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Données générales

LE TRAITEMENT EN INTENTION DE GUÉRIR

QUEL OBJECTIF ?

Ce type de traitement est aussi dit "à visée curative".
Il s'applique lorsqu'il est permis d'espérer, au moment du diagnostic, l'obtention d'une rémission complète suffisamment prolongée pour que l'espérance de vie du malade redevienne comparable à celle de la population des individus possédant les mêmes caractéristiques socio-démographiques.

LES CRITÈRES

La rémission complète de la maladie cancéreuse est définie par la disparition de tout signe de la maladie détectable par l'examen clinique et les examens biologiques et d'imagerie réalisés de façon usuelle. Il n'est cependant pas exclu que la présence de quelques cellules cancéreuses résiduelles, détectées, soit compatible avec l'absence de rechute à long terme.

POUR QUELS CANCERS ?

Ces traitements concernent essentiellement les tumeurs localisées. Néanmoins, certaines tumeurs particulièrement sensibles, peuvent être guéries, y compris lorsqu'elles sont diffuses, comme par exemple, certains lymphomes, les tumeurs germinales ou certains cancers de l'enfant.

CE SONT DES TRAITEMENTS LOURDS...

Le traitement à visée curative peut être lourd, agressif et s'accompagner de toxicités non négligeables qui sont parfois le prix à payer pour obtenir la guérison.
En revanche, tout sera mis en œuvre pour éviter les séquelles chez des patients qui auront a priori une survie prolongée.


LE TRAITEMENT palliatif

DÉFINITION

C'est un traitement qui, compte tenu des données actuelles de la science, ne permet pas d'espérer, raisonnablement d'obtenir la guérison. Dans ce cas, l'objectif principal des traitements est de contrôler l'évolution de la maladie et de maintenir une bonne qualité de vie.

LES LIGNES DE TRAITEMENTS

Les premiers traitements administrés sont appelés traitements de première ligne ou de première intention.
En cas d'échec ou de résistance au traitement, d'autres lignes de traitement peuvent être proposées. On parle alors de traitement de deuxième ligne, ainsi de suite.

LES MOYENS

Ce sont souvent les mêmes que ceux utilisés pour obtenir une guérison, la chirurgie, plus rarement, la radiothérapie, la chimiothérapie classique et/ou ciblée, l'hormonothérapie.
Ces traitements incluent l'ensemble des modalités adaptées à la prise en charge d'une maladie chronique et parfois générale, comme, par exemple, des antalgiques, une diététique adaptée, un soutien psychothérapique, des mesures de réinsertion professionnelle, le cas échéant.

CE QU'IL FAUT EN ATTENDRE...

Ces traitements peuvent permettre une survie prolongée et de bonne qualité. De nos jours, il est fréquent que certains patients souffrant de cancer métastatique du sein, de la la prostate ou de lymphome folliculaire puissent avoir une survie au-delà de dix ans, après le diagnostic...


La chronologie des traitements

ADJUVANT OU DE PRÉVENTION

C'est un traitement mis en œuvre chez un patient que l'on a débarrassé de tout signe visible de la maladie cancéreuse, par exemple, après exérèse chirurgicale de la tumeur.
Le but d'un traitement adjuvant est de détruire les cellules qui se seraient échappées de la tumeur et qui seraient, à ce stade, non détectables par les techniques actuelles. On parle alors d'une maladie micrométastatique infraclinique.
 
NÉO-ADJUVANT OU D'INDUCTION OU  PREMIÈRE

Il s'agit, dans l'ordre chronologique, de la première thérapeutique appliquée à une maladie locale ou locorégionale, dans le but de faire diminuer son volume et de faciliter le le traitement local ou loco-régional, en particulier la chirurgie. Elle peut permettre la sauvegarde de certains organes comme le larynx, la vessie ou un membre.
Elle aussi comme objectif de traiter la maladie micro-métastatique.

COMPLÉMENTAIRE

Il s'applique lorsque le traitement chirurgical initial a laissé en place, de façon indubitable, des résidus tumoraux macroscopiques ou microscopiques.


Comment les médecins jugent-ils l'efficacité des traitements ?

POURQUOI ?

La définition d'indicateurs est très importante pour exprimer de façon fiable et comparative, au sein d'une population de patients, les résultats de telle ou telle thérapeutique. Cela est particulièrement utile lors de l'analyse des résultats en recherche clinique.

QUELQUES INDICATEURS USUELS

La survie globale

Elle prend en compte l'événement décès et ce quelle qu'en soit la cause. La survie spécifique est la survie globale amputée des décès non liés à la maladie cancéreuse. C'est un indicateur utile notamment chez les personnes âgées souffrant de multiples pathologies.

La survie sans rechute de la maladie (PFS - Progression Free Survival )

Elle est calculée à partir de l'obtention d'une rémission complète.

