Traitements Greffes Les transplantations d'organes

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Les transplantations d'organes

Les étapes…

LA PÉRIODE D'ATTENTE AVANT LA TRANSPLANTATION


L'indication d’une transplantation d’organe est portée par l'équipe médicale. Une fois posée l’indication de greffe, le patient est inscrit sur la liste d'attente d'un greffon. Il s'agit d'une liste nationale gérée et contrôlée par un organisme de l'état d'intérêt public, l'Etablissement Français des Greffes devenu, depuis 2005, l'agence de Biomédecine.
La période d'attente d'un greffon en France est variable selon le groupe sanguin du patient et elle s'étale de quelques jours à quelques mois. Il existe plus de patients en attente que de greffons proposés.


L'APPEL DE L'ÉQUIPE DE TRANSPLANTATIONS


Dans la majorité des cas, les malades attendent la transplantation à domicile. Ils laissent leurs coordonnées téléphoniques au centre de transplantation. La coordination hospitalière représentant l'EFG dans les hôpitaux, contacte l'équipe de transplantations pour lui attribuer un greffon compatible avec un des malades en attente. Un des membres de l'équipe de transplantations appelle le malade inscrit et lui demande, de se présenter sans délai dans le service de transplantation.
Même après l'hospitalisation en vue de la transplantation, l'intervention peut être annulée pour l'une des raisons suivantes :

  • Une infection aiguë non contrôlée chez le futur greffé.
  • Un greffon en mauvais état après évaluation au cours du prélèvement par l'équipe effectuant cette intervention.
  • La survenue d'une super-urgence comme par exemple un malade présentant une hépatite fulminante mortelle en quelques heures dans un autre centre français qui devient prioritaire pour tout greffon prélevé.


LES OPÉRATIONS


Elle comporte deux interventions chirurgicales faites par deux équipes différentes. Une parfaite coordination entre ces deux équipes est de règle afin de réduire au maximum le temps où le greffon va être refroidi, privé de circulation sanguine. En général ce temps est de quelques heures (10 à 15 heures maximum).


Sur le donneur


La première équipe chirurgicale effectue le prélèvement de l’organe qui sera greffé sur le donneur en état de mort encéphalique.


Sur le receveur


la seconde équipe travaille en deux étapes.

  • La première étape consiste à enlever l’organe malade.
  • La seconde étape est l'implantation du greffon prélevé : c'est la transplantation proprement dite. L'intervention chez le receveur est longue et difficile (entre 5h et 15h).


LES COMPLICATIONS DE LA CHIRURGIE


Elles sont relativement rares (moins de 10 % des cas) et sont généralement rencontrées en phase initiale de greffe :

  • Sténoses de l’artère rénale ou de l’uretère dans les transplantations rénales,
  • Hémorragie intra-abdominale, thrombose de l’artère hépatique, complications biliaires, ischémie dans les transplantations hépatiques,
  • Insuffisance cardiaque globale ou droite isolée dans les transplantations cardiaques

Ces complications peuvent parfois entraîner la nécessité de pratiquer une nouvelle transplantation. 


Après la transplantation

 

Après la transplantation vous êtes transféré dans un service de réanimation pour une durée moyenne de 5 jours. Ensuite, vous retournerez dans le service de chirurgie pour une durée moyenne de 15 jours.


LE SUIVI


A votre sortie de l'hôpital, les premiers six mois après la transplantation le rythme des consultations externes est hebdomadaire. A chaque consultation un prélèvement sanguin pour des analyses biologiques est demandé; parfois une Echographie avec Doppler pour étudier la vascularisation du greffon.
Une reprise de l'activité professionnelle et une vie normale sont souvent possibles à partir du troisième mois.


LE TRAITEMENT IMMUNOSUPPRESSEUR


Il a pour objectif de moduler les défenses immunitaires et ainsi, de réduire le rejet du greffon après la transplantation. Le rejet est une réaction immunitaire normale survenant à chaque fois qu'un organe provenant d'une personne est greffé sur une autre personne. Si la réaction de rejet n'est pas contrôlée, celle-ci conduit inéluctablement à la destruction de l'organe greffé. Le traitement immunosuppresseur doit donc être pris à vie. Il existe des effets indésirables de ce traitement (hypertension artérielle, toxicité pour le rein). Ils sont souvent en relation avec un surdosage ce qui doit imposer une surveillance clinique


Les complications possibles

LE REJET DU GREFFON


C’est le risque majeur.  La compatibilité entre donneur et receveur, si elle est simple en ce qui concerne le groupe sanguin (système ABO), est beaucoup plus pour le complexe majeur d’histocompatibilité (système HLA), principal mécanisme impliqué dans le succès ou l’échec des greffes.


