pouvoir analgésique plus faible que la morphine. Il
peut être responsable d'hallucinations et d'un état dysphorique.
Seule la forme injectable reste
commercialisée.
LEUR CARACTÉRISTIQUES
La buprénorphine est plus puissante que la morphine mais son efficacité thérapeutique est moindre en raison du caractère partiel de l'agonisme. Cependant la liaison de la buprénorphine aux récepteurs mu est si forte que la naloxone, en cas de surdosage, est peu efficace.
La durée d'action de la buprénorphine est de 6 à 8 heures.
PAR VOIE SUBLINGUALE (TEMGESIC™)
C’est
un agoniste partiel des récepteurs mu actif par voie sublinguale. Son affinité importante pour ces
récepteurs entraîne, à faibles doses, la libération d'autres molécules
agonistes, préalablement complexées aux récepteurs µ. Cette
affinité explique également une puissance analgésique plus importante
que celle de la morphine, malgré une activité intrinsèque plus faible.
La dose quotidienne est de 0,3 à 0,6 mg
soit 1 à 2 comprimés par prise, en moyenne 3 fois par jour.
Il possède une longue durée d’action, de 8 à 12 heures. Le médicament est moins constipant que la morphine et il n'y a pas de précautions particulières en cas d'insuffisance rénale. son inconvénient est un effet plafond proche de 5 à 10 mg par prise.
En
raison de ses propriétés d'agoniste partiel, la buprénorphine, comme la
pentazocine, ne doit pas être associée à la morphine dont elle
antagonise l'action. Si l'on veut prescrire de la buprénorphine après
de la morphine, il faudra attendre 4 à 5 heures, c'est-à-dire la fin de
l'action de la morphine.
PAR VOIE TRANSDERMIQUE (TRANSTEC™)
C’est
un patch transdermique qui est en cours d’homologation en France
utilisable pour des douleurs stables, d’intensité modérée à sévère.
Comme
le Temgésic™, ce médicament ne peut être associé à aucun agoniste
opioïde de niveau II ou III. En revanche, il peut être associé au
paracétamol, à la buprénorphine orale (Temgésic™).
28 mars 2012