La survie sans progression

C'est l'intervalle de temps entre la date de début d'un essai thérapeutique et la date de première progression ou le décès, quelle que soit sa cause.

Temps jusqu’à Progression (TTP)

C'est l'intervalle de temps entre la date de randomisation et la date de première progression. Les patients décédés sans progression sont censurés à la date de décès


Qu'appelle-t-on une réponse ?

  DÉFINITION

C'est un critère chez les patients présentant une maladie mesurable cliniquement ou par l'imagerie. Deux types de lésions sont définies : les lésions mesurables et les lésions non mesurables.

  • Les lésions mesurables sont des lésions dont le plus grand axe est au minimum de 10 mm par la technique du scanner spiralé en coupes de 5 mm
  • Les lésions non mesurables sont les lésions inférieures à 10 mm ou les lésions dont les limites sont difficiles à définir


LES CRITÈRES
RECIST ( Response Evaluation Criteria In Solid Tumor)

Le principe

Les patients doivent avoir au moins une lésion mesurable pour que les critères RECIST puissent s’appliquer. On définit alors, selon la version 1.1 :

Les lésions cibles
Elles sont choisies et identifiées lors de l’examen avant le début du traitement et seront utilisées tout au long du suivi. Ce sont des lésions mesurables, avec un maximum de dix lésions par patient et de cinq lésions par organe.
Le choix initial est laissé à l’appréciation du premier spécialiste qui choisira d’abord les plus volumineuses et les plus facilement mesurables, ensuite, il échantillonne, s’il en a la possibilité, différents organes et régions anatomiques.
La somme des plus grandes longueurs (SPGL) de toutes les lésions cibles est calculée et sert de référence au cours du suivi

Les lésions non cibles
Ce sont toutes les autres lésions, c’est-à-dire les lésions mesurables non incluses dans les lésions cibles et les lésions non mesurables.

Les différents types de réponses

La réponse des lésions cibles
Elle est évaluée par le pourcentage de modification de la SPGL.

  • La réponse complète (CR) c'est la disparition de toutes les lésions cibles, confirmée par un nouvel examen réalisé à quatre semaines. En pratique, c'est l'équivalent d'une rémission
  • La réponse partielle (PR) c'est la diminution d'au moins 30 % de la somme des plus grands diamètres de chaque lésion cible, en prenant pour référence la somme initiale des plus grands diamètres, confirmée par un nouvel examen réalisé à quatre semaines
  • La progression tumorale (PD) c'est l'augmentation d'au moins 20 % de la somme des plus grands diamètres de chaque lésion cible, en prenant pour référence la plus petite somme des plus grands diamètres, rapportée depuis le début du traitement, ou apparition de une ou de plusieurs nouvelles lésions
  • La stabilité tumorale (SD) c'est la diminution tumorale insuffisante pour définir une réponse partielle et/ou augmentation tumorale inférieure à celle nécessaire pour définir une progression tumorale, en prenant pour référence la plus petite somme des plus grands diamètres depuis le début du traitement.


La réponse des lésions non cibles
Elle est estimée subjectivement par le médecin et trois types de réponse sont possibles :

  • La réponse complète (CR) correspond à une disparition de toutes les autres lésions et la normalisation des marqueurs tumoraux
  • La réponse incomplète/stabilité tumorale (SD) lorsque persiste une ou de plusieurs autres lésions et/ou persiste une valeur du marqueur tumoral au-dessus des valeurs normales
  • La progression tumorale (PD) c'est l'apparition d'une ou de plusieurs nouvelles lésions et/ou une progression franche des autres lésions existantes.


L’apparition de nouvelle(s) lésion(s)
Elle est notée "non", s'il n'y a pas de nouvelle lésion, ou "oui", s'il apparait de nouvelles lésions.

La réponse globale
C'est une combinaison des différents types de réponses. Toute progression dans une des catégories fait classifier la réponse globale comme une progression (PD). Elle est résumée dans le tableau ci-dessous.


Lésions cibles Lésions non cibles Nouvelles lésions Réponse globale
Réponse complète Réponse complète
Réponse partielle ou stable
Pas toutes évaluées
NON Complète
Rémission partielle
Rémission partielle
Réponse partielle Non progression/pas toutes évaluées NON Rémission partielle
Stable Non progression/pas toutes évaluées NON Stable
Pas toutes évaluées Pas de progression NON Non évaluable
Progression Indifférent OUI ou NON Progression
Indifférent Progression
Indifférent
OUI ou NON
OUI
Progression

Espérance de vie en années
Source : INSEE - France 2005
À 75 ans À 80 ans À 85 ans À 90 ans
Femmes 13,8 10,1 7,1 4,8
Hommes 10,9 8,0 5,8 4,1

Mise à jour

14 février 2011



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