LA TRANSMISSION D’INFECTIONS


Cela pose également un problème central en matière de transplantation à partir d’un donneur en état de mort encéphalique. Dans ce cas, les infections virales sont fréquentes et particulièrement redoutables. Dans le cas de greffes d’organes, les risques infectieux sont mineurs et portent sur deux grandes classes de virus :

  • Les Herpès virus
    • Les infections à cytomégalovirus (CMV) et à Herpès virus de type 1 et 2 sont bien contrôlées par des chimiothérapies antivirales
    • L’infection par le virus d’Epstein Barr (EBV) est beaucoup plus difficile à contrôler. Il faut savoir qu’environ 90 % des individus adultes sont porteurs de l’EBV et qu’en pratique on ne peut donc, éliminer ces sujets des donneurs potentiels.

  • Les Papillomavirus (HPV)


LA TRANSMISSION D’INFECTIONS ET DE TUMEURS


L’infection virale liée à la greffe d’organes peut entraîner des cancers à moyen terme, de 1 à 10 ans.

  • L’EBV peut provoquer des lymphomes,
  • Le virus Herpès 8 peut être responsable du sarcome de Kaposi
  • Les Papillomavirus (HPV) peuvent être à l’origine de cancers génitaux et cutanés.

Ces cancers, dits viro-induits, doivent faire l’objet d’une surveillance systématique, ainsi que d’une prévention contre les effets des rayons ultra-violets (l’irradiation constitue elle-même un co-facteur majeur de risque de cancer cutané).


Les traitements immuno-suppresseurs

L’UTILISATION DE MÉDICAMENTS IMMUNOSUPPRESSEURS


Le contexte


C’est l’une des causes majeures des complications post-greffe. Destinés à diminuer l’intensité des réactions immunologiques de l’organisme contre le greffon, ces médicaments ne sont jamais sans risque. Ces traitements associent généralement une bi- ou une trithérapie comprenant :

  • Un corticoïde,
  • De l’azathioprine (Imurel™)
  • Un inhibiteur de la calcineurine, comme la ciclosporine ou le tacrolimus


Les effets secondaires


Ils propres à chacun des médicaments. Ils sont nombreux et parfois sévères.

  • La corticothérapie, utilisée à forte dose en phase aiguë, peut induire les effets secondaires suivants :
    • Une ostéonécrose des têtes fémorales
    • Une ostéoporose, se traduisant par des tassements vertébraux
    • Une prise de poids, un diabète, des altérations cutanées, une cataracte.

  • L’azathioprine peut entraîner
    • Une insuffisance médullaire avec leucopénie
    • De la diarrhée.

  • La ciclosporine, systématiquement associée en raison du caractère relativement spécifique et important de son effet immunodépresseur, provoque des effets variables selon les individus, comme :
    • Une insuffisance rénale
    • Une hypertension artérielle
    • Un hirsutisme (pousse anormale de poils)
    • Des tremblements, ainsi que certains signes neurologiques

  • Le tacrolimus provoque une insuffisance rénale

Il faut insister sur le fait que l’alternative à ces effets secondaires est le risque de rejet qui, dans certains cas peut signifier la mort.


Vos questions légitimes…

 

COMMENT FAIRE UN DON D’ORGANE ?


Il est possible de son vivant et quand on est en bonne santé de donner un organe pair ou une partie d’un organe comme le foie pour un membre de sa famille (Donneur Vivant apparenté) ou à une autre personne non apparentée (Donneur Vivant Non apparenté). Cette double intervention chirurgicale faisant courir un risque au donneur. Elle est également plus délicate à réaliser chez le receveur. Elle est pratiquée dans quelques centres de transplantations surtout pour les enfants.


QUELS SONT LES RISQUES ASSOCIES A UNE TRANSPLANTATION D’ORGANES ?

 

Les risques des transplantations peuvent être liés soit au receveur, soit au donneur.

  • Les nourrissons et les personnes âgées sont des receveurs à haut risque.
  • Les donneurs porteurs de cicatrice d’infection (tuberculose, …) sont également potentiellement à risque.

Chaque étape de la greffe comporte des risques spécifiques :

  • Le processus amont mettant en oeuvre le prélèvement,
  • La conservation du greffon,
  • Le transport et la transformation du greffon sont soumis à une réglementation stricte
  • La greffe elle-même peut poser des problèmes
  • De transmission d’infections
  • Des problèmes immunologiques, comme un rejet du greffon.

Les complications possibles, après la greffe, sont :

  • D’ordre immunologique
  • Liées à l’utilisation des médicaments immunosuppresseurs
  • Rarement en relation avec l’opération

 


Mise à jour

Juillet 2008